Les Bleus se sont inclinés 6-3 devant l'Océanic de Rimouski mercredi soir.

Les Saguenéens balayés par l'Océanic

La série entre les Saguenéens et l’Océanic aura finalement été beaucoup moins longue que prévu. Les Rimouskois ont terminé le travail, mercredi soir, avec une victoire sans équivoque de 6-3, devant 3414 spectateurs au centre Georges-Vézina, complétant du même coup le balayage.

Les trois premiers matchs ont été décidés par un seul but, mais les jeux étaient faits dans ce quatrième duel bien avant les dernières minutes, pour ne pas dire à la mi-match. «Au fur et à mesure que la série avançait, on a vu leur maturité physique faire une différence, c’est clair. Ceci étant dit, il y a de petites choses qui m’ont agacé quand même. Je suis excité parce que les gars qui n’ont pas lâché, ce sont des gars de 16 ans. Leur amour du hockey est incroyable. Ils veulent jouer au hockey, c’est contagieux et ils le montrent sur la glace. Ça va être vraiment quelque chose. C’est vraiment ce qu’il faut retenir», a souligné l’entraîneur-chef Yanick Jean dès le début de son point de presse alors que son équipe venait tout juste de rendre les armes. « Il y en a d’autres pour qui ce n’était définitivement pas assez. On va se pencher là-dessus pendant l’été », de poursuivre le pilote des Bleus. 

«Les deux premiers marqueurs de l’équipe, ce sont deux 16 ans (Théo Rochette et Hendrix Lapierre) avec cinq points en quatre matchs. Si tu m’avais dit ça avant la série, je t’aurais demandé si t’étais sûr. Si on m’avait dit qu’ils feraient tous les deux cinq points en quatre matchs et que ça se terminerait en quatre rencontres, j’aurais dit qu’on avait une chance de gagner en quatre», d’indiquer Yanick Jean, convenant du même souffle que la série s’était probablement décidée lors des deux premières rencontres à Rimouski qui ont nécessité du temps supplémentaire. 

«On a joué l’équivalent de quatre matchs là-bas. On devait trouver un moyen d’en remporter et de marquer un but en prolongation qui aurait fait la différence. C’est comme s’ils nous avaient achevé à petits coups. Au fur et à mesure que ça avançait, ils prenaient confiance. Ça faisait quand même un petit bout qu’ils n’avaient pas gagné une ronde (2015, année du championnat). Tu as senti que dans le match quatre, ils étaient plus libérés et en contrôle. Ces deux match-là leur ont donné une confiance incroyable. Ça aurait pu avoir l’effet contraire. Dans le premier match, c’était 3-0 pour eux, après avoir fait 3-3 on gagne en prolongation, ça aurait été une série totalement différente. Ce n’est pas arrivé, de raconter le pilote des Bleus. Ce n’était pas une série de quatre volées et tu t’en vas. Ce n’était pas une série qui aurait dû se finir en quatre de la manière que ça s’est joué, mais ça se finit comme ça. On peut dire qu’on n’a pas été chanceux, ci ou ça, mais ce n’est pas de la manière qu’on veut être. On est beaucoup plus exigeants que ça et c’est ce qui va nous faire progresser. »

N’empêche que les jeunes joueurs de l’équipe n’auront pas connu un match numéro six ou sept à leurs premières séries éliminatoires. « Ils ont vécu d’autres choses. Quand tu vis un match de quatre périodes de prolongation, c’est quelque chose. On a joué l’équivalent de 11 périodes en 26 heures à Rimouski la semaine passée. À tout jamais, ils vont pouvoir dire qu’ils ont joué un match de sept périodes », de rappeler Yanick Jean.

L’Océanic en contrôle

Pour une quatrième fois dans la série, l’Océanic a été la première équipe à s’inscrire à la feuille de pointage. Encore une fois, Jimmy Huntington en a été l’oeuvre. Au terme d’une très longue séquence au cours de laquelle des joueurs des Sags ont étiré leur présence, le vétéran de 20 ans a fait dévier le tir de la pointe de Zachary Massicotte pour ouvrir la marque. 

