À son premier combat professionnel dans sa ville, à Québec, Lexson Mathieu a été brillant. Vendredi soir, le très prometteur boxeur de seulement 20 ans a été impitoyable envers l’Italien Giovanni Carpentieri.

Lexson Mathieu comble ses partisans [PHOTOS]

À son premier combat professionnel dans sa ville, à Québec, Lexson Mathieu a été brillant. Vendredi soir, le très prometteur boxeur de seulement 20 ans a été impitoyable envers l’Italien Giovanni Carpentieri, qui n’a eu d’autre choix que d’abandonner au quatrième round.

«Mon entraîneur m’a dit que je ne pourrai pas tous les knocker, et il a raison. Alors, je crois que mon intelligence et ma vitesse d’adaptation m’ont permis de l’emporter, ce soir», a commenté la vedette locale d’une soirée de huit combats tenue au Complexe Capitale Hélicoptère, immeuble voisin de l’aéroport.

Devant environ 1500 spectateurs jusque-là bien sages, Mathieu a offert une éclatante performance pour mériter une septième victoire en autant de combats professionnels, une sixième décrochée avant la fin prévue. Carpentieri (8-4-3, 3 K.O.)a mis le genou au sol à deux reprises dans la dernière minute de la quatrième reprise, son coin lançant la serviette à 2:28.

Armé de son allure à la Muhammad Ali et de son fameux short vert en velours, Mathieu n’a donné aucun répit à son rival, s’adaptant très rapidement aux stratégies adverses. «Ce que j’ai beaucoup aimé de Lexson, c’est qu’il a été extrêmement intelligent! Il s’est adapté et a changé de rythme, c’est tout ce que ça prenait», a de son côté analysé un fier entraîneur, François Duguay.

Pour boucler une première année chez les pros chargée, Mathieu livrera un huitième combat en 2019 le 7 décembre, au Centre Bell de Montréal, en sous-carte de David Lemieux contre Max Bursak.

Autre étoile locale, Clovis Drolet (11-0, 7 K.O.) a dominé le Jamaïcain Richard Holmes (18-11, 8 K.O.).

Drolet gagne au 9e

Autre étoile locale, Clovis Drolet (11-0, 7 K.O.) a dominé le Jamaïcain Richard Holmes (18-11, 8 K.O.). Jusqu’à 2:16 du neuvième des 10 rounds prévus, quand l’arbitre Steve St-Germain a mis fin aux hostilités à sens unique depuis le troisième round.

Mais le pugiliste de 28 ans de Beauport a d’abord eu de la difficulté avec le style de son adversaire, avant de le marteler sans grand répit. «J’ai eu un mauvais premier round, mais après, plus ça allait, plus je me timais et je coupais ses attaques. Au cinquième, son énergie a commencé à diminuer et la mienne à monter. Je lui ai fait mal souvent», a résumé celui qui atteignait la neuvième reprise pour la première fois de sa carrière.

L’an dernier, Holmes avait gagné une décision partagée contre Dave Leblond (4-6, 1 K.O.), de Thetford.

Dans les autres combats, le Russe Artem Oganesyan (11-0, 9 K.O.) s’est débarrassé illico de l’Argentin Jose Carlos Paz (23-11-1, 13 K.O.), dès le deuxième round. Le natif du Kazakhstan Sadriddin Akhmedov (10-0, 9 K.O.) a eu le dessus sur le Johnny Navarrete (33-16-2, 15 K.O.) durant sept rounds complets, jusqu’à ce que ce dernier abandonne. Capable d’encaisser, Navarrete n’a gagné que deux fois depuis 2016 (2-7-1) et s’est incliné au Québec dans le passé face à Kevin Bizier (2010), Custio Clayton (2017) et Ghislain Maduma (2018).

