Leylah Annie Fernandez avoue avoir vu la différence entre les juniors et les pros, mercredi soir. La Lavalloise de 16 ans s'est quand même bien battue, mais a finalement plié en deux sets devant la Britannique Heather Watson.

Leylah Annie Fernandez s'est bien battue, mais perd en deux sets

Leylah Annie Fernandez s’est bien battue. Mais la Lavalloise de 16 ans n’est pas encore à la hauteur d’une 107e mondiale et Heather Watson l’a congédiée de la Coupe Banque Nationale de Québec en deux manches de 6-4 et 7-5, mercredi soir.

Toujours d’âge junior, elle a eu 16 ans la semaine passée, l’étoile montante du tennis féminin québécois concédait 10 ans et 481 rangs du classement à sa rivale britannique, qui a déjà atteint le 38e échelon mondial, en 2015.

«J’ai vu la différence entre les juniors et les pros. Le jeu est plus vite, plus fort et tous les points sont importants», a expliqué celle qui empoche 3400 $ pour avoir atteint le deuxième tour de ce tournoi à 250 000 $ en bourses totales. Le montant sera réinvesti dans le tennis, assure Fernandez.

La favorite de cœur des quelques 200 ou 300 spectateurs réunis dans l’amphithéâtre du PEPS de l’Université Laval a vu son service brisé en première manche et à nouveau en deuxième manche, ne trouvant pas les clés pour contrer le service Watson. Puis la jeune gauchère a fini par briser son adversaire pour faire 5-5, avant de se faire rejouer le tour aussitôt et laisser filer la possibilité d’une troisième manche.

«Je me suis battue sur tous les points, mais dans les moments importants, je n’ai pas pu faire le plan que mon père m’avait dit de faire. Qui était d’ouvrir le terrain avec des attaques en parallèle le plus vite possible dans l’échange», a-t-elle poursuivi, à propos de son paternel et mentor, Jorge.

Une bagarreuse

La famille vient de s’établir en permanence en Floride, où Leylah et sa jeune sœur Bianca retrouveront leur maman, qui habitait en Californie depuis quelques années.

Entraîneur responsable du volet élite féminin à Tennis Canada, Sylvain Bruneau n’y voit donc pas de désaveu. Tennis Canada continuera de soutenir la jeune joueuse en qui Bruneau place beaucoup d’espoir pour son jeu mariant puissance, précision et variété, combinaison rare chez les juniors.

«Et elle est vraiment, vraiment bagarreuse. Dans la vie de tous les jours, Leylah est extrêmement douce, calme et gentille. Mais sur un terrain de tennis, c’est une vraie lionne», illustre Bruneau, qui ne voit que son petit gabarit comme frein potentiel à son ascension.

Classée 588e raquette au monde selon la WTA, Fernandez pointe en 13e position du classement international des juniors publié par l’ITF. Watson, une Britannique de 26 ans, constituait l’adversaire la mieux classée de sa jeune carrière. Sa prochaine compétition sera la Coupe Fed junior, en Hongrie, où elle part le 21 septembre.

Après avoir sorti la quatrième favorite et une chouchoute québécoise, Watson pourrait se mesurer en quarts de finale à la revenante Rebecca Marino, à condition que la Torontoise gagne jeudi. La native de l’île de Guernesey, dans la Manche, revendique trois titres WTA et en est à sa quatrième participation au tournoi de Québec, où elle avait été quart de finaliste en 2012.

Quant à Varvara Lepchenko (110e), tombeuse de la première favorite mardi, l’Ouzbèko-Américaine de 32 ans a fini par venir à bout de la qualifiée Marie Bouzkova (163e) au compte de 6-1, 1-6 et 6-3, en fin de soirée.

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MONICA PUIG A EU UN DOUTE

En retard 5-1 dans la première manche, Monica Puig avoue avoir entretenu pendant un moment un léger doute sur sa capacité à remporter son match de deuxième tour contre Madison Brengle, mercredi après-midi. Mais la Portoricaine championne olympique en titre (2016) a ensuite remporté neuf jeux sans réplique de l’Américaine, qui a finalement abandonné à cause d’une blessure à la main droite. Puig menait alors 7-5 et 3-0.

«Dur de dire que je n’ai pas été inquiète un peu», a reconnu la troisième favorite du tournoi de Québec et 50e raquette mondiale. «Mais je devais me faire confiance et laisser aller mes coups. Je savais quoi faire, mais je n’étais pas à mon mieux et j’essayais de trop en faire», a-t-elle expliqué.

C’est à 4-1 qu’elle a demandé de consulter son entraîneur, l’Argentin Juan Toredo. Les deux observaient les mêmes erreurs à corriger de son côté du filet et les mêmes failles à exploiter chez l’adversaire. «Mais il m’a quand même fallu un autre jeu pour me réorganiser et retourner la situation.»

Demi-finaliste au tournoi Premier de New Haven en août, Puig y avait aussi soutiré quelques victoires grâce à des remontées. «Je ne dois pas en prendre habitude, mais c’est quand même bon de gagner», laisse-t-elle tomber, avec un rictus de coupable. Vendredi,elle affrontera en quarts de finale la gagnante de l’affrontement entre la Québécoise Françoise Abanda (196e) et l’Américaine Sofia Kenin (67e), cinquième tête de série, au menu jeudi soir. Brengle est, elle, 101e au monde.

La Française Pauline Parmentier (69e) a pour sa part été la première à atteindre la troisième ronde en battant à l’arraché l’Américaine Christina McHale (100e) 6-2, 4-6 et 7-5. Classée huitième favorite, celle que l’on surnomme affectueusement «Paupau» demeure la seule tête de série toujours en vie dans sa moitié de tableau, après l’éviction rapide des numéros 1, 4 et 7 dès leur premier match.