Joueur de ligne par excellence au Canada pour une 3e année de suite, Mathieu Betts du Rouge et Or souhaite mettre la main sur la Coupe Vanier, samedi.

L'heure de la revanche a sonné pour Constantin et sa bande

Tout le monde chez le Rouge et Or y pense depuis un an. La défaite à la Coupe Vanier 2017 a fait mal. Tellement que Glen Constantin en a presque gâché ses vacances de Noël, à visionner le match encore et encore pour voir ce qui avait manqué. Le temps a passé, l’heure de la revanche a sonné.

Revers le plus cinglant pour le programme en 10 ans : 39-17. Les Mustangs de l’Université Western Ontario étaient partout sur le terrain et faisaient tout bien. Et les résidents de London n’ont toujours pas perdu depuis, ce qui ramène à nouveau les deux clubs en grande finale du football universitaire canadien, samedi (13h), au stade de l’Université Laval.

«On va se présenter avec une crotte sur le cœur pour la revanche», a admis Constantin, jeudi matin, lors du traditionnel point de presse pré-Coupe Vanier. Où le Rouge et Or était la seule équipe, l’avion nolisé par les Mustangs ayant été retardé de trois heures.

S’il assure ne pas avoir abordé l’aspect vengeur de la rencontre avec ses joueurs, le sujet sera à l’ordre du jour «dans les prochaines heures». «On va jouer les deux cartes. On n’a pas parlé de revanche à partir du mois d’août, le côté émotif aurait grugé beaucoup trop d’énergie. On avait d’autres matchs à gagner avant et si tu penses revanche, ton intensité mentale n’est pas à la bonne place. Ensuite [pour Western], fallait assimiler le système, les stratégies et tout ça. Mais une fois que ce sera fait, on ajoutera l’épice de la revanche.»

L’an dernier, les joueurs du Rouge et Or avaient sous-estimé leurs adversaires, reconnaissent Mathieu Betts et Hugo Richard. Aussi, leur préparation a été beaucoup plus minutieuse cette année.

«On les a sous-estimés»

Quant au fameux match où le Rouge et Or a été dominé 578-277 au chapitre des verges d’attaque nettes, il a été à l’affiche au cinéma du PEPS durant les 12 derniers mois.

«C’est hyper difficile à regarder au mois de décembre, tu ne veux pas gâcher tes vacances de Noël. Mais pour aller de l’avant, il faut regarder en arrière ce que tu as fait de bien et de mal», constate Constantin.

L’ailier défensif étoile Mathieu Betts dit ne pas y avoir reconnu son équipe. «On ne se reconnaît pas! On était toujours un pouce ou deux derrière le jeu. En peaufinant ces détails-là, le résultat sera différent» samedi, croit-il.

«Oui, on les avait sous-estimés», admet le quart-arrière Hugo Richard. «Sans le vouloir, malgré nous, mais tu le réalises avec un peu de recul. Cette année, on s’est mieux préparés, on est plus focalisés, on a plus le souci du détail à cœur. On y est allé vraiment étape par étape et ça nous a vraiment aidés à avoir une méthodologie de préparation qui va être bonne pour en fin de semaine», promet le finissant et joueur par excellence au Québec.

Comme St. Mary’s en 2001

Mais en anglais, on dit «be careful of what you wish for», prévient Constantin. Ce que l’on pourrait traduire par «qui choisit prend pire». «On voulait jouer contre eux, on les a. Maintenant, à nous de répondre de nos actes.»

Car au-delà des erreurs, des blessures ou autres, Western a une sacrée bonne équipe. Constantin lui-même, qui a mené le Rouge et Or à huit de ses neuf titres canadiens, des records, estime que les Mustangs de 2017 constituaient l’«une des très bonnes équipes que j’ai vues dans ma carrière».

Il nomme les Huskies de Saint Mary’s de 2001, qui avaient laminé les p’tits gars de Québec 48-8 en demi-finale canadienne, puis évoque les Bisons du Manitoba de 2007, dont la moyenne d’âge anormalement élevée avait ensuite forcé un changement de règlement.

En cas de victoire, les Mustangs deviendraient la première équipe de football universitaire dans l’histoire canadienne à coller deux saisons parfaites. Ce qui prolongerait leur séquence à 24 victoires consécutives, une de moins que la série record de 25 du Rouge et Or de 2012 à 2014.

«Avec la Coupe Vanier à Québec, on n’avait pas besoin de motivation supplémentaire. Mais là, après le match de samedi, il n’y aura plus rien à dire. L’équipe qui gagne sera la meilleure équipe en 2018», conclut Betts.