Une pétition récemment mise en ligne par l’Association étudiante de l’Université McGill a amassé jusqu’ici près de 10 000 signatures et permis la mise sur pied d’un référendum au sein de la population estudiantine sur l’opportunité de changer le nom des équipes masculines.

Les Redmen de McGill changeront-ils de nom?

MONTRÉAL — Ross Montour estime que le moment est venu pour l’Université McGill de changer le nom de ses équipes sportives.

Le chef du Conseil mohawk de Kahnawake a déclaré mercredi que la communauté amérindienne située dans la couronne sud de Montréal souhaite que McGill cesse d’utiliser le nom Redmen pour ses équipes sportives masculines. Son souhait pourrait être exaucé d’ici la fin de l’année, puisqu’une pétition récemment mise en ligne par l’Association étudiante de l’Université McGill (SSMU) a amassé jusqu’ici près de 10 000 signatures et permis la mise sur pied d’un référendum au sein de la population estudiantine sur l’enjeu vendredi.

«C’est le bon moment», a dit Montour. «C’est un signe encourageant. Le fait que la pétition existe et que des gens soient prêts à porter cette cause, ça me rend très heureux, vraiment. Je crois que la mentalité des gens a changé au fil du temps. Les gens se posent maintenant la question : “Vraiment, est-ce que c’est O.K.?”»

Les équipes masculines de l’Université McGill sont appelées les Redmen, alors que les équipes féminines portent le nom de Martlets, un oiseau héraldique anglais qui ressemble à un martinet.

Le nom Redmen remonte aux années 1920. Certains ex-étudiants considèrent que le nom fait référence aux uniformes rouges ou encore aux cheveux roux du fondateur écossais de l’université, James McGill, et non pas au terme péjoratif employé pour décrire les Amérindiens.

Logo à coiffe en plumes
L’histoire les contredit. Jusqu’aux années 1950, les équipes masculines et féminines étaient surnommées respectivement les Indiens et les Squaws. Plusieurs équipes sportives de l’Université McGill ont aussi utilisé un logo qui dépeignait un Amérindien portant une coiffe en plumes pendant les années 1980, mais l’institution l’a aboli en 1992.

«J’ai déjà entendu les arguments à l’effet que le nom est seulement attribuable à la couleur des uniformes, mais je crois que c’est assez faible», juge Montour. «Ça date d’une autre époque, quand c’était O.K. d’utiliser ce genre de nom.»

Après le référendum, qui se déroulera de vendredi à lundi, la SSMU prévoit de publier des lettres de soutien de groupes hors campus, avant que le vice-recteur exécutif aux affaires académiques de McGill, Christopher Manfredi, discute de cet enjeu avec un groupe de travail au début du mois de décembre. Une décision sera ensuite prise afin de déterminer si l’université devrait poursuivre le processus afin de changer le nom de ses équipes sportives.