L’Albertain Steve Claggett (28-6-2, 18 K.O.) a vaincu l’Argentin Nazareno Gaston Ruiz (34-19, 12 K.O.) par arrêt de l’arbitre à 1:04 de la fin du huitième et dernier round. La recrue russe d’Eye of the Tiger Andrei Efremenko (2-0, 0 K.O.) a aussi gagné contre l’Argentin Abel Nicolas Adriel (23-20-3, 5 K.O.), par décision unanime. Les Québécois Leïla Beaudoin et Hubert Poulin ont quant à eux réussi leurs débuts professionnels.

Le prochain gala de boxe d’envergure à Québec se tient le 23 novembre, au Centre Vidéotron. La Québécoise Marie-Ève Dicaire défendra son titre de championne du monde IBF contre la Vénézuélienne Ogleidis Suarez, tandis que la Costaricaine Hanna Gabriels (20-2-1, 11 K.O.) mettre son titre WBA en jeu. Prélude à un futur combat d’unification de ceintures féminines chez les 154 lb. Aussi en action ce soir-là, la vedette locale Sébastien Bouchard, possiblement pour un titre mineur, et Mikaël Zewski.

Tereza Dvorakova (à droite) s’est mise à saigner du nez dès le deuxième round, après un jab de Leïla Beaudoin.

DES DÉBUTS SANGLANTS!

Leïla Beaudoin (1-0, 0 K.O.) a réalisé des débuts sanglants chez les professionnels, vendredi soir, au Complexe Capitale Hélicoptère de Québec. La boxeuse de 23 ans originaire de Cabano, dans le Bas-Saint-Laurent, a gagné par décision unanime un combat où sa rivale, la Tchèque de 22 ans Tereza Dvorakova (0-2, 0 K.O.), s’est mise à saigner du nez dès le deuxième jab de Beaudoin, au premier round.

Pendant sept des huit minutes du duel, donc, l’hémoglobine coulait à flots pour maculer les vêtements blancs de la Tchèque et les gants de la Québécoise, tout aussi blancs. «Je n’ai jamais affronté quelqu’un qui m’a dérangée avec ses coups, mais moi, je dérange les autres avec ma force. J’ai montré à tout le monde que je frappe fort. Il y a eu du sang!» a commenté Beaudoin, avec fierté.

Ex-championne canadienne amateur établie à Lévis depuis trois ans, Beaudoin vient de parapher une entente de deux ans avec le promoteur montréalais Eye of the Tiger Management.

Elle a rendu hommage à son ex-amoureux, Jimmy Ross, qui s’est suicidé l’an dernier. Elle portait «J. Ross» brodé sur la cuisse droite de sa culotte.

Kickboxeuse expérimentée, la Dvorakova avait accepté ce combat à moins de 72 heures d’avis. Les deux pugilistes se sont retrouvées au tapis deux fois après une lutte au corps-à-corps. «J’ai déjà fait du jiu-jitsu, ça m’a aidée», a ajouté Beaudoin, sourire en coin.

Victoire pour ses filles

En ouverture de soirée, le Beauceron Hubert Poulin (1-0, 0 K.O.) était nerveux. Pour son premier combat dans les rangs pros, ce bagarreur dans la Ligue nord-américaine de hockey et propriétaire d’un club de boxe à Saint-Georges avait promis à ses filles de deux et quatre ans, Bella et Jolianne, que papa ramènerait la victoire.

Ce qu’il a fait. Mais pas sans difficulté, prenant la mesure du Mexicain Francisco Lagunes (1-4, 0 K.O.) par décision majoritaire des trois juges (38-38, 39-37, 39-37).

«La prochaine fois, je vais essayer de ne pas bloquer les coups avec ma face!» a lancé en riant le Québécois de 30 ans, le visage tuméfié après sa victoire. Quant à ses dents du haut manquantes à l’avant, pas d’inquiétude : elles n’ont pas participé au combat et l’attendaient sagement dans le vestiaire. Poulin a disputé 11 matchs avec les Remparts de Québec, en 2007-2008.

Leïla Beaudoin, en noir, originaire de Cabano, a dominé la Tchèque Tereza Dvorakova.