Dmitry Zavgorodniy s’est ensuite mis au travail. Dès le début du premier avantage numérique de l’Océanic, l’attaquant russe a récupéré une rondelle libre dans l’enclave pour faire 2-0. Son compatriote Vladislav Kotkov a répliqué, également dans les premières secondes d’une attaque massive d’un tir vif, mais Zavgorodniy a redonné un coussin de deux buts aux visiteurs. Après avoir intercepté une passe transversale en sortie de territoire, il a battu Alexis Shank dans la partie supérieure.

En deuxième, les Sags ont continué de s’enfoncer en début d’engagement. Alors que les officiels appelaient une pénalité aux Sags, Alexis Lafrenière s’est fait oublier derrière les défenseurs pour ensuite donner une priorité de trois buts à l’Océanic. Dmitry Zavgorodniy a ensuite complété son tour du chapeau, ce qui éliminait pratiquement les Sags du même coup. Les Chicoutimiens ne sont toutefois pas tombés sans avoir un dernier soubresaut, marquant deux fois en 62 secondes avant la fin de l’engagement, encore une fois par l’entremise de recrues, William Dufour et Hendrix Lapierre, ce qui aura au moins permis aux amateurs de se manifester. En troisième, malgré quelques incursions en territoire adverse, les Sags n’ont pas réussi à compléter de petit miracle et combler le déficit de trois buts comme ils avaient fait dans le premier match, s’inclinant toutefois en prolongation. 

La fin pour le capitaine

La carrière du capitaine Zachary Lavigne dans la LHJMQ a pris fin mercredi soir, en même temps que l’élimination des Sags en quatre rencontres, devant l’Océanic de Rimouski. 

« C’est sûr que c’est un moment plus difficile que les autres », a laissé tomber celui qui a passé quatre saisons avec les Sags après avoir été repêché en quatrième ronde en 2015. 

«Je vais toujours rester Sags dans mon coeur. C’est un honneur d’avoir évolué pour cette équipe. La manière que j’ai été traîté tout au long de ma carrière junior, je n’aurais pas pu demander mieux », d’exprimer Zachary Lavigne les yeux rougis par l’émotion. 

«On n’est pas satisfaits du résultat et on ne peut pas l’être. Je pense qu’on s’est battus jusqu’à la fin malgré tout. Le positif est à venir dans les prochaines années ici. Il y a un bon lot de jeunes avec Lapierre et Rochette en tête », de souligner le numéro 61 sur le futur de l’équipe. 

« Ils ont juste été incroyables. Ils ont mené le jeu et n’auraient pas pu faire mieux que ça », de noter Zachary Lavigne qui termine avec une récolte de 115 points en 250 rencontres, séries incluses. Il poursuivra maintenant sa carrière avec les Patriotes de l’Université du Québec à Trois-Rivières, où il sera dirigé par le Chicoutimien Marc-Étienne Hubert. 

Bien entendu, c’était le calme plat près du vestiaire des Sags après la rencontre. Les vétérans Liam Murphy et Morgan Nauss ont également disputé leur dernier match dans la LHJMQ mercredi soir. « Ça frappe quand tu as investis aussi longtemps de ta carrière et ta jeunesse. Ce sont des gars qui sont arrivés dans la ligue à 16 et 17 ans et qui repartent changés et transformés. Ils sont devenus des hommes. C’est un privilège de jouer dans la LHJMQ et ils le savent après avoir passé 4 et 5 ans. C’est sûr que c’est un choc que ce soit fini pour eux », de convenir l’entraîneur-chef Yanick Jean.

Dans l’autre vestiaire

Dans l’autre vestiaire, l’entraîneur-chef Serge Beausoleil ne s’attendait pas à en finir aussi tôt avec une équipe qui avait terminé la saison régulière en lion.

