L’ancienne grande vedette espagnole Carles Puyol a participé jeudi aux derniers préparatifs du tirage au sort du Mondial-2018, à Moscou.

Les tirages du Mondial, toute une histoire

MOSCOU — De la main innocente du petit-fils de Jules Rimet en 1938 à l’hommage à Nelson Mandela au Brésil, en passant par l’incroyable couac de 1982 ou les sifflets de Marseille, les tirages au sort de la Coupe du monde de soccer regorgent d’anecdotes. Survol de 11 tirages mémorables.

1930 

En Uruguay, la première édition du tournoi se fait sur invitation, avec 13 nations. Le tirage est effectué après l’arrivée de toutes les équipes, trois jours seulement avant le coup d’envoi.

1938 

Dans un salon du ministère des Affaires étrangères à Paris, un petit garçon monte sur une table pour saisir les noms des équipes dans un vase transparent. Cette «main innocente» appartient au petit-fils de Jules Rimet, président de la FIFA et créateur de la Coupe du monde, qui lui tient ce récipient.

1966 

Avant ce Mondial organisé pour la première fois en Angleterre, pays qui a inventé le football, le tirage est diffusé en direct à la télévision depuis le Royal Garden Hotel de Londres, également une grande première.

1974 

Pour ce Mondial en Allemagne de l’Ouest, la main innocente, un chérubin de 11 ans choisi au sein d’un chœur berlinois, tire RFA et RDA dans le même groupe : un gros événement à dimension géopolitique.

1982 

Dans le Palais des Congrès de Madrid, en Espagne, les boules sont réparties dans des sortes de tambours de machines à laver en hauteur pour les mélanger. L’un d’eux s’enraye, et évince momentanément les équipes sud-américaines du premier tour. C’est le couac. La FIFA reviendra ensuite au tirage manuel.

1989 

Le tirage à Rome change de dimension. Il est conduit par le secrétaire général de la FIFA de l’époque, un certain Joseph Blatter, assisté de la légende du cinéma Sophia Loren. «Il y avait aussi Pavarotti, Rummenigge, Bobby Moore, Pelé, Platini. C’était le premier des grands shows», relevait David Ausseil, responsable du département films de la FIFA, en marge du tirage au sort du Mondial-2014.

1993 

Toujours plus grand. Le centre de conventions du Nevada, à Las Vegas, est rempli avec 4500 spectateurs, pour assister notamment au spectacle du légendaire chanteur James Brown.

1997 

Un match de gala entre une sélection d’Europe et une du reste du monde (score final : 2-5) est organisé avant le tirage au sort, qui se tient au stade Vélodrome de Marseille. Il y a 32 joueurs, un par pays qualifié, dont Ronaldo (Brésil) et Zinédine Zidane (France), qui se retrouveront en finale. Le mistral souffle fort en ce mois de décembre, pas moins que les sifflets réprobateurs que le public réservent aux officiels, Blatter en tête. Dans un contexte politique tendu, États-Unis et Iran se retrouvent ensemble.

2005 

Les organisateurs ont rameuté à Leipzig, en Allemagne, des personnalités on ne peut plus prestigieuses (Pelé, Lothar Matthäus, Roger Milla, Johan Cruyff...), autour de la maîtresse de cérémonie, le mannequin Heidi Klum. L’audience télévisuelle est sans précédent, avec quelque 300 millions de personnes assistant au tirage dans près de 150 pays.

2009 

Au Cap, en Afrique du Sud, c’est l’actrice Charlize Theron qui aide Jérôme Valcke, secrétaire général de la FIFA pour le tirage. La comédienne sud-africaine est une supportrice de l’Irlande du Nord et n’a pas digéré son élimination controversée face à la France en barrage, avec la fameuse main de Thierry Henry. Avant de dévoiler la boule contenant le positionnement des Bleus dans leur groupe, elle lance, le visage fermé : «Je pense que, parfois, s’abstenir de commentaire en dit plus que de parler».

2013 

Le tirage se fait à Salvador, première capitale du Brésil. Il est précédé de moments forts : un hommage à l’icône de la lutte anti-apartheid Nelson Mandela, décédé la veille, un discours de la présidente du Brésil Dilma Rousseff, saluant l’avènement de «la Coupe de toutes les coupes», ou encore un discours du mythique Pelé. Avec, cerise sur le gâteau, les deux finalistes de l’édition précédente se retrouvant dans le même groupe, l’Espagne et les Pays-Bas.

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MODE D'EMPLOI

Le tirage au sort des groupes de la Coupe du monde en Russie se fera vendredi à Moscou à travers un système de têtes de série assorti d’une contrainte géographique.

- Les chapeaux 

Quatre chapeaux de huit équipes chacun ont été déterminés sur la base du classement FIFA d’octobre des nations qualifiées. Le premier chapeau, celui des têtes de série, comprend les sept nations les mieux classées ainsi que la Russie, le pays hôte, qui est automatiquement dans le groupe A, et les sept autres têtes de série seront affectées par tirage au sort en première position des groupes B à H. Les huit équipes suivantes seront dans le chapeau 2, qui sera tour à tour vidé par tirage au sort pour placer ses membres dans l’un des huit groupes de quatre équipes. Même chose pour les chapeaux 3 et 4. 

- La contrainte

La contrainte géographique est la suivante : deux équipes d’une même confédération ne peuvent se retrouver dans le même groupe, sauf celles de l’UEFA (Europe) à raison de deux maximum par groupe.