Meilleur compteur de la LHPS, Xavier Martel, des Commandeurs du Collège de Lévis, se retrouve avec plusieurs options devant lui pour la suite de ses études et de sa carrière.

Les options de Xavier Martel

LÉVIS — Tous les chemins mènent à Rome, dit l’expression. Pour Xavier Martel, le Collège de Lévis se veut plutôt le point de départ d’une aventure dont il ne connaît pas encore la destination. Courtisé par le junior majeur, le collégial et des universités américaines, dont la prestigieuse Harvard, le meilleur compteur de la Ligue de hockey préparatoire scolaire (LHPS) se retrouve à un carrefour sur sa route de joueur étudiant.

Le joueur de 17 ans brille autant sur les bancs d’école que sur la patinoire. Premier de classe, premier marqueur, d’où l’embarras du choix pour celui qui a été ignoré deux fois au repêchage de la LHJMQ.

«J’avais toujours voulu être repêché junior majeur. Quand j’ai vu que ça n’arriverait, j’ai frappé un mur la première fois, mais j’ai rebondi. Je connais plusieurs gars qui le font, je pourrais jouer à ce niveau, et le fait de le savoir me convient. Maintenant, je peux aller ailleurs, des portes s’ouvrent devant moi», confiait le no 8 des Commandeurs, rencontré à l’Aréna 2 Glaces Honco de Saint-Romuald.

Un représentant de l’Université du Nebraska était en ville, cette semaine; en janvier, l’Université Harvard viendra à son tour. De réputés collèges canadiens le courtisent, bien qu’il ait signé une lettre d’intention à Lennoxville. Tout ça pendant que des équipes de la LHJMQ le découvrent.

«J’ai souvent dit aux dépisteurs qu’ils passaient à côté d’un bon joueur, mais ils le disaient trop petit [5’8”]. Plusieurs clubs s’intéressent à lui, présentement, mais il a plusieurs options. Et ça lui revient à 100 %, parce que personne d’autre n’a fait les efforts à l’école et sur la glace pour lui. Malgré sa déception, il n’a jamais baissé le bras», affirme l’ex de la LNH Claude Boivin, responsable du placement des joueurs, de la discipline et entraîneur de l’équipe M16 au Collège de Lévis.

Le pari des patins blancs

Martel s’aligne depuis deux ans avec le club M18 dirigé par Jean-François Savage, un ancien du Drakkar ayant joué en Europe. Avant son match de vendredi, il montrait une fiche de 17 buts et 39 points en 15 parties. Ses coéquipiers ont récemment souligné la récolte de son 250e point dans les couleurs de l’équipe.

Fils de Luc Martel, ex-lanceur, entraîneur-chef et dg dans le baseball junior élite, Xavier Martel a préféré le hockey au baseball à son entrée au secondaire et a ensuite poursuivi son association au Collège de Lévis au lieu de bifurquer dans la structure midget AAA de la Rive-Sud.

«En venant ici, je n’avais aucune idée où ça me mènerait. Je ne le sais pas plus, mais c’est le fun de voir les opportunités qui se présentent. Je veux jouer le plus longtemps possible, mais pour ça je dois avoir de bons résultats. Je suis aussi  “fru” quand j’ai une mauvaise note dans un examen que lors d’une défaite...»

Il ne se bombe pas le torse avec l’intérêt qu’il suscite. «Je ne vais pas m’en vanter, mais je suis fier de ça. Pour ma décision, je vais y aller avec ce que mon cœur me dit», souligne l’élève en cinquième secondaire dont la moyenne avoisine 90 % et qui songe à étudier en médecine.

Pour l’heure, Xavier Martel se libère du poids de sa réflexion en chaussant ses patins aux lacets noirs. Un pari amical l’obligera à en mettre des blancs lorsqu’il aura été trois matchs sans marquer.  À ce rythme, il ne les changera pas de sitôt.

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PLUSIEURS ANCIENS DE LA LNH ASSOCIÉS À LA LHPS

Un lien important unit les nombreux anciens joueurs de la LNH associés à la Ligue de hockey préparatoire scolaire : l’importance des études et les différentes possibilités où jouer au hockey.

«Notre but commun, c’est le développement des jeunes. On leur fait découvrir qu’il y a d’autres chemins. On ne brisera jamais leur rêve, qui est le même que celui que nous avions, mais aujourd’hui, il y a plusieurs avenues et c’est notre rôle de leur faire connaître», explique Claude Boivin. Le choix de première ronde des Flyers de Philadelphie (1988), qui a aussi joué avec les Sénateurs d’Ottawa, est l’un des nombreux anciens de la LNH impliqués dans la LHPS. On y retrouve, entre autres, les Mathieu Darche (président), Marc Denis, Daniel Marois, Pascal Dupuis, Denis Gauthier, Éric Desjardins, François Groleau, Stéphane Quintal, Roman Hamrlik, Stéphane Fiset, Frédéric Chabot.

Claude Boivin

«Ce qui arrive à Xavier [Martel], ça rayonne sur tout le programme, ça motive les autres joueurs. Avec le temps, on se rend compte que les mentalités changent. Avant, la ligue était plus négligée, maintenant, elle devient plus prisée», note Boivin, en pointant aussi vers le sentiment d’appartenance qui se développe en passant cinq ans au même endroit.

Bien que l’entraîneur-chef Jean-François Savage rappelle que «l’objectif n’est pas de mettre des bannières au plafond», la version m18 des Commandeurs a remporté les deux derniers championnats de la LHPS et le récent challenge présenté à Lévis. Il admet n’avoir jamais vu un tel intérêt envers l’un de ses joueurs.

Les Lynx du Collège Jésus-Marie, à Beauceville, sont les hôtes du week-end des étoiles de la LHPS depuis vendredi. Le match de la catégorie m18 aura lieu à 16h30, samedi, après celui amical impliquant les entraîneurs des différentes organisations.