Jacques Lavergne
Jacques Lavergne

L'ex-physiothérapeute des Nordiques, Jacques Lavergne toujours actif même en période de pandémie

Ex-physiothérapeute des Nordiques de Québec, Jacques Lavergne doit entreprendre en septembre sa vingtième saison avec l’équipe de hockey féminin des Titans de Limoilou. Entre temps, il ne chôme pas même en période de pandémie de COVID-19 puisque sa clinique privée continue de traiter les cas urgents. Le spécialiste de 63 ans compte poursuivre le boulot pendant encore au moins trois ans, histoire de se rendre à 40 ans de pratique.

«Avec la pandémie, les règles sont très strictes pour les patients que je traite. Je dois porter un masque, des gants et une blouse et, pour certaines manipulations, une visière également. On a beau avoir l’air conditionné, parfois «Mononc Jacques» a chaud!» s’amuse Lavergne en entrevue avec Le Soleil. 

Le physiothérapeute ajoute que tout cela, ainsi que la nécessité de tout désinfecter après chaque patient et d’envoyer au lavage tout tissu entré en contact avec le client, transforme ce qui était autrefois un traitement de 45 minutes en un traitement de 60 minutes. «Chaque client a aussi un questionnaire à remplir et si on a des doutes qu’il puisse être infecté, on le renvoie chez lui. Je n’ai jamais eu à le faire jusqu’à maintenant. Cependant, je lève mon chapeau à ceux qui travaillent dans les «zones chaudes». Ça doit être très éprouvant», poursuit-il.

«Je crois que, même si le gouvernement poursuit le déconfinement, on en aura pour quelques mois à ne pas avoir la même dynamique qu’autrefois», poursuit celui qui souhaite l’arrivée d’un vaccin le plus rapidement possible. «Vous rendez-vous compte que l’an dernier, à la même date, j’étais en Chine avec les Titans pour faire la promotion du hockey féminin, puis à Naples pour les Universiades d’été? Ce sont deux des endroits qui ont été frappés le plus fort par la COVID!»

Sport étudiant

Ces derniers jours, Jacques Lavergne était touché que le Réseau sport étudiant Québec (RSEQ) le désigne comme son «héros du jour» en raison de son travail en période de pandémie, mais aussi à cause de ses nombreuses heures avec les équipes de sport étudiant depuis le départ des Nordiques et des Rafales de Québec.

«Quand les Rafales ont quitté Québec, un ami m’a parlé du programme de hockey féminin à Limoilou. J’ai fait les Jeux du Canada avec l’équipe de hockey féminin à Corner Brook en 1999 et, ensuite, j’ai commencé à aller sur la route avec les Titans. En fait, ça fait plus longtemps que je suis avec les Titans que le temps que j’ai passé avec les Nordiques. Je n’ai raté que la première saison des Titans», se souvient-il.

Celui que plusieurs surnomment encore «Coco» travaille aussi avec l’équipe de football scolaire de St Pat’s et celle du Collège Saint-Charles-Garnier, mais aussi avec des équipes de rugby et de patinage de vitesse. «J’ai toujours eu un faible pour le sport scolaire. Ce n’est pas comme les Nordiques : il n’y a pas de pression. De plus, ce sont des jeunes qui ont le désir d’apprendre, qui ont des rêves», poursuit-il.

Jacques Lavergne a également suivi les équipes de l’Université Laval aux Universiades estivales de 2005 à Izmir, en Turquie, de 2007 à Bangkok, en Thaïlande, et à l’Universiade d’hiver d’Erzurum, en Turquie, en 2011.

Nordiques

«On me parle encore des Nordiques aujourd’hui. Plusieurs me trouvent chanceux d’avoir vécu cette époque», raconte celui qui considère encore que le fameux match du Vendredi saint entre les Canadiens et les Nordiques le 20 avril 1984 au Forum de Montréal représentait «ce que le hockey a de plus salaud et de plus disgracieux à offrir.»

«Disons que j’ai été un témoin privilégié et oui, j’ai donné des coups de bâton à des spectateurs qui nous crachaient dessus», raconte-t-il. «Plusieurs erreurs ont été commises. Les punitions pour la bagarre générale auraient dû être données après la période et les joueurs n’auraient pas dû revenir dans l’enceinte de jeu. Plusieurs choses ont changé dans la LNH après cet événement.»

Lavergne garde cependant aussi le souvenir des beaux moments vécus avec les Bleus, par exemple le championnat de la division Adams en 1986 ou le dernier match de Guy Lafleur à Québec. «Le championnat de 1986, on l’avait remporté à Los Angeles et je me souviens que les patrons nous avaient dit que si on gagnait, on irait tous jouer au golf le lendemain au lieu de s’entraîner. Et Guy, c’était un gentleman, il était gentil avec tout le monde», se souvient-il. 

L’ancien physio des fleurdelisés a de la difficulté à choisir quand on lui demande qui était le joueur le plus sympathique avec qui il ait eu à traiter. «Il y a Guy Lafleur, Michel Goulet et Peter Stastny, bien sûr, mais aussi ceux qui sont arrivés ici en début de carrière comme Joe Sakic, Curtis Leschyshyn et Stéphane Fiset.» Il a cependant plus de difficulté à nommer son client le moins sympathique. «Je me souviens que Ron Sutter habitait au Château Frontenac et se plaignait d’entendre le vent souffler à sa fenêtre...», laisse-t-il tomber à propos du centre qui n’a passé qu’une demi-saison dans la capitale.

Demeuré près du monde du sport même après avoir repris la pratique privée, Jacques Lavergne avoue s’en ennuyer un peu alors que presque tout est en pause présentement. «Il y a beaucoup d’événements annulés, mais je me dis que ce n’est que partie remise», conclut-il, avouant du même souffle qu’il restera probablement proche des événements sportifs quand il aura pris sa retraite.