Les propriétaires de studios d’entraînement déçus de ne pas pouvoir redémarrer

Ian Bussières
Ian Bussières
Le Soleil
Les membres de la Coalition des studios d’entraînement privés du Québec étaient déçus que leurs entreprises ne fassent pas partie de celles que le premier ministre François Legault a autorisées à redémarrer dans le plan qu’il a présenté mardi. D’autant plus, assure leur porte-parole Mathieu Dumontet, qu’ils ont en poche un plan visant à faire respecter les mesures de distanciation sociale par leur clientèle.

Les membres de la coalition, qui regroupe des studios d’entraînements et petits gymnases, mais n’inclut pas les gymnases à grande surface, auraient souhaité être inclus dans le plan du gouvernement. «Nous avions eu beaucoup de discussions avec les responsables des cabinets des ministres et on avait eu un bon feedback, c’est pour ça que nous sommes un peu déçus aujourd’hui», explique M. Dumontet, également propriétaire du studio Crossfit CapOp de Montréal, en entrevue avec Le Soleil.

«Nous sommes prêts à faire la distanciation sociale, à appliquer une norme de 150 pieds carrés par client et à contrôler l’achalandage par exemple à dix personnes l’heure ainsi qu’à imposer des mesures sanitaires comme le lavage des mains et la désinfection des installations», déclare M. Dumontet. «Dans de telles conditions, je crois que les mesures de distanciation sont plus faciles à appliquer chez nous que chez le coiffeur!», poursuit-il.

La coalition s’est inspirée des protocoles mis en place dans les gymnases des États-Unis et en Asie pour mettre en place le sien. «En Asie, ils avaient vécu le SRAS et ils ont eu la COVID-19 avant nous, alors leur protocole est bien en place. Le contrôle des foules y occupe une place importante», signale M. Dumontet.

Celui-ci ajoute qu’il ne se passe pas une journée sans qu’un client lui demande quand son studio va rouvrir. «Les clients rongent leur frein, surtout ceux qui n’ont pas d’équipement d’entraînement à la maison», poursuit-il. 


« Je crois que les mesures de distanciation sont plus faciles à appliquer chez nous que chez le coiffeur! »
Mathieu Dumontet, de la Coalition des studios d’entraînement privés du Québec

L'entraînement en ligne se dégonfle

Comme plusieurs autres établissements, celui de Mathieu Dumontet a développé des classes en utilisant le logiciel de vidéoconférence Zoom au début de la pandémie. «J’ai le même son de cloche dans la plupart des établissements qui ont fait la même chose. La clientèle en ligne a monté en flèche en début de confinement, mais le taux de participation n’est maintenant plus que 20 % de ce qu’il était», poursuit-il.

Comment expliquer cette diminution en un peu plus d’un mois seulement? «Je vais te citer ce que m’a dit un de mes clients : “Tu sais, m’entraîner entre ma table et mon comptoir de cuisine, c’est poche!”», réplique Mathieu Dumontet, qui ne regrette tout de même pas d’avoir développé les formations en ligne qui font maintenant partie de l’offre de plusieurs centres d’entraînement. 

Maintenant, les membres de la coalition espèrent que le gouvernement Legault leur annoncera de bonnes nouvelles au cours des prochains jours. «De notre côté, la discussion se poursuit avec le gouvernement. On comprend que le plan de reprise est un brouillon qui sera bonifié au fil du temps. Nous sommes des PME et les mesures que nous proposons, tout en garantissant la sécurité du personnel et de la clientèle, nous permettraient de continuer nos opérations.»

Mathieu Dumontet y va toutefois d’une mise en garde, indiquant que les entreprises comme la sienne devront faire face à une toute nouvelle réalité à leur réouverture. 

«On le voit avec les statistiques outre-mer, où certains établissements ont déjà rouvert leurs portes. Plusieurs gens avaient hâte à ce moment, mais on remarque aussi que la majorité des gens ont peur. Ainsi, seulement 50 % à 60 % des clients seraient prêts à revenir! L’industrie du studio d’entraînement vient de changer et il faut l’ajuster à la réalité du confinement. Heureusement, nos membres travaillent fort pour trouver des solutions», conclut-il.