L’Espagnol Sergio Garcia a embrassé la Coupe Ryder après avoir terminé le tournoi en larmes, l’Anglais Paul Casey à ses côtés. Garcia est le meilleur contributeur de l’histoire du tournoi grâce à ses 25 points et demi offerts à son équipe.

L’Europe frustre les États-Unis à la Coupe Ryder

SAINT-QUENTIN — La Coupe Ryder retourne en Europe.

Il y a deux ans, les Américains croyaient avoir trouvé la solution à leurs problèmes à ce tournoi, mais dimanche, l’Europe leur a rappelé pourquoi ils ont régulièrement ramené le trophée en leur sol depuis un quart de siècle.

L’équipe hôtesse a remporté la 42e Coupe Ryder quand Phil Mickelson a envoyé son coup de départ à l’eau et le Suédois Alex Noren a couronné la dominante victoire de 17 et demi à 10 et demi de l’Europe grâce à un coup roulé d’une distance de 40 pieds.

Noren a envoyé sa balle au fond du trou pour réussir un oiselet qui lui a procuré une victoire contre Bryson DeChambeau. Le Suédois a finalement pu célébrer avec tous ses coéquipiers, qui avaient déjà le sourire au visage après la bourde de Mickelson.

Voyant le résultat de son coup de départ, Mickelson a concédé la victoire à l’Italien Francesco Molinari alors que les deux golfeurs se retrouvaient sur le tertre du 16e trou. L’Europe menait les États-Unis 14 points et demi à neuf points et demi avec quatre matchs à disputer sur le parcours du Golf National, en France.

Molinari est devenu le premier golfeur européen à montrer une fiche de 5-0 lors d’une même représentation depuis que le format actuel du tournoi a été adopté, en 1979.

Âgé de 48 ans, Mickelson voulait absolument faire partie de l’équipe parce qu’il voulait avoir une dernière occasion de gagner la Coupe Ryder en sol européen. Il a finalement perdu ses deux affrontements. L’Américain a amorcé le week-end en établissant un record grâce à sa 12e apparition à ce tournoi, mais il l’a terminé en subissant une 22e défaite, une marque moins enviable.

Il n’est pas le seul à avoir connu des ratés. Tiger Woods a revendiqué un dossier de 0-4 et il s’agissait de la première fois en huit participations à la Coupe Ryder qu’il était incapable de fournir un point aux États-Unis.

Le crédit va toutefois aux golfeurs européens, qui ont été plus tenaces sur un parcours qu’ils connaissent très bien.

«Cette équipe a été incroyable dès le début, a déclaré Molinari. Nous étions déterminés à accomplir le travail. Rien n’allait nous arrêter et nous l’avons vu sur le parcours.»

Les Américains ont commencé la journée de dimanche avec un retard de quatre points (10-6) et ils ont vu une lueur d’espoir lorsqu’ils se sont approchés à deux points à mi-chemin dans l’après-midi.

Justin Thomas a gagné le premier duel de la journée, contre Rory McIlroy, mais pas avant le 18e trou. Webb Simpson et Tony Finau, les deux choix du capitaine américain Jim Furyk, ont triomphé facilement, mais l’étincelle n’est jamais venue.

«Il y a toujours ce moment au cours duquel tu entrevois un peu de lumière, a mentionné Furyk. Lorsqu’on l’a vue, l’Europe a très bien joué.»

Les meilleurs golfeurs américains n’ont pas offert les résultats escomptés.

Woods a couronné son week-end avec un revers de 2-et-1 aux mains de l’Espagnol Jon Rahm, qui à 23 ans était le plus jeune joueur du tournoi. Jordan Spieth s’est fait dominer 5-et-4 contre le Danois Thorbjorn Olesen, le golfeur le moins bien classé de l’équipe européenne, alors que le meilleur joueur au monde, Dustin Johnson, a perdu 2-et-1 contre l’Anglais Ian Poulter.

«Je suis déçu d’avoir perdu mes quatre matchs. Ce sont quatre points donnés à l’équipe européenne, a affirmé Woods. Je suis une des raisons pourquoi nous avons perdu le tournoi et ce n’est pas plaisant. C’est frustrant parce que je trouvais que nous jouions bien, mais je n’ai pas joué au niveau avec lequel je jouais récemment.»

Larmes

Dans le cas de l’Espagnol Sergio Garcia, c’est en larmes qu’il a terminé le tournoi.

Garcia avait tellement mal joué qu’il ne s’était pas qualifié pour les derniers tournois du circuit de la PGA. Le capitaine européen Thomas Bjorn l’a tout de même sélectionné. Garcia a conclu la 42e représentation de la Coupe Ryder avec une fiche de 3-1. Il est le meilleur contributeur de l’histoire du tournoi grâce à ses 25 points et demi offerts à son équipe.

L’Europe a mis la main sur le trophée pour une quatrième fois au cours des cinq dernières représentations du tournoi. Les États-Unis ne peuvent se vanter d’avoir soulevé la Coupe Ryder en sol européen depuis 1993.

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Tiger Woods prend le blâme

Tiger Woods a été battu quatre fois en quatre matchs lors de la Coupe Ryder.

«Je suis l’un des facteurs ayant contribué à notre défaite», a reconnu dimanche l’Américain Tiger Woods, battu quatre fois en quatre matchs lors de la Coupe Ryder 2018 en France, à l’issue de la défaite des États-Unis face à l’Europe (17,5-10,5).

«Ce n’est pas très amusant», a ajouté la vedette, dont le bilan en Coupe Ryder est désormais de 13 victoires, 21 défaites et trois nulles.

Dimanche, Woods, qui n’avait pas participé à la compétition depuis l’édition 2012, s’est incliné en simple face à l’Espagnol Jon Rahm.

Associé à Patrick Reed puis Bryson DeChambeau, il avait auparavant perdu ses trois doubles face à l’Anglais Tommy Fleetwood et l’Italien Francesco Molinari, vendredi et samedi.

L’Américain de 42 ans a paru exténué dès samedi matin sur le parcours de l’Albatros au Golf National de Saint-Quentin-en-Yvelines.

«C’est frustrant parce que lorsque nous sommes venus ici, je pensais que nous jouions tous assez bien, et je n’ai pas performé au niveau que j’avais il y a peu», a-t-il expliqué, une semaine après sa 80e victoire sur le circuit américain, lors du Tour Championship à Atlanta.

«J’ai pris du retard tôt dans les matchs et je ne suis jamais revenu», a constaté Woods.

Le Championship du Tour était son premier titre depuis 2013, pour parachever l’un des plus grands retours de l’histoire de son sport.

Ce succès lui a permis de remonter au 13e rang mondial, lui qui était tombé dans les profondeurs du classement il y a deux saisons après plusieurs opérations du dos.  AFP