Pascal Aquin (21) des Islanders a marqué deux buts pendant la rencontre.

Les Remparts impuissants sans Kurashev

CHARLOTTETOWN — Privés de leur attaquant vedette Philipp Kurashev et d’un jeu de puissance digne de ce nom, les Remparts se sont inclinés 4-2, vendredi soir. La série contre les Islanders de Charlottetown est égale 2-2.

«Enlève le meilleur joueur l’autre bord et ça ne les aidera pas. Je pense que Kurashev est le meilleur joueur des deux équipes et il n’a pas joué ce soir. Quand tu enlèves Kurashev, tu vas me dire qu’un alignement est meilleur que l’autre sur la glace? Je vais te dire que c’est la même affaire. On a fini huitièmes et neuvièmes au classement pour une raison et ça va être une longue série. On s’y attendait», a commenté l’entraîneur-chef du club junior de Québec, Philippe Boucher, après la défaite des siens au Centre Eastlink de Charlottetown.

L’attaquant Russo-Suisse combat un streptocoque à la gorge depuis plusieurs jours. Il était incertain de jouer le troisième match de la série, mercredi, et n’avait pas patiné depuis. Reste à voir s’il sera assez remis pour enfiler son équipement samedi après-midi, alors que les deux équipes remettent ça aussi vite qu’à 14h, heure du Québec, pour le cinquième affrontement.

Boucher a vu son jeu de puissance échouer à chacune de ses cinq tentatives, vendredi. Kurashev est au cœur de l’attaque à cinq des Remparts, mais difficile d’attribuer ces déboires à son absence, puisque Québec était à 1 en 14 dans la série avant le match. C’est rendu 1 en 19.

Encore une fois, les deux camps ont été au coude à coude avec un pointage de 2-2 après deux périodes. Brett Budgell a ouvert la marque pour Charlottetwon, puis Andrew Coxhead a répliqué pour Québec. Pascal Aquin, alors que les Islanders évoluaient avec un patineur en plus, et Matthew Boucher ont aussi fait mouche au deuxième vingt.

C’est le deuxième de Budgell dans la soirée qui a fait la différence, un disque récupéré devant le filet après qu’Andrew Picco eut jonglé avec. La rondelle a à peine traversé la ligne des buts, la jambière du gardien Antoine Samuel, assis, étant dans la cage. Mais l’arbitre, comme la reprise, avait tout vu. Aquin a complété dans un filet désert.

Une flèche à Laberge

Un match qui s’est donc joué «sur un lancer», selon Boucher. «Si on met le troisième, on gagne probablement 4-2 dans un filet désert. C’est souvent ce genre de but, moins beau, en séries et on demande à nos joueurs d’en essayer plus.»

Disant avoir eu «moins de passagers» que dans la victoire mercredi, Boucher a quand même lancé une pointe à son vétéran attaquant Pascal Laberge. Le matin même, il s’était d’ailleurs entretenu plus longuement avec l’espoir des Flyers de Philadelphie, à la suite de la courte séance d’entraînement.

«Pascal peut jouer mieux que ça, Pascal est un gars important en avantage numérique. On a des gars qui peuvent en donner un peu plus», a indiqué le patron des Remparts, sans avoir reçu de question spécifique sur son numéro 54.

De l’autre côté, l’entraîneur Jim Hulton ne souhaitait évidemment pas tirer de l’arrière 3-1 dans cette série quatre de sept. Pas de surprise là non plus sur l’allure des rencontres, où tout se décide pour ainsi dire sur un jeu ou deux.

«C’est comme un combat de boxe, il y a plusieurs rounds», a illustré Jim Hulton. «Sans être parfaits, on a trouvé une façon de gagner. On sait que contre gardien comme Samuel, on doit se donner toutes les chances, même si ce n’est pas toujours élégant. Et Welsh a été bien meilleur», a-t-il analysé.

Quant au succès de son unité d’infériorité numérique, Hulton aimerait surtout avoir à l’utiliser un peu moins.

Pendant que Welsh bloquait 24 rondelles, à l’autre bout, Samuel a fait de même sur 28 tirs.

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SANS LE COEUR DE L'ATTAQUE

Matthew Boucher

Charlottetown — Olivier Mathieu aurait peut-être préféré rester sur la quatrième ligne. Le petit numéro 11 a bien joué au sein du deuxième trio, vendredi soir, à Charlottetown, mais sa promotion signifiait aussi un gros manque pour l’attaque des Remparts.

«Je pense plus à l’équipe et l’absence de Philipp Kurashev nous a fait mal. Surtout au sein de l’avantage numérique. C’est lui qui dirige le jeu de puissance depuis quasiment deux ans, alors c’est sûr que sans lui, c’est plus difficile. Et il est notre premier centre, celui autour duquel on base notre attaque», a affirmé Mathieu, après le revers des siens.

Malgré ses 5’ 9” et 157 livres, Mathieu a néanmoins apporté davantage de robustesse aux côtés de Matthew Boucher et Olivier Garneau, un trio où personne ne dépasse 5’11”.

