Lexson Mathieu veut être champion du monde dans un an [VIDÉO]

À quelques heures du septième combat de sa carrière, personne ne pourra reprocher à Lexson Mathieu de ne pas avoir d’ambition. Le boxeur de Québec veut être champion du monde dans un an.

«Je veux devancer les choses, je ne veux pas perdre mon temps. J’ai 20 ans, je veux prendre ma retraite le plus tôt possible», disait-il, mercredi, en marge de la conférence de presse dévoilant les grandes lignes du gala de boxe «Révolution» qui sera présenté au Complexe Capitale Hélicoptère, vendredi (19h).

Mathieu (6-0, 5 KO) sera l’une des têtes d’affiche de ce gala de huit combats, dont plusieurs seront à saveur régionale. Si Vincent Thibault, de Charlesbourg, a dû renoncer à grimper dans le ring en raison d’une blessure de dernière minute au dos, les Clovis Drolet (Beauport), Leila Beaudoin (Témiscouata-sur-le-Lac) et Hubert Poulin (Saint-Georges) y seront. La finale mettra en vedette le Russe Artem Oganesyan, l’un des points de mire du groupe Eye of the Tiger Management (EOTTM).

Avant de se produire au Centre Bell, en décembre, Mathieu croisera le fer avec l’Italien Giovanni Carpentieri (8-3-3, 3 KO), son aîné de neuf ans. Il admet que celui-ci s’avère son adversaire le plus relevé depuis le début de sa jeune carrière professionnelle qui a pris son envol en janvier 2019.

«Oui, ça fait longtemps qu’il boxe. Mais contrairement à moi, il ne s’améliore pas chaque jour. J’ai vu [au face à face photographique] qu’il n’avait pas vraiment peur, et je respecte ça, parce que ça veut dire qu’il ne reculera pas, qu’il va rentrer dans mes coups. Il va essayer d’avancer sur moi, j’ai bien dit essayer, mais je crois qu’avec un bon direct, il va reculer. Je vais goûter à un autre style, j’ai hâte de tester cela», expliquait-il à propos de ce combat disputé chez lui, bien que «chez moi, c’est sur le ring, peu importe l’endroit», précisait l’espoir de Québec.

Mais en réponse à une déclaration du promoteur Camille Estephan, qui disait que le 25 octobre 2021, quelques-uns des boxeurs présents sur la carte de vendredi seront près d’un combat de championnat du monde ou encore champion du monde, Mathieu a saisi la balle au bond.

Prendre sa place

«Je ne pense pas qu’il parlait de moi, car dans deux ans, je serai ailleurs. Moi, c’est dans un an que je serai champion du monde, je ne peux même pas imaginer où je vais être dans deux ans», disait-il avec confiance.

«Si tu n’y crois pas et que tu es trop gêné pour le dire, ça n’arrivera pas. Ce n’est pas une place qu’on te donne, il faut la prendre soi-même, c’est pour ça que le dis à voix haute. Mon objectif est d’être champion du monde. Le monde pense que c’est arrogant, mais je ne le suis pas. La première étape pour devenir champion du monde est de vouloir l’être.»

À ses côtés, son entraîneur François Duguay souriait. Il ne reprochera pas à son protégé d’avoir un objectif précis en tête.

«Il ne faut pas avoir peur de nommer les choses, de mettre la barre très, très haut. Le gars carbure à la pression, il adore ça. Mais avant de devenir champion du monde, il faut rapprocher les cibles. La prochaine, c’est vendredi, on va porter notre attention là-dessus, et par la suite, chaque cible qui suivra nous rapprochera d’un titre mondial.»

Chose certaine, Mathieu est bien perçu chez EOTTM. «Pour tout promoteur, avoir un jeune comme Lexson, c’est un rêve, c’est ce que tu espères», notait Estephan, en avouant qu’il avait parfois pitié pour les adversaires de Mathieu. Il a confiance que celui de vendredi lui offre une bonne opposition.

La carte présentée au Complexe Capitale Helicoptère sur le coup de 19h devait être à guichet fermé. Mercredi, il ne restait que 200 des 1600 billets en circulation.

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LEILA BEAUDOIN PRÊTE POUR SES DÉBUTS PROFESSIONNELS

Au printemps, l’idée de passer à la boxe professionnelle ne la tentait guère. Mais voilà, Leila Beaudoin vivra son baptême à ce niveau, vendredi. «Il n’y a que les fous qui ne changent pas d’idée», confiait-elle en riant, mercredi.

Même si l’identité de sa première adversaire a changé trois fois depuis l’annonce de la carte présentée au Complexe Capitale Hélicoptère, celle qui s’entraîne depuis deux ans au club Energybox, à Lévis, a hâte de briser la glace.

«Je suis vraiment excitée. Même si elle a du bagage professionnel en kickboxing, ça ne me fait pas peur, je suis contente d’avoir une bonne adversaire», précisait-elle à propos de sa nouvelle rivale dont elle connaît l’identité depuis quelques heures à peine.

Une succession d’événements a amené celle qui est devenue championne canadienne de boxe olympique en avril 2019 à modifier son parcours sportif. Aujourd’hui, c’est avec optimisme qu’elle entreprend cet important virage.

«Je veux être championne du monde, je vais tout faire pour y arriver. Je suis faite pour gagner, pour être sous les projecteurs. Je pense pouvoir faire de belles choses en boxe et montrer ce que je suis capable de faire.»

Il y a quelques années à peine, c’est en ski alpin qu’elle brillait. Elle a déjà participé aux Jeux du Québec et aux Championnats canadiens de cette discipline. Mais une fois qu’elle a croisé la boxe sur la route, ce fut le coup de foudre.

«Même si j’en essayais plusieurs, je n’avais jamais trouvé un sport qui m’enlevait le goût de skier. Quand j’ai commencé la boxe, j’ai complètement délaissé tous les autres sports que je faisais», racontait-elle.

Pour la première fois, le Complexe Capitale Hélicoptère sera le théâtre d’une soirée de boxe. Selon Camille Estephan, il ne faut pas y voir un pas de recul.

«Ce n’est pas l’endroit qui fait le show, mais bien le spectacle qui fait le building. Le Centre Vidéotron n’était pas disponible dans nos dates, mais ce n’est pas une carte qui aurait attiré 5000 ou 6000 spectateurs. J’aime le fait qu’on puisse la présenter à guichet fermé, et l’important, c’est que les gens aient droit à un produit de haut niveau», soulignait le promoteur d’Eye of the Tiger Management.