Le boxeur de Québec Lexson Mathieu
Le boxeur de Québec Lexson Mathieu

Lexson Mathieu préférerait se battre devant un public

Même si le promoteur Camille Estephan d’Eye of the Tiger Management travaille pour organiser un gala dont il serait la tête d’affiche au mois de juillet, le boxeur de Québec Lexson Mathieu (8-0-0, 7KO) préférerait nettement remonter sur un ring devant un public.

Le promoteur discute avec les responsables de la santé publique en leur proposant un protocole pour la tenue d’un gala à huis clos, sans spectateur, et espère avoir le feu vert pour une première date en juillet alors que l’étoile montante de 21 ans se frotterait au vétéran albertain Albert Onolunose (24-3-1, 8 KO), 39 ans, pour le titre des poids super-moyens de la North American Boxing Federation (NABF).

«Oui, j’ai hâte d’être sur un ring, mais je vais être bien honnête avec vous, j’aimerais beaucoup mieux qu’il y ait du monde dans la place. Je ne sais pas de quoi ça aura l’air, un combat sans spectateur, c’est quelque chose qui n’existait pas avant la Covid», a déclaré Mathieu vendredi en entrevue téléphonique avec Le Soleil.

«Ça ne peut pas être la même chose quand tu n’as pas la réaction de la foule. Quand je lance un jab et que le monde crie, c’est une sensation particulière. Moi, quand le monde réagit, c’est ce qui m’encourage à frapper plus fort pour finir mon adversaire. Si je n’ai pas ça, le risque est que je continue à boxer normalement parce que je ne vois pas la réaction des spectateurs», analyse-t-il.

Adversaire inconnu

Mathieu avoue bien honnêtement qu’il ne connaît pas du tout son adversaire potentiel Onolunose, qui a disputé son premier combat professionnel quand le boxeur de Québec n’avait que cinq ans! L’Albertain a été mis hors de combat en décembre par le Kazakh Janibek Alimkhanuly à Fresno, ce même Alimkhanuly qui devait se battre au Centre Vidéotron le 28 mars avant que le gala ne soit annulé en raison de la pandémie. «Quoi, tu dis qu’il fait presque deux fois mon âge?», a-t-il lancé, semblant réellement surpris.

De son côté, Mathieu dit se débrouiller quand même assez bien durant la pandémie. «La boxe est un sport où il est facile de s’entraîner. «Je m’entraîne avec mes frères Wilkens et Kensley et aussi j’utilise depuis trois mois un casque de réalité virtuelle. C’est comme le shadow boxing, mais avec une certaine pression. Trop de monde fait du shadow boxing de manière irréaliste au niveau des distances. Avec la réalité virtuelle, tu gardes le feeling des rounds de trois minutes et des coups qui viennent vers toi.»

Le confinement a aussi contribué à rapprocher les frères Mathieu. «Kensley pratiquait moins la boxe, mais il a vraiment embarqué pendant la COVID. Il est rendu un gamer professionnel alors que Wilkens, lui, ne s’intéresse pas tant que ça aux jeux vidéo. Il préfère la boxe. Moi, j’aime les deux», résume-t-il.

Jeux vidéo et lecture

Pour Lexson, les jeux vidéo sont davantage une façon de décrocher un peu de la boxe. «Mes jeux préférés sont ceux qui sont basés sur l’histoire, ceux que fabrique Ubisoft comme la série Assassin’s Creed par exemple. Ce sont des gars de Montréal qui ont créé ces jeux-là!»

Par ailleurs, le boxeur de Québec avoue qu’il n’a pas souvent, dans sa jeune carrière, été si longtemps sans monter sur un ring, lui qui avait battu en décembre par KO technique le Mexicain Rolando Paredes pour le titre junior des super-moyens de la NABF. 

«Le temps passe quand même assez vite et, malgré tout, je suis sûr que les skills reviendront rapidement quand je serai sur un ring. Si je suis «rouillé», ce sera probablement seulement dans les deux premiers rounds. De plus, je suis en pleine forme, je suis vraiment à 100%. Parfois, on oublie qu’on a des petits bobos ou qu’on est «raqué», car ça devient la norme. Mais maintenant, je n’ai rien de ça, je n’ai plus mal aux mains et je ne suis plus «raqué» du tout.»

Mathieu a aussi décidé de se mettre à la lecture. «J’ai commencé à lire beaucoup de livres. Du temps nous est donné, alors j’ai décidé d’investir sur moi-même», philosophe celui qui s’intéresse aux livres qui peuvent lui apporter quelque chose en situation de combat. «Par exemple, des trucs comme «L’Art de la guerre» de Sun-Tzu», déclare-t-il en terminant.