Les deux derniers triomphes de Charles Leclerc ont été la réponse parfaite aux critiques selon lesquelles il était trop jeune pour piloter chez Ferrari.

Les succès de Leclerc; les misères de Vettel

MONZA — Charles Leclerc était censé être la future vedette de Ferrari. Debout sur le podium emblématique de Monza, surplombant une mer de spectateurs vêtus de rouge, il a été acclamé comme s’il était l’actuel chef de file de la Scuderia.

La longue attente de neuf ans de Ferrari avant de savourer la victoire à domicile a finalement pris fin, dimanche, mais ce n’est pas grâce au quadruple champion du monde Sebastian Vettel. C’est Leclerc — de 11 ans le cadet de Vettel et seulement à sa deuxième saison en Formule 1 — qui a mis fin à cette disette.

Cette victoire au Grand Prix d’Italie était la deuxième consécutive de Leclerc, âgé de 21 ans, qui fait ses débuts avec Ferrari cette saison après avoir piloté pour Sauber à sa saison recrue.

Ces deux triomphes ont été la réponse parfaite aux critiques selon lesquelles il était trop jeune pour piloter chez Ferrari.

«Ça fait du bien. Le début de saison n’a pas été facile, j’ai commis quelques erreurs, a reconnu Leclerc. Je pense que j’ai beaucoup grandi depuis le début de la saison.

«Je comprenais les critiques de l’année dernière, comme quoi j’étais trop jeune à seulement ma deuxième année en Formule 1 et de me retrouver déjà chez Ferrari, c’était trop vite. Je ne peux que remercier Ferrari d’avoir cru en moi. Je suis très heureux d’avoir ce genre de résultats. Cela démontre que j’étais peut-être plus prêt que ce que certains pensaient.»

Cette victoire avec panache de Leclerc — il a résisté aux assauts des Mercedes de Valtteri Bottas et du meneur au championnat Lewis Hamilton — lui a permis de dépasser Vettel au classement général. Il a désormais 13 points de plus que son coéquipier.

Il mène également Vettel 4-1 pour les positions de tête et il est 7-0 en qualifications lors des sept dernières courses.

Grise mine de Vettel

Et pendant que Leclerc célébrait sa deuxième victoire consécutive, sous les acclamations de milliers de passionnés de Ferrari, Vettel faisait grise mine après une saison décevante ponctuée d’une nouvelle maladresse à Monza.

Le pilote allemand de 32 ans a commis la dernière d’une série d’erreurs en chaîne dimanche, et c’est peut-être la pire de toutes.

Vettel, parti de la quatrième position sur la grille, mettait de la pression sur Bottas lorsqu’il a perdu le contrôle dans la chicane Ascari au sixième tour. Pour aggraver les choses, Vettel est revenu en piste de façon dangereuse et s’est placé sur la trajectoire de Lance Stroll, heurtant même la Racing Point partie en tête à queue.

Vettel a reçu une pénalité de 10 secondes pour conduite dangereuse. Il a également reçu trois points de pénalité, ce qui porte son total à neuf en 12 mois, à trois seulement d’une suspension d’une course. «J’ai eu un peu de mal à relancer ma voiture qui était coincée dans l’herbe, a expliqué Vettel. J’ai donc perdu un peu de vitesse et cela a pris un peu plus de temps. Ce n’était donc certainement pas idéal, mais je ne pouvais rien voir vers la gauche.

«Je savais qu’il y aurait des voitures, mais je pensais que je pourrais revenir en piste plus rapidement.»

Vettel, dont le contrat se termine en 2020, a terminé 13e et Leclerc, ajoutant l’insulte à l’injure, lui a pris un tour.

Vettel n’a pas remporté la victoire à ses 22 dernières courses. Il est quatrième au championnat, à 115 points de Hamilton. Vettel a mené et perdu les deux derniers championnats au pilote britannique.

Le directeur de l’équipe Mercedes, Toto Wolff, envisage un retour en force du pilote allemand.

«Ne le comptez pas pour battu, car c’est un quadruple champion du monde, a souligné Wolff. La différence entre les grands et les bons est que les grands sont capables de se relever et il peut le faire. Il a connu une séquence de mauvaises courses et maintenant, ce sera à lui de faire ce qu’il faut pour retrouver la place qu’il mérite. Aujourd’hui, c’est assurément un mauvais jour pour lui.»