Laurent Dubreuil conserve les Jeux olympiques de Pékin comme objectif à long terme. «À moins d’une blessure ou d’une perte de niveau, il n’y a aucune chance que j’arrête avant ça», assure le patineur, en discussion ci-dessus avec son entraîneur, Gregor Jelonek.

Les Mondiaux avant les JO pour Laurent Dubreuil

À quelques jours de s’envoler pour l’Asie et l’Europe afin de prendre part aux épreuves de la Coupe du monde de patinage de vitesse sur longue piste, Laurent Dubreuil vise les médailles sur 500 m, sa distance fétiche, et espère obtenir l’une des dix premières places sur 1000 m.

«Oui, j’y vais pour la médaille aux 500 m. Cependant, penser à une médaille sur 1000 m serait un peu utopique pour moi. Je n’ai pas les jambes pour gagner sur 1000 m, même si je me suis entraîné différemment, entre autres pour m’améliorer sur cette distance», a expliqué l’olympien mardi, au moment de reprendre l’entraînement au Centre Bruno-Verret de Saint-Étienne-de-Lauzon. 

«J’ai changé des choses pour m’améliorer sur 1000 m et devenir un sprinteur plus complet. J’ai fait plus d’intervalles que l’an passé. J’étais un peu tanné de faire trois ou quatre heures de vélo aux deux jours. Maintenant, je fais plus de course à pied avec des intervalles plus longs de quatre à cinq minutes et le résultat est excellent.»

En effet, aux derniers Championnats canadiens en octobre, il a remporté l’or sur les deux distances. «Ça a fonctionné, surtout aux 1000 m, une distance moins naturelle pour un sprinteur comme moi. J’ai réalisé l’un de mes meilleurs temps à vie, soit 1:08,48. Aux Championnats canadiens, mon stress était plutôt au niveau d’atteindre les standards du patinage de vitesse, car les conditions de glace n’étaient pas excellentes.»

Au moment d’amorcer un autre cycle olympique, le patineur de 26 ans repense à PyeongChang, où il a terminé 18e sur 500 m et 25e sur 1000 m, il y a quelques mois. «Juste après les Jeux, j’ai participé aux Championnats du monde de sprint et, dans ma deuxième course sur 500 m, j’ai terminé deuxième derrière le champion olympique Havard Holmefjord Lorentzen. Si seulement j’avais pu faire cette course aux Jeux olympiques...»

Celui qui n’aura que 29 ans lors des Jeux de Pékin conserve les JO comme objectif. «À moins d’une blessure ou d’une perte de niveau, il n’y a aucune chance que j’arrête avant ça. Cependant, pour l’instant, je préfère me concentrer sur d’autres compétitions plus rapprochées dans le temps, notamment les championnats du monde qui auront lieu en Allemagne en février.

Laurent s’envolera vers l’Asie, les Pays-Bas et la Pologne en compagnie d’étoiles montantes québécoises du patinage de vitesse masculin, les Antoine Gélinas-Beaulieu, Christopher Fiola, David Larue et Alexandre Boisvert-Lacroix, qui ont tous très bien figuré aux Championnats canadiens.

Vivement l’anneau

«Laurent va très bien présentement et les autres sont des jeunes qui figurent déjà parmi les meilleurs au Canada. Six des neuf Canadiens qui voyagent pour la Coupe du monde sont des Québécois», indique l’entraîneur Gregor Jelonek, qui estime que l’ouverture prochaine à Sainte-Foy d’un anneau de glace couvert pour le patinage de vitesse sur longue piste devrait faire augmenter davantage la popularité de ce sport au Québec.

«C’est certain que c’est plate, pas d’anneau, mais on s’entraîne un peu sur courte piste et on va à Calgary pour la longue piste. Ça brise un peu le beat psychologiquement par contre», explique Jelonek, qui était heureux de voir la construction du futur anneau de glace couvert débuter enfin en septembre. 

«Je pourrais regarder ça aller toute la journée! J’espère que ce sera prêt pour 2020. Pour les patineurs et pour l’entraînement, ça va tout changer. Ça va nous permettre de développer encore plus de jeunes, car plusieurs ne voulaient pas patiner à l’extérieur quand il fait -20°C ou quand il pleut. De plus, plusieurs patineurs sur courte piste voudront essayer la longue piste et les athlètes ne seront plus partis 100 jours par année dans l’Ouest.» Les deux seuls anneaux de glace couverts au Canada se trouvent à Calgary (Alberta) et à Fort St. John (C.-B.).

+

BÉATRICE ET NOÉMIE EN «NÉO-SENIOR»

Alors que Laurent Dubreuil participera aux épreuves de la Coupe du monde, Béatrice Lamarche et Noémie Fiset, de Québec, participeront à la Coupe du monde «néo-senior» en Pologne, à laquelle prennent part quelques patineurs juniors et certains qui en sont à leurs premières années chez les seniors. Béatrice, qui a remporté l’or au départ de groupe aux Mondiaux juniors, préfère parler de continuité plutôt que d’année de transition. «Je faisais déjà les compétitions canadiennes avec les seniors. J’aurais bien aimé me classer pour la Coupe du monde cette année, je suis passée très proche», explique la patineuse de 20 ans. Elle a maintenant l’œil sur la Coupe Canada 2, en janvier, qui servira de sélection pour les Mondiaux seniors.

Noémie, elle, entame la dernière année où elle pourra participer aux événements «néo-senior». «J’ai subi une arthroscopie de la hanche en mai et j’ai vraiment bien récupéré. Par contre, je n’ai pas réussi à m’entraîner comme je voulais avant le 5 août. J’ai donc un retard de plusieurs mois», indique l’athlète de 23 ans, qui vise une participation à la Coupe du monde l’an prochain et garde les yeux rivés sur les prochains J.O.