Jacques Plante, en 1969 au centre, et deux des masques qu'il a portés en carrière. Le masque dans la photo de droite était celui que le gardien du Canadien de Montréal portait en 1960. À gauche, le masque porté en 1969. Plante a été celui qui a popularisé le port du masque sur une base régulière, malgré la réticence de son entraîneur Toe Blake en 1959.

L'évolution des masques des gardiens dans la LNH

Dans la chronologie des 100 ans de la LNH, le masque de gardien de but est relativement récent. Il a bien été brièvement mis à l'essai pendant les années 30, mais ce n'est qu'en 1959 qu'il a vraiment fait son apparition. Et il a fallu une autre dizaine d'années avant qu'il ne fasse partie, de façon permanente, des us et coutumes de la Ligue. Par ailleurs, le masque en tant que tel est devenu une intrigante combinaison d'individualisme, d'utilité et symbole emblématique de la Ligue. Jetons un regard sur l'évolution des masques des gardiens.
AVANT SON TEMPS
Clint Benedict, des Maroons de Montréal, est le premier gardien de la Ligue nationale à prendre l'initiative, alors que l'arrivée de joueurs de plus en plus imposants, le jeu de plus en plus rapide et les tirs de plus en plus hauts commencent à défigurer les visages des gardiens. À la suite d'un tir de Howie Morenz qui lui a fracturé le nez et une joue, Benedict effectue un retour au jeu, quelques semaines plus tard, le 22 février 1930, avec un masque de cuir, attaché par une corde. Le masque ressemble à un I majuscule et couvre son front jusqu'à son menton. Il semble que le masque nuit à sa vision et il l'abandonne. Il faut attendre deux décennies avant d'assister à des changements durables.
DES INNOVATEURS
Jacques Plante, alors avec le Canadien de Montréal, en a eu assez que son visage serve de cible après avoir subi de graves blessures au nez, aux joues, à la mâchoire et au crâne. C'est là qu'arrive Bill Burchmore, un partisan du Canadien et un vendeur de fibre de verre. En 1959, il conçoit un moule du visage de Plante pour créer un masque somme toute assez rudimentaire que Plante porte pour la première fois le 1er novembre 1959. Une décennie plus tard, le masque en fibre de verre est adopté par presque tous les gardiens de la LNH. Le dernier à résister à la tendance est Andy Brown, des Penguins de Pittsburgh, en 1974.
L'ART DE LA CICATRICE
Les premiers masques en fibre de verre sont blancs et de forme ovale, à commencer par celui de Gerry Cheevers, des Bruins de Boston. Au milieu des années 60, Cheevers commence à dessiner des cicatrices sur son masque pour souligner chacune des rondelles qui l'ont atteint au visage. Son deuxième masque était couvert de cicatrices ressemblant à des fermetures-éclair, devenant le modèle de l'ère du fibre de verre.
LE VISAGE DE L'INNOVATION
L'Ontarien Greg Harrison, un ancien gardien de but d'entraînement, peut prétendre être le premier artiste et dessinateur de masques de hockey. Ses oeuvres couvrent deux époques différentes de protection faciale. Pendant les années 70, il dessine un lion rugissant pour Gilles Gratton, un cobra sifflant pour Gary Simmons et un crâne pour Gary Bromley. Lorsque le besoin d'une protection accrue entraîne la disparition des masques en fibre de verre, Harrison et l'ancien gardien Dave Dryden travaillent de concert pour créer une combinaison masque et grille maintenant devenue la norme.
LA MODERNITÉ
Quand il devient évident à la fin des années 70 que le masque moulant en fibre de verre expose les gardiens à des blessures à l'oeil, il est remplacé dans les années 80 par la combinaison masque et grille. L'esthétique évolue également. Les premiers masques étaient peints d'une couleur ou du logo de l'équipe. Depuis, les gardiens y ont mis leur touche personnelle - films préférés, musiciens, monuments et surnoms - et de nouveaux procédés sont mis à contribution comme l'utilisation de la peinture en aérosol, de couleurs brillantes dans le noir ou qui changent selon la température.