Jelena Ostapenko est devenue la première joueuse non classée à remporter les Internationaux de France depuis la Britannique Margaret Scriven en 1933. À 20 ans à peine, la Lettone est également la plus jeune à triompher à Paris depuis Iva Majoli (19 ans) en 1997.

L'explosive Ostapenko couronnée

À 20 ans à peine, Jelena Ostapenko a tout renversé à Roland-Garros, même la Roumaine Simona Halep, pourtant plus expérimentée, créant ainsi l'une des plus grosses surprises de l'histoire du tournoi.
«Je n'arrive pas à y croire. C'était un rêve qui est devenu réalité. Je ne vais réaliser que dans quelques jours ou quelques semaines», a réagi la jeune Lettone au jeu explosif, devenue la première joueuse non classée à s'imposer à Paris depuis 1933 et le triomphe de la Britannique Margaret Scriven.
Venue pour la première fois à Roland-Garros, quand elle avait 12 ans, «pour visiter le musée», Ostapenko est devenue la plus jeune joueuse à y triompher depuis Iva Majoli, âgée de 19 ans en 1997. La Croate n'a plus rien gagné ensuite en grand chelem. Une trajectoire que la Balte espère ne pas suivre...
Avec son succès de 4-6, 6-4 et 6-3, la 47e mondiale, qui grimpera à la 12e place lundi, marche sur les traces de Gustavo Kuerten. Le 8 juin 1997, le jour de sa naissance, le Brésilien remportait lui aussi le premier titre de sa carrière sur le court Philippe-Chatrier. Il faut remonter à 1979 pour voir une joueuse récolter son premier titre lors d'une étape du grand chelem (Barbara Jordan, en Australie).
À 6-4, 3-0 en sa défaveur, Ostapenko semblait pourtant se diriger tout droit vers une défaite, mais trois balles de bris écartées et des coups gagnants en rafale - 54, dont 12 retours - qu'elle n'a cessé de faire pleuvoir sur le Central ont eu raison de la défense adverse.
«J'ai toujours frappé la balle très fort. Personne ne m'a appris à faire ça, c'est mon caractère qui est comme ça», a expliqué la joueuse de Riga, dont on sait assez peu de choses, si ce n'est qu'elle a remporté Wimbledon junior (2014), qu'elle pratique aussi la danse de salon et qu'elle frappe sur tout ce qui bouge.
Préparée et entraînée par ses parents
Le papa, Jevgenijs, ancien joueur de soccer en deuxième division ukrainienne, s'occupe de sa préparation physique. La mère, Jelena Jakovleva, est son entraîneur depuis ses débuts. Cette jeune fille robuste (1,77 m, 68 kg), aux allures de collégienne, bénéficie aussi des conseils de l'Espagnole Anabel Medina, deux fois lauréate en double dames à Paris (2008, 2009).
Elle a tapé 43 coups gagnants et commis près de 39 erreurs directes par match : 54 dans chaque catégorie samedi, faisant subir avec culot sa deuxième défaite en finale de Roland-Garros à Halep (4e mondiale), qui a manqué l'occasion de s'emparer de la place de no 1 mondiale.
La pression n'a pas tétanisé Ostapenko, qui fait bien mieux qu'Ernests Gulbis, demi-finaliste en 2014, en devenant le premier représentant de la Lettonie - un petit pays de deux millions d'habitants où le tennis n'est pas très populaire -à inscrire son nom au palmarès d'un tournoi majeur.
Cette admiratrice de Serena Williams - «Elle joue un style similaire au mien» - attend d'ailleurs avec «impatience» la saison sur herbe, sa surface fétiche, et Wimbledon (du 3 au 16 juillet). «Quand je suis dans un bon jour et que je frappe fort tout est possible», dit-elle. Cela s'est confirmé samedi.  Avec La Presse canadienne