Le capitaine de l’équipe nationale russe de hockey, Ilya Kovalchuk, s’est félicité de l’approbation du comité olympique russe, affirmant que cela aura l’effet de calmer les athlètes après une période d’inquiétudes.

Les Russes ont le feu vert pour PyeongChang

MOSCOU — Le Comité olympique russe a officiellement donné sa bénédiction aux athlètes du pays pour participer aux Jeux olympiques de PyeongChang sous un drapeau neutre.

À la suite des sanctions du Comité international olympique (CIO) annoncées la semaine dernière en réaction au dopage russe institutionnalisé aux Jeux de 2014 à Sotchi, les Russes concourront sous le drapeau olympique en tant qu’«athlètes olympiques de Russie».

«L’opinion générale était unanime, c’est-à-dire que nos athlètes doivent aller en Corée du Sud pour concourir et gagner», a déclaré le président du comité, Alexander Zhukov, après la clôture du congrès de l’organisation, mardi. Le président russe Vladimir Poutine avait apporté son soutien en ce sens la semaine dernière.

Quelques athlètes russes seront formellement invités par le CIO à concourir en tant qu’athlètes individuels, même si le Comité olympique russe présentera des listes de ses équipes préférées.

«Je pense que le CIO s’assurera que les meilleurs athlètes russes reçoivent les invitations, de sorte que, par exemple, notre équipe de hockey se compose des meilleurs joueurs», a déclaré Zhukov, ajoutant que 200 athlètes pourraient aller en Corée du Sud.

Les athlètes russes invités aux Jeux de PyeongChang doivent encore se soumettre à des contrôles de la part d’un comité du CIO qui se penchera sur leurs antécédents de dépistage aux drogues.

Zhukov a affirmé que la Russie continue de nier avoir mis en place un programme de dopage d’État aux Jeux olympiques de 2014 et a rejeté toute prétention selon laquelle il aurait conclu un accord avec le CIO pour éviter des sanctions plus sévères.

«C’est inacceptable de priver un athlète du droit de représenter son pays. À mon avis, cela brise non seulement la charte olympique, mais les droits de l’homme, a déclaré Zhukov. Donc, vous ne pouvez vraiment pas parler d’un accord.

«De toute évidence, nous considérons cette décision injuste, mais en même temps nous sommes dans la situation où nous devions prendre une décision même si nous considérons cette décision injuste.»

Appels déposés

Le consentement du Comité olympique russe ne signifie toutefois pas que la Russie abandonne les contestations juridiques contre les sanctions du CIO, a déclaré Zhukov.

Vingt-cinq athlètes ont été sanctionnés pour dopage aux Jeux olympiques de 2014 à Sotchi, eux qui ont tous déposé des appels auprès du Tribunal arbitral du sport. Les règlements du CIO empêchent les Russes de participer aux Jeux de PyeongChang s’ils ont déjà purgé une sanction pour dopage.

La Russie enverra une délégation en Suisse, vendredi, pour discuter des détails tels que les uniformes neutres et si les athlètes peuvent porter des couleurs nationales.

Le capitaine de l’équipe nationale russe de hockey, Ilya Kovalchuk, s’est félicité de l’approbation du comité olympique russe, affirmant que cela aura l’effet de calmer les athlètes après une période d’inquiétudes. «Dieu merci, tout est derrière nous et nous allons aux Jeux olympiques», a déclaré Kovalchuk.

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SIX HOCKEYEUSES S'AJOUTENT AUX ATHLÈTES SANCTIONNÉS

LAUSANNE — Six autres athlètes russes ont été sanctionnées et exclues à vie pour des infractions aux règles antidopage lors des Jeux olympiques de Sotchi en 2014.

Les hockeyeuses Inna Dyubanok, Ekaterina Lebedeva, Ekaterina Pashkevich, Anna Shibanova, Ekaterina Smolentseva et Galina Skiba ont ainsi été disqualifiées de l’épreuve auxquelles elles ont participé. L’équipe russe de hockey féminin, sixième à Sotchi, est également disqualifiée du tournoi.

La commission disciplinaire du Comité international olympique (CIO) a également précisé que le dossier d’un septième athlète a été classé car les éléments et conclusions de l’enquête sont insuffisants pour établir une infraction aux règles antidopage.

Certaines enquêtes se poursuivant — notamment l’analyse médico-légale des flacons — le CIO n’écarte pas la découverte éventuelle d’éléments qui justifieraient l’ouverture de nouveaux dossiers.

En date de mardi, 31 athlètes russes ont déjà été sanctionnés par le CIO dans le cadre de cette enquête instituée dans la foulée du scandale de dopage d’État lors des Jeux de Sotchi. En conséquence, tous les échantillons prélevés sur des athlètes russes ayant participé à ces Jeux ont été réanalysés.

Dans son rapport, le juriste canadien Richard McLaren décrivait comment des échantillons d’urine réputés inviolables avaient été manipulés et truqués à Sotchi par les Russes, grâce à une méthode d’ouverture des flacons mise au point par le FSB, les services secrets russes.

Il révélait notamment que pour deux joueuses de hockey, de l’ADN masculin avait été retrouvé, rendant avec d’autres facteurs la manipulation des échantillons certaine. 

Le vice-premier ministre russe en charge des Sports, Vitaly Moutko, désormais lui aussi suspendu par le CIO, avait mis en avant la possibilité que cela soit dû à des rapports sexuels avec des hommes dans les jours précédant les contrôles.  La Presse canadienne et AFP