Alain Côté, Marc Tardif et Dave Pichette se sont bien amusés lors du tournoi annuel des Anciens Nordiques, jeudi.

Les Nordiques se feront attendre, croit Pichette

Le retour du Fleurdelisé à Québec prendra plus de temps qu'espéré, croit le président des Anciens Nordiques, Dave Pichette. «Je pense que oui. [...] Ça ne sera pas l'an prochain, et je pense que ça va être dans plusieurs années», lance l'ex-défenseur.
Aucun doute, l'échec de Québecor dans sa tentative d'obtenir une franchise lors du processus d'expansion, il y a un peu plus d'un an, a laissé des traces dans la Vieille Capitale. L'enthousiasme est moins vigoureux qu'il y a 18 mois chez les amateurs. Et ça se sent aussi chez les anciens.
«Les gens sont un petit peu découragés, ils auraient aimé avoir un club au lieu de Vegas, ça fait longtemps qu'on est prêts», a dit Pichette, jeudi matin, avant le neuvième Omnium des Anciens Nordiques, disputé au club de golf Lorette.
Selon Pichette, les futurs Nordiques viendront du transfert d'une équipe en insurmontable difficulté. Les Hurricanes de la Caroline, les Islanders de New York et les Panthers de la Floride vivent tous, chacun à leur façon, des moments pénibles. Mais c'était aussi vrai de la formation de l'Arizona, il y a quelques années.
«La ligue a tout fait pour garder le club là», a-t-il souligné en parlant des Coyotes, jadis perçus comme candidats potentiels pour Québec. «Et elle va faire la même chose avec la Caroline, même si ce n'est pas rentable.»
Plusieurs personnalités étaient présentes jeudi lors du tournoi annuel des Anciens Nordiques.
Certaines des excuses données par la Ligue nationale pour refuser Québec sonnent bidons aux oreilles de Pichette. Particulièrement celle du déséquilibre des conférences, l'Association de l'Est, où évolueraient les futurs Nordiques, comptant déjà une formation de plus que celle de l'Ouest.
«C'est facile à arranger. Mais Québec n'est peut-être pas la priorité pour eux actuellement. [...] Si tu veux le faire, tu vas t'organiser pour que ça se fasse.»
Tardif optimiste
Son ancien capitaine Marc Tardif demeure malgré tout plus optimiste. Selon lui, les Nordiques seront de retour d'ici un à cinq ans, et ce par un processus d'expansion. «C'est sûr que si c'est un déménagement, il n'y a pas d'argent qui rentre dans les coffres de la ligue», souligne l'ancien attaquant-vedette du Canadien et des Nordiques, à qui les amateurs de hockey de Québec parlent beaucoup du retour éventuel de «leur» équipe. «Je pense que c'est une question de temps. [...] Espérons que ça arrivera.»
Les temps changent et ils changent vite, remarque aussi Tardif, prenant en exemple l'actualité récente dans la LNH. «Qui aurait dit, il y a cinq ou six ans, qu'il y aurait une équipe à Las Vegas? Qui aurait pensé ça?»
Une chose est sûre, le retour des Nordiques, disparus il y a 22 ans, amènerait du sang neuf aux Anciens, un groupe qui ne rajeunit pas. «Parce que là, on va être très, très anciens nous autres!» conclut Tardif en rigolant.
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NOTES : Le nouveau Golden Knights Jonathan Marchessault n'est nullement inquiet de voir son équipe échanger quelques bons défenseurs sélectionnés lors du repêchage d'expansion, comme Marc Methot et Alexei Emelin. «Je pense qu'ils prennent des décisions en fonction d'être bons dans l'avenir. C'est une bonne affaire», a dit l'ex-Remparts, jeudi, croyant malgré tout que Las Vegas sera «surprenant» dès sa première saison... Le tournoi des Anciens Nordiques a permis de remettre 75 000 $ à la Fondation Maurice-Tanguay pour les enfants handicapés.
Grigorenko absent pour être en Russie
Mikhail Grigorenko brillait par son absence, jeudi, au tournoi des anciens Nordiques. Selon une source bien informée, l'ancien Remparts a annulé sa présence à quelques heures d'avis, car il devait se rendre en Russie, où il poursuivra sa carrière dans la KHL.
La signature du contrat de l'athlète de 23 ans n'était toutefois pas encore officielle au moment de mettre sous presse, jeudi soir. Mais des rumeurs courent depuis quelques jours à l'effet qu'il paraphera une entente de trois ans avec le CSKA de Moscou. S'il ne revient pas dans la LNH, le 12e choix au total du repêchage de 2012 y aura inscrit 22 buts et 64 points en 217 matchs, au cours d'une carrière nord-américaine plus courte que prévu...
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Tanguay prêt à replonger dans le monde du hockey
«J'ai pu mal au dos et au cou quand je me lève le matin!» Voilà maintenant plus d'un an qu'Alex Tanguay a joué son dernier match dans la LNH. Après quelques mois difficiles, l'athlète de Sainte-Justine voit maintenant les aspects positifs de sa nouvelle vie. Comme celui d'un corps épargné par les contacts.
Malgré tout, «c'est sûr que je m'ennuie, parce que le hockey a toujours été une passion. Je m'ennuie beaucoup de la compétition, de m'en aller à l'aréna pour essayer de m'améliorer», reconnaît d'emblée l'ancien de l'Avalanche du Colorado et du Canadien de Montréal, entre autres.
Il est toutefois resté près de son sport favori. D'abord grâce à ses garçons, deux maniaques, avec qui il écoute les matchs à la télévision. Mais aussi par son nouvel emploi à NHL Network, à New York, où il est analyste à temps partiel depuis quelques mois.
«Ça me force vraiment à regarder toutes les équipes, à connaître les joueurs, à rester actualisé dans le monde du hockey. C'est sûr qu'éventuellement, je vais chercher à travailler pour une équipe», a affirmé c, en marge de l'Omnium de golf des Anciens Nordiques. Derrière le banc? Au deuxième étage? Il l'ignore pour l'instant.
Il a déjà fait quelques approches auprès d'organisations de la LNH, mais il n'est pas pressé. «Plusieurs dg m'ont dit que c'était bon de prendre un an ou deux après la fin de la carrière pour déconnecter un peu», raconte Tanguay, qui n'a eu aucun contact avec l'Avalanche depuis la fin de son aventure de neuf saisons en deux temps avec les (autres) anciens Nordiques, au printemps 2016.
Tanguay profite enfin d'un temps de qualité avec sa famille de trois enfants. Il goûte à la réalité d'un père à la maison. «D'aller les porter à l'école le matin, d'aller les chercher, c'est quelque chose que je n'étais pas habitué de faire. D'aller à toutes les pratiques de hockey, à toutes les pratiques de tennis... J'aime ça.»