Patrick Roy pourrait prendre le rôle qu'il souhaite avec les Remparts de Québec.

Les Remparts veulent ravoir Roy

Les Remparts demandent à Patrick Roy de revenir. À lui de choisir le ou les rôles qu’il voudrait occuper. L’ancien gardien de but vedette est maintenant en réflexion.

Au moins une heure. C’est le temps que Roy a passé dans le grand bureau de Jacques Tanguay, mercredi après-midi. Les deux amis et anciens copropriétaires du club de hockey junior majeur de Québec, dont Tanguay est toujours président, ont échangé sur «plusieurs sujets», a confirmé l’homme d’affaires. Ils ont aussi jasé de hockey.

Une semaine après que Philippe Boucher ait démissionné des postes d’entraîneur-chef et de directeur général des Remparts, celui qu’il a remplacé il y a cinq ans était officiellement de retour dans le portrait. Tanguay a sollicité une rencontre avec Roy, rendez-vous que le premier aurait réclamé de toute façon à son chum qu’il n’avait pas vu depuis janvier, assure-t-il.


« Je prendrais Patrick où il aimerait figurer dans notre organigramme. Il serait où il va vouloir être »
Jacques Tanguay, président des Remparts de Québec

«Je lui ai dit que dans mon processus, sa candidature m’excitait au plus haut point. Mais je lui ai aussi dit que mes attentes étaient limitées quant à son intérêt et de prendre le temps d’y penser. Pour le reste, je ne suis pas dans sa peau et il n’était pas prêt à me donner une réponse», a résumé Tanguay, essayant d’en dévoiler le moins possible sur les détails de leur discussion.

Dimanche, la présence de Roy à un match junior majeur à Drummondville alimentait déjà les rumeurs, surtout qu’il a passé du temps en compagnie du gouverneur des Remparts, Julien Gagnon. Depuis, le journaliste de TVA Stéphane Turcot a dit savoir de bonne source que Roy se montrait «très intéressé» à revenir chez les Remparts.

Ne reste donc qu’à savoir dans quelle chaise le légendaire numéro 33 se rassoira? Pas si simple que ça.

Patrick Roy derrière le banc des Remparts en 2012

D’abord, pas question de racheter l’équipe à Québecor, insiste Tanguay. Qui dit avoir encore quand même «beaucoup de plaisir» dans son rôle de président depuis la vente de 2014. Et son plaisir serait doublé d’à nouveau travailler en compagnie de Roy.

«Je n’ai jamais caché qu’idéalement, je cherche une personne pour être coach et dg. Mais je prendrais Patrick où il aimerait figurer dans notre organigramme. Il serait où il va vouloir être», dit Tanguay, affirmant avoir reçu d’autres C.V. et même certains appels de postulants. Sauf que rien ne presse, surtout pas avant d’avoir la réponse de Roy.

Deux ans juste dg

Ancienne étoile du Canadien de Montréal et de l’Avalanche du Colorado, le natif du quartier Saint-Sacrement de Québec a maintenant 52 ans.

Quinze ans presque jour pour jour qu’il a disputé le tout dernier de ses 1276 matchs dans la LNH, fructueuse carrière comblée par quatre Coupes Stanley, trois trophées Conn-Smythe, trois Vézina, cinq Jennings et plusieurs records.

L’un des trois principaux actionnaires des Remparts nouvelle ère dès l’achat des Harfangs de Beauport, en 1997, Roy a déjà été seulement dg de l’équipe à ses deux premières saisons comme retraité, de 2003 à 2005. Puis il est descendu derrière le banc après cinq matchs, une victoire et quatre défaites, en septembre 2005, occupant ensuite les deux emplois durant huit campagnes, jusqu’en 2013.


Patrick Roy et Jacques Tanguay en 2012. Les deux hommes ont discuté pendant une heure, mercredi.

Il est l’entraîneur-chef ayant dirigé le plus de matchs (544) et cumulé le plus de victoires (348) en saison régulière derrière le banc des Remparts de Québec. Il peut aussi s’enorgueillir d’une conquête de la Coupe Memorial, en 2006, de six saisons de plus de 40 victoires en huit ans et d’un dossier total de 401-243 (,623), saisons et séries confondues.

Roy a quitté les Remparts en 2013 pour devenir entraîneur-chef et vice-président des opérations hockey de l’Avalanche. Il a obtenu le titre d’entraîneur de l’année à son entrée dans la LNH, alors que son équipe a fait un bond de 39 à 112 points et a participé aux éliminatoires pour la seule fois en sept ans.

Deux saisons et autant d’exclusion des séries plus tard, Roy quittait Denver avec fracas en août 2016, à cinq semaines de l’ouverture du camp d’entraînement, estimant ne pas avoir les coudées assez franches.

Il passait depuis ses hivers en Floride à jouer au golf, mais on dit que le hockey lui manque. On verra bientôt à quel point.

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LABEAUME IMPRESSIONNÉ PAR SA PASSION

Questionné sur un éventuel retour de Patrick Roy à la barre d’un club de hockey de Québec, même s’il ne s’agit pas encore des Nordiques, Régis Labeaume a d’abord promis de ne pas se mêler «des affaires de Jacques» Tanguay. Mais le maire de Québec n’a pu s’empêcher de s’incliner devant cette flamme vive qui semble encore brûler pour notre sport national dans le cœur de l’un de ses plus grands joueurs. «Ce qui m’impressionne là-dedans, c’est la passion. Qu’il considère de revenir!» a commenté le politicien. «Le gars a coaché ça pendant 8, 10 ans, les Remparts? Avant d’aller au Colorado trois ans. Et qu’il considère de revenir prendre l’autobus pour aller jouer à Charlottetown et ailleurs, juste le fait d’y penser, ça dénote la passion du bonhomme. Je suis très impressionné», a dit Labeaume, ne pouvant que tirer son chapeau à Roy.