Officiellement, Mathieu a enregistré deux mises en échec. «Sans Mikaël Robidoux [dont la saison est finie à cause d’une blessure au genou], les mises en échec sont de moins en moins présentes dans notre jeu. On a été plus impliqués physiquement aujourd’hui, mais on n’a pas été pas assez opportunistes.»

Quant aux difficultés de l’attaque à cinq des Remparts, Mathieu a entre autres expliqué comment l’échec-avant des Islanders est «hors du commun» et difficile à contrer. «Ils nous attendent à quatre à la ligne bleue et aussitôt la rondelle se rend dans le fond de la zone, ils vont la chercher avec un joueur. C’est rare qu’on voit ça. Et ils ont un très bon désavantage numérique.»

Deux de trois

Son compagnon de trio et homonyme Olivier Garneau a bien résumé l’attitude à adopter à partir de ce point. «Maintenant, on prend ça comme une série deux de trois. On va aussi revenir à la maison [lundi] et de jouer devant nos partisans va nous donner une bonne énergie.»

Garneau estimait de plus que ses coéquipiers et lui n’avaient pas «tant mal joué». «Mais si notre jeu de puissance débloque, ça va aider. Ils sont vraiment agressifs sur les pointes, même en infériorité numérique. À nous de garder ça simple en amenant des rondelles au filet», a résumé l’ailier numéro 14.

Membre de l’équipe pour une quatrième année, Garneau a vécu les deux dernières années difficiles des Remparts et sait maintenant que le potentiel de victoire est de retour, au moins pour la première ronde.

Donc match samedi et retour à Québec pour au moins une rencontre, lundi soir, 19h, au Centre Vidéotron. Les billets sont déjà en vente pour ce match, qui sera le sixième entre Remparts et Islanders dans cette série huitième de finale. Si un septième et ultime duel est nécessaire, cela se fera aussi à Québec, selon la formule 2-3-2, mardi.

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Domino à l'attaque

Les Remparts étant privés vendredi de l’attaquant Philipp Kurashev, malade, l’ailier Olivier Mathieu a été promu du quatrième au deuxième trio, aux côtés de Matthew Boucher et d’Olivier Garneau. Louis-Filip Côté a pour sa part retrouvé la première unité avec Pascal Laberge et Gregor MacLeod, muté au centre en remplacement de Kurashev. L’absence de Kurashev a aussi permis le retour de la recrue Marc-Olivier Alain, qui réintégrait l’alignement après deux rencontres à observer le jeu des estrades. Défenseur naturel, on a plutôt utilisé Alain à l’aile droite de la quatrième ligne, avec Pierrick Dubé et Jérémy Laframboise. La seule ligne restée intacte pour amorcer le quatrième match a donc été celle qui a connu le plus de succès dans la victoire de mercredi, soit celle d’Andrew Coxhead, Jesse Sutton et Matthew Grouchy. Braeden Virtue et les joueurs affiliés midgets Gabriel Montreuil et Xavier Cormier n’étaient pas non plus en uniforme pour Québec. Chez les Islanders, Noah Massie et le Beauceron Nathaniel Doyon étaient encore laissés de côté.  Olivier Bossé

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Drôle de calendrier

Vendredi midi, au mi-temps de leur cinquième journée sur la route et presque 12 jours complets après la clôture du calendrier régulier, les Remparts n’avaient toujours disputé que trois manches de leur série 4 de 7 contre les Islanders de Charlottetown. La quatrième rencontre allait suivre quelques heures plus tard. Et le reste de la série de débouler presque aussi vite. Match 4 donc vendredi soir. Puis match 5 samedi après-midi (15h, heure locale), suivi du retour à Québec, c’est-à-dire près de 1000 km d’autocar. Pour revenir disputer les sixième et septième affrontements (si nécessaire) lundi et mardi soirs, au Centre Vidéotron. Après avoir combattu qu’une seule fois en quatre jours, les deux équipes pourraient donc ensuite jouer pas moins de quatre matchs en cinq jours. «On pourrait avoir besoin du respirateur artificiel!» illustre Philippe Boucher. Ce calendrier est surtout dicté par les disponibilités des deux arénas.  Olivier Bossé

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Une drag queen à la bibli

Avertissement : ceci n’a rien à voir avec le hockey. Mais comme les gens de Québec n’ont pas le monopole des bonnes idées, celle-ci pourrait en inspirer certains ou certaines. Mercredi matin, à la bibliothèque municipale de Charlottetown, plus de 80 personnes, enfants et parents, étaient réunies pour écouter Nicolas Whalen leur lire des histoires. Mais Whalen est personnificateur féminin. Il s’est présenté devant son public de futurs lecteurs de l’Île-du-Prince-Édouard vêtue d’une robe verte à paillettes et avec sa grosse perruque blonde bouclée sur la tête. C’est sous les traits de son personnage Whatshername qu’il a offert cette Drag Queen Story Hour, où la différence est à l’honneur. Cette idée d’une heure du conte animée par une drag queen serait née aux États-Unis et fait des petits entre autres au Canada, avec des séances aussi tenues dans les derniers mois à Toronto, à Halifax et à Edmonton.  Olivier Bossé