Signer un contrat avec les Twins du Minnesota n’a pas été une décision facile pour le Québécois Édouard Julien.

Les Twins persuasifs pour faire signer Édouard Julien

À 14h, jeudi, la carrière universitaire d’Édouard Julien a pris fin. En signant un contrat avec les Twins du Minnesota, il écrivait ainsi les premières lignes d’un nouveau chapitre qui commencera officiellement à son retour des Jeux panaméricains, au début du mois d’août.

Il se joindra alors aux Twins d’Elizabethton, le club-école de la Ligue Appalachian, au Tennessee, où les nouveaux joueurs mis sous contrat par l’organisation se retrouvent. Jusqu’à son départ pour Lima, au Pérou, avec l’équipe canadienne, il passera quelques jours au complexe d’entraînement des Twins, en Floride.

«Ça n’a pas été une décision facile à prendre, surtout que j’avais dit à mon école, mon entraîneur et mes coéquipiers que je revenais à Auburn. Mais les Twins sont revenus trois fois pour m’offrir l’argent que je voulais. J’ai senti qu’ils avaient vraiment de l’intérêt pour moi», racontait le joueur de 20 ans natif de Québec.

Après les Séries mondiales collégiales, les Twins avaient fait une première offre monétaire qui n’était pas suffisante aux yeux du choix de 18e ronde, en juin dernier. Il leur a ensuite fait part du montant minimum qui le ferait changer d’idée, mais ceux-ci lui faisaient alors savoir qu’ils n’avaient pas cette somme pour le satisfaire, d’où sa décision de confirmer à ce moment son retour à l’école.

Julien était donc convaincu qu’il porterait les couleurs des Tigers de l’Université Auburn pour une troisième saison, l’automne prochain. Mais voilà, les Twins ont refait leurs calculs et sont revenus à la charge.

«Ils m’ont dit qu’ils s’étaient trompés, qu’ils avaient inclus le bonus d’un autre joueur qu’ils ne devaient pas compter. Ils m’ont alors offert 450 000 $, mais je leur ai dit non, je ne signe pas pour ça. Le lendemain, un haut placé de l’organisation m’a rappelé pour me dire qu’ils s’étaient encore trompés, et ils m’ont offert tout près de 500 000 $. J’ai senti qu’ils avaient vraiment de l’intérêt pour moi et j’ai accepté», ajoutait celui qui a reçu 493 000 $ pour renoncer à ses deux dernières saisons universitaires.

Jouer tous les jours

Il est plutôt rare qu’un choix de 18e ronde reçoive un tel montant. Par contre, des joueurs de 20 ans, comme lui, sont régulièrement mis sous contrat par les équipes du baseball affilié.

«Ils m’ont dit qu’ils voulaient avoir un autre jeune frappeur dans l’organisation. Ils veulent réduire mon nombre de retraits au bâton et m’utiliser au deuxième but. Ils m’ont dit vouloir faire de moi un meilleur frappeur, et que la meilleure façon pour y parvenir était de jouer tous les jours. Personnellement, je pense que ça va m’aider d’arriver chez les pros un an plus tôt que prévu pour atteindre mon but.»

L’auteur de 27 circuits et 126 points produits en deux saisons à Auburn vise un poste dans le A-fort dès la saison prochaine. Il préfère ne pas se fixer d’objectif à long terme.

«J’essaie de ne jamais voir trop loin devant, je ne veux pas être déçu. J’approche les choses un jour à la fois, une présence au bâton à la fois. Je veux montrer que je peux être un bon frappeur. Et jouer au deuxième but, ça ne me dérange pas», notait celui qui a évolué à cette position à sa première saison dans la NCAA avant d’être muté au troisième à sa seconde campagne en Alalabama. Il aurait encore joué au coin chaud s’il était resté à Auburn.

«Les Tigers s’attendaient à ce que je revienne. Sur le coup, mon entraîneur l’a mal pris, il était déçu. Mais Butch Thompson est tellement un bon monsieur, il m’a vite rappelé pour me souhaiter bonne chance et me remercier pour mes deux saisons à Auburn.»

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CONSEIL D'UN NOUVEAU PRO 

Le produit du programme sport-études des Canonniers de Québec et ancien joueur des Diamants n’a jamais regretté sa décision de ne pas signer avec les Phillies de Philadelphie lorsque ceux-ci l’avaient sélectionné en 37e ronde au repêchage de 2017. Il s’était plutôt dirigé vers l’Université d’Auburn, où il a pris son envol.

«À part un joueur comme Jean-Christophe Masson [récemment mis sous contrat par les Blue Jays à 16 ans], il n’y a personne qui est prêt à signer en sortant de l’école secondaire. Si j’avais un message à lancer aux plus jeunes, ce serait d’aller dans un collège américain. Il n’y a rien de mieux pour le développement, pour vivre des expériences incroyables, comme jouer devant 15 000 personnes, affronter d’excellents lanceurs, etc. Si je tombe dans une léthargie ou si je commets une erreur, je serai mieux préparé et mieux outillé pour y faire face», confiait-il en ajoutant que la mise sous contrat des deux joueurs de Québec, cette semaine, prouvait qu’il n’y avait «rien d’impossible». Carl Tardif