Admis au Temple de la renommée à peine trois ans après sa retraite, Grand Officier de l’Ordre national du Québec, compagnon de l’Ordre du Canada, Jean Béliveau a cumulé les honneurs sur la surface glacée par son immense talent, et à l’extérieur, pour ses remarquables qualités humaines.

L’extraordinaire Jean Béliveau

Afin de célébrer le 100e anniversaire de la fondation de la Ligue nationale de hockey, le 26 novembre, les six quotidiens de Groupe Capitales Médias ont identifié les meilleurs joueurs natifs de leur région respective et des autres coins du Québec. Deux critères comptaient : le lieu de naissance et les années jouées dans la LNH. À tour de rôle, on vous présente nos choix. Bonne lecture, et bonne fête à la LNH. 4 de 6

Yvan Cournoyer fut l’un des privilégiés dans l’histoire centenaire du Canadien de Montréal. L’attaquant surnommé «Roadrunner» a eu la chance de jouer pour Mont­réal lors de la glorieuse époque des années 60, mais aussi avec la puissante équipe des années 70.

La région du Centre-du-Québec et des Bois-Francs a produit parmi les plus grands hockeyeurs de toute l’histoire de la LNH.

Les Gilbert Perreault, Marcel Dionne, Yvan Cournoyer et Yvon Lambert sont parmi ces joueurs qui ont marqué une génération de hockeyeurs.

Mais tout en haut, Jean Béliveau était un peu seul dans sa stratosphère. De l’aveu même de ces grands du hockey, «Le Gros Bill», était non seulement un géant sur la glace, mais aussi à l’extérieur.

Né à Trois-Rivières, il a grandi à Victoriaville.

«Il a été mon capitaine à mon arrivée avec le Canadien. J’avais alors 19 ou 20 ans. J’étais assis à côté de lui, dans le vestiaire. Et plus tard, nous avons été chambreurs, pendant de nombreuses années. Il nous disait toujours, je serai votre capitaine sur la glace, mais à l’extérieur, aussi. Il fut un capitaine, et un ami, incroyable», s’est remémoré Yvan Cournoyer.

Quelque 1125 matchs en saison régulière et 1219 points. En séries, 10 Coupes Stanley, accompagnées de 176 points en 162 matchs éliminatoires. Des statistiques impressionnantes.

Admis au Temple de la renommée à peine trois ans après sa retraite, Grand Officier de l’Ordre national du Québec, compagnon de l’Ordre du Canada, Jean Béliveau a cumulé les honneurs sur la surface glacée par son immense talent, et à l’extérieur, pour ses remarquables qualités humaines.

Il est décédé le 2 décembre 2014.

On a longtemps supposé qu’il serait sénateur, ou même gouverneur général du Canada. On citait son nom dans les chansons populaires de l’époque. 

«Pour moi, il est le meilleur joueur de l’histoire de la LNH, à tous les points de vue», a dit M. Cournoyer.

Ce dernier a connu aussi une brillante carrière. Ailier ultrarapide, il a lui aussi remporté 10 Coupes Stanley dans l’uniforme bleu-blanc-rouge.

«Je n’aurais jamais pensé, rêvé, gagner autant de Coupes Stanley. Ce que je retiens le plus, c’est la camaraderie. On était toujours ensemble, hiver comme été. À l’époque, on pouvait jouer six ou sept ans ensemble. C’était comme une famille. Et c’est ce qui nous manque le plus, lorsqu’on prend notre retraite.»

«J’ai fait la jonction entre deux époques. J’ai joué avec Henri Richard, Jean Béliveau, Ken Dryden, mais aussi avec Guy Lafleur, Jacques Lemaire, Larry Robinson. C’était une époque vraiment fascinante.»

Une carrière sans la Coupe

Originaire de Victoriaville, Gilbert Perreault a lui aussi bien connu Jean Béliveau.

«On a coprésidé un tournoi de golf tous les deux à Victoriaville pendant une vingtaine d’années. Ce fut un grand modèle pour moi, pour toute une génération de joueurs de hockey, en fait. Le Canadien était l’équipe de tous les jeunes, et M. Béliveau était une idole. Ce n’était pas seulement un joueur, mais un ambassadeur», a dit M. Perreault.

Célèbre membre de la «French Connection» avec les Sabres du Buffalo, Perreault a pris le chemin de l’État de New York lors de l’expansion de 1970, qui accueillera Vancouver et Buffalo.

Il jouera 1280 matchs au total, récoltant l’impressionnant total de 1429 points. Mais pas de Coupe Stanley.

Ses prouesses en compagnie de Rick Martin et de René Robert feront cependant légende.

«J’étais bien content d’aboutir à Buffalo, mais je savais que ça ne serait pas facile. On a mis cinq ans pour aboutir en finale [1974-75, les Sabres ont perdu en finale contre Philadelphie]. J’aurais aimé avoir une autre chance, mais ça ne s’est pas produit. La reconstruction de l’équipe s’est amorcée vers la fin des années 70.»

Des grands noms, des carrières illustres, ces deux régions ont été une pépinière de joueurs de talent.