L'an dernier, aux X Games, Alex Beaulieu-Marchand avait décroché une médaille de bronze, ce qui lui vaut une qualification directe pour la finale à l'édition de cette année de la grand-messe qui se déroule cette fin de semaine à Aspen, au Colorado.

Les six jours de Beaulieu-Marchand

Alex Beaulieu-Marchand est de retour. Juste à temps pour se produire aux X Games, dimanche, puis aux Jeux olympiques. «J’ai six jours en tête. Six jours où je skierai à 100 %. Et c’est tout. Après, je vais prendre le temps de guérir mon corps», confie le «slopestyliste».

Six semaines après avoir subi une violente chute en compétition qui l’a laissé inconscient durant 30 secondes et aux prises avec des symptômes de commotion cérébrale, le skieur acrobatique de 23 ans de Saint-Augustin-de-Desmaures dit revenir à son mieux.

Mardi, il a franchi la dernière étape du protocole de retour à la compétition imposé par le personnel médical de la fédération canadienne de ski acrobatique. Cette histoire est maintenant chose du passé. Beaulieu-Marchand regarde vers l’avenir. Où se dressent deux compétitions plus grandes que nature, sans doute les deux plus importantes de sa carrière, le tout dans les 21 prochains jours.

«Je suis super content de pouvoir mettre ma commotion derrière moi. C’est un gros soulagement», a-t-il affirmé au Soleil, vendredi, du Colorado. Chaque fin de janvier, la grand-messe sportive des X Games d’hiver se tient à Aspen, au Colorado.

«Mon entraînement s’est super bien passé cette semaine et, malgré quelques chutes légères, je n’ai pas eu de maux de tête. Je suis vraiment surpris d’être revenu aussi bien aussi vite. Je n’ai rien perdu», se réjouit-il.

Directement en finale

Celui que l’on surnomme ABM, par ses initiales, revient sur les lieux de son plus grand succès à ce jour. Sa médaille de bronze aux X Games de 2017 lui a d’ailleurs valu un petit répit, cette semaine, avec une invitation directe à la finale de dimanche.

Il calcule donc la journée d’entraînement de samedi et la finale de dimanche. Puis direction Corée du Sud avec trois jours d’entraînement dans le parc à neige Phoenix de PyeongChang avant le jour J de la compétition olympique de slopestyle masculin en ski, tenue dans la soirée du 17 février à l’heure du Québec.

Ça fait six. Pas un de plus.

Au long de sa convalescence, Beaulieu-Marchand n’a pas caché son inquiétude quant aux conséquences d’une commotion aussi sévère. Raison, croit-il, pour s’éloigner lentement mais sûrement de la compétition, après les JO.

Pas d’attentes précises

Il traîne aussi un œdème osseux au genou gauche, corollaire d’une blessure subie en août. Deux mois et demi de repos n’avaient ensuite pas permis de résorber l’inflammation et, donc, la douleur encore présente après une journée sur la neige. Encore ici, seul un long repos pourra permettre une guérison.

«Si j’avais plus skié dans les derniers mois, j’aurais plus perfectionné mes manœuvres. Mais je me serais peut-être aussi plus blessé», soupèse-t-il, à propos de ses deux pauses forcées dans la dernière demi-année.

Autant aux X Games qu’aux Jeux olympiques, il se croit capable de donner la pleine mesure de son talent dans l’enfilade de sauts et de rampes. De sortir juste le meilleur de son sac à manœuvres.

Beaulieu-Marchand doit donc être considéré comme un candidat à la médaille, autant à Aspen qu’à PyeongChang. Mais celui qui avait pris le 12e rang aux JO de 2014 ne le formule pas ainsi.

«Je vais aller faire ma meilleure descente de mon mieux et c’est comme ça que viendront les résultats, pas le contraire. Y aller pour la médaille ne m’amènera pas à faire ma meilleure descente. Je ne vais rien laisser derrière et si les juges aiment ce que je fais et que ça me donne une médaille, parfait! Mais si je suis fier de ma descente, mais que les juges n’ont pas autant apprécié, ce sera tant pis», conclut-il, le plus simplement du monde.