«Quand on affronte une équipe bien dirigée comme ça, qui était sur une séquence de sept victoires pour finir la saison et que le gardien Alexis Shank n’avait pas perdu à ses 12 derniers départs, on s’attendait à avoir beaucoup d’adversité, a énuméré Beausoleil. Et on en a eu beaucoup. Je pense que les gars sont amochés de l’autre côté et ça paraissait à la fin. Le fil était tendu. J’ai beaucoup de respect pour l’opposition qu’ils nous ont donnée. On a vu une équipe d’avenir très intéressante à Chicoutimi.»

La série a pris une tournure significative dès la fin du deuxième match, alors que l’Océanic a gagné en quatrième période de prolongation, moins de 24 heures après avoir signé une première victoire, aussi en prolongation.

«Ces deux matchs-là sont crève-cœur, a convenu Serge Beausoleil. Autant on a réussi à aller chercher deux victoires par la peau des dents, autant ça a été très difficile mentalement pour Chicoutimi de mettre autant d’efforts et de passer aussi près, mais de ne ravir aucune victoire à l’adversaire.»

Le personnel hockey de l’Océanic va maintenant profiter d’une pause d’une dizaine de jours avant d’amorcer la deuxième ronde éliminatoire. Avec des séries qui se prolongent dans l’association de l’est, les Rimouskois pourraient tirer avantage de la situation.

«On a fait notre boulot et on va regarder ce qui passe dans les autres séries en tant qu’observateur, a répondu Serge Beausoleil. Bien franchement, on va prendre le repos avec soulagement.»

Capitaine de l’Océanic, Charle-Édouard D’Astous a démontré l’étoffe d’un général, tout comme les deux autres joueurs de 20 ans, Jimmy Huntington et Olivier Garneau. Tout en rendant crédit à ses coéquipiers, il était à la fois ravi et surpris d’avoir balayé les Saguenéens.

«Si tu m’avais dit au début de la série qu’on allait gagner en quatre, j’y croyais, mais je savais que ça allait être difficile, a confié le défenseur. Chicoutimi forme une excellente équipe et ils l’ont prouvé. Ils nous ont donné de l’adversité tout au long de la série. On est vraiment contents que ça se termine tôt; ça va nous faire du bien.»

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POINTES DE PLUME

• Les Cataractes de Shawinigan ont poursuivi sur leur irrésistible lancée. Ils ont battu les Huskies de Rouyn-Noranda 4-3, grâce à un but de Gabriel Denis dans la dernière minute de jeu. Mine de rien, la série est égale 2-2, ce qu’absolument personne n’avait prédit. Rappelons que les Huskies ont accumulé 86 points de plus au classement que les Cataractes.

• La série entre l’Océanic et les Saguenéens sera la seule à s’être terminée en quatre matchs. Les Olympiques de Gatineau ont évité l’élimination en l’emportant 4-2 à domicile contre les Voltigeurs de Drummondville.

• Les Wildcats de Moncton continuent de donner du fil à retordre au Drakkar de Baie-Comeau. Ils ont remporté le quatrième match 3-2, créant l’égalité 2-2 dans la série. Le cinquième match aura lieu vendredi soir, au Nouveau-Brunswick. Les Screaming Eagles du Cap-Breton sont également de retour dans la série face aux Islanders de Charlottetown. Ils ont signé une deuxième victoire en autant de soirs devant leurs partisans, cette fois par le pointage de 6-2. Une quatrième série est à égalité à deux victoires de chaque côté, celle entre les Foreurs de Val-d’Or et les Tigres de Victoriaville. Les Foreurs ont battu les Félins 5-3 mercredi soir.

• Le Phoenix de Sherbrooke a expédié l’Armada de Blainville-Boisbriand dans les câbles avec un gain de 6-2. La série entre les Mooseheads de Halifax et les Remparts reprend jeudi soir. Québec a les devants 2 à 1.

• Yanick Jean a conservé le même alignement tout au long de la série. Les attaquants Tristan Pelletier et Christophe Farmer, ainsi que le défenseur Michael Pellerin, n’ont pas été utilités.