Dans ses sept matchs du Roland-Garros 2017, Rafael Nadal n'a perdu que 35 jeux!

L'Espagnol seul sur son île

BILLET / Tout simplement incroyable! La victoire de Rafael Nadal à Roland-Garros, dimanche, n'a rien d'une grande surprise, mais elle me renverse malgré tout de plusieurs façons.
L'une d'elles relève de l'évidence, celle que l'histoire retiendra : ce chiffre 10 désormais accolé au nombre de titres conquis par l'Espagnol à la porte d'Auteuil. Jamais un autre joueur n'a remporté aussi souvent un tournoi majeur.
Et à moins de revoir le Roger Federer des beaux jours lors des trois prochains Wimbledon (rien d'impossible avec la montre suisse, je l'admets), il semble que Nadal sera seul sur son île pendant plusieurs années, voir plusieurs décennies.
Dominant à Wimbledon, Federer ne détient «que» sept titres sur le gazon anglais. Chez les joueurs actifs, celui qui s'approche ensuite le plus de la dizaine est Novak Djokovic avec ses six réussites en Australie. Et le Serbe a déjà 30 ans...
Un «10» majestueux, donc. Mais ce qui me fascine davantage est l'aisance avec laquelle Rafa, 31 ans, a réalisé cette conquête historique (un mot de circonstance, ici). Visez un peu : dans ses sept matchs du Roland-Garros 2017, il n'a perdu que 35 jeux!
Domination
Je n'ai jamais vu pareille domination pendant un grand chelem. La comparaison (un peu boiteuse) qui me vient en tête? Voir une équipe de la LNH gagner la coupe Stanley en remportant 16 matchs consécutifs...
«Je suis pas mal certain d'avoir perdu mes clés de voiture 35 fois cette année», a plaisanté sur Twitter l'ex-numéro un mondial Andy Roddick, lui aussi ébahi par l'exploit de son ancien bourreau sur terre battue. «10... 10... 10... Vous pouvez le dire aussi souvent que vous le souhaitez. Ce n'est tellement pas normal. Immense respect pour Nadal», a aussi écrit le champion du US Open 2003 et ex-numéro un mondial.
C'est la troisième fois que Nadal remporte Roland-Garros sans perdre le moindre set, après des succès semblables en 2008 et en 2010. Mais il a semblé encore plus impérial depuis deux semaines que dans ses «belles années».
D'autant plus spectaculaire que cette domination survient après une «sécheresse» de près de deux ans, pendant laquelle une blessure au poignet l'a éloigné du top 5 et d'un titre majeur. Au tournant de la trentaine, Nadal semblait parfois plus près de la retraite que d'un autre triomphe, même s'il parvenait à remporter quelques tournois ici et là.
Mais sa présence en finale des derniers Internationaux d'Australie, une défaite contre Federer, s'est avérée bien plus qu'un soubresaut. Tellement qu'il risque d'être perçu comme l'homme à battre à Wimbledon, dans trois semaines.
Combiné à la victoire de Federer down under, le triomphe de Nadal vient confirmer la domination des «vieux». Signe que la génération des Andy Murray, Stan Wawrinka, Djokovic, Nadal et Federer a été la meilleure de l'histoire du tennis : leurs successeurs demeurent incapables de les surclasser. Et rien n'indique un passage du flambeau pour bientôt...