Simon Kean (14-0, 13 K.O.) a pris la mesure d’Ignacio Esparza (21-3, 14 K.O.) à 2 min 56 du cinquième round.

Les Mexicains se font taper sur la piñata

Vivement Braidwood! Simon Kean est dû pour un vrai adversaire. Le poids lourd de Trois-Rivières a mis le poing final à une fiesta mexicaine tout à l’avantage des boxeurs québécois, samedi soir, au Centre Vidéotron.

Dans une carte aux allures d’échange culturel Québec-Mexique, les locaux n’ont pas été tendres à l’endroit des visiteurs venus du pays de Julio Cesar Chavez. Les neuf boxeurs se sont fait taper sur la piñata et sont tous repartis avec un revers de plus à leur fiche.

Kean (14-0, 13 K.O.) a été le dernier à s’exécuter en prenant la mesure d’Ignacio Esparza (21-3, 14 K.O.) à 2 min 56 du cinquième round. Dans son cas, personne n’aurait été surpris d’en voir sortir des bonbons tellement l’adversaire de Kean s’est amené à Québec en surplus de poids.

Mais déjà la dernière cloche sonnée que Kean parlait d’Adam Braidwood (12-1, 11 K.O.), son prochain adversaire, au micro. «J’ai hâte de lui casser la gueule!» a clamé celui qui doit affronter le Britanno-Colombien le 16 juin.

Vincent Thibault (à gauche) a mis Arturo de la Cruz hors de combat à 2:29 du troisième round.
Clovis Drolet (à gauche) a obtenu une victoire par décision unanime des juges, qui l’ont favorisé dans chacun des six rounds contre Sergio de Leon.

Victoire pour Thibault et Drolet

Les produits de Québec Vincent Thibault et Clovis Drolet ont aussi livré la marchandise, devant quelque 4000 spectateurs qui scandaient leur nom à répétition. Thibault (4-0, 2 K.O.) a mis Arturo de la Cruz (5-9, 1 K.O.) hors de combat à 2:29 du troisième round, au grand plaisir des 250 membres du Team Tibo très audibles, dans la section 107.

Même si de la Cruz n’avait ni la tête ni le corps d’un boxeur d’élite, il offrait une cible mouvante à laquelle Thibault a mis deux rounds à s’ajuster. «À l’entraînement, on travaille la boxe, le physique et le mental, et ce soir, j’ai beaucoup sollicité le mental. J’entendais la foule crier et je ne peux pas dire que ça ne m’a pas déconcentré, mais j’ai pris de l’expérience», a expliqué l’athlète de Charlesbourg, qui passe dorénavant aux combats de six rounds.

De son côté, Drolet (6-0, 3 K.O.) avouait aussi avoir été plus nerveux pour ce premier combat professionnel dans sa ville natale. Le natif de Beauport a quand même sans difficulté obtenu une victoire par décision unanime des juges, qui l’ont favorisé dans chacun des six rounds contre Sergio de Leon (7-3, 1 K.O.).

L’assistance bruyante gagnée à sa cause lui a «donné du thrill», a-t-il admis après. Mais pas question pour lui de déroger de son plan. «Je l’ai chassé, mais intelligemment. J’ai fait six rounds et j’ai besoin de faire des rounds», a résumé Drolet.

Quand on lui a demandé s’il voulait se rebattre bientôt, il a répondu du tac au tac