Considéré comme l'héritier du grand Zlatan Ibrahimovic, Emil Forsberg (10) a marqué mardi le but qui envoie la Suède en quart de finale.

L'héritier d'Ibrahimovic donne la victoire à la Suède

SAINT-PÉTERSBOURG — L’héritier de Zlatan Ibrahimovic a finalement livré la marchandise à la Coupe du monde. Emil Forsberg a vu son tir dévié se retrouver au fond du filet à la 66e minute pour procurer à la Suède une victoire de 1-0 face à la Suisse et lui permettre d’atteindre les quarts de finale du Mondial pour la première fois en 24 ans.

Les Scandinaves, qui avaient déjà privé l’Italie de la Coupe du monde, prouvent qu’il y a une vie après Ibrahimovic, parti de la sélection à l’été 2016. Sous l’impulsion du sélectionneur Janne Andersson, ils ont ressuscité, participant indirectement à l’élimination de l’Allemagne au premier tour avant d’intégrer le cercle fermé des huit meilleures équipes au monde.

Ça marche donc mieux sans Ibrahimovic, comme l’avait perfidement glissé Andreas Granqvist la veille du match contre les Suisses. «Au cours des deux dernières années, tout au long des qualifications, nous nous sommes battus les uns pour les autres, nous l’avons montré très clairement». Ce qui veut dire en clair, fini les ego, fini les clans. 

Tempérament différent

Gêné et discret, Forsberg ne pourrait être plus différent qu’Ibrahimovic, joueur plus grand que nature qui a régné sur cette équipe de Suède pendant plus de 10 ans et qui est le plus grand joueur jamais produit par le pays scandinave. Ils partagent toutefois l’habileté à créer des opportunités à partir de rien sur un terrain.

«Ce que nous réussissons à faire me donne presque envie de pleurer», a confié le joueur de 26 ans après le match. «C’est important de croire en ce que nous faisons. Nous sommes en quarts de finale, cela prouve que ce que nous faisons est vraiment bien.»

Forsberg s’est présenté en Russie avec une énorme pression sur les épaules, en partie créée par la retraite internationale d’Ibrahimovic. Plutôt tranquille en phase de groupes, les qualités offensives du milieu de terrain ainsi que son agilité ont toutefois détonné au stade Krestovski, au cours de cette rencontre plutôt échevelée.

Posté à l’entrée de la surface, il a décoché un tir faible à ras du sol, qui semblait se diriger directement vers le gardien Yann Sommer. Il a toutefois été touché par le défenseur helvète Manuel Akanji pour se retrouver dans le filet.

La Suède est devenue la cinquième nation d’Europe à passer en quarts, où elle affrontera l’Angleterre, tombeuse de la Colombie aux tirs au but, samedi, à Samara. Limités, mais avec une stratégie très efficace, les Suédois ne devront pas être sous-estimés.

Quant à la Suisse, elle quitte la Russie sur un échec, elle qui n’a jamais remporté un match à élimination directe en Coupe du monde. Les Suédois n’ont d’ailleurs pas marqué de but en phase éliminatoire du Mondial au cours des 64 dernières années, soit lorsqu’ils avaient atteint les quarts de finale chez eux, en 1954.

Sixième nation du classement de la FIFA, la Suisse avait pourtant l’occasion face à la Suède (24e) d’abandonner enfin le rôle de faire-valoir en grandes compétitions. Surtout qu’elle n’avait subi qu’une seule défaite à ses 25 dernières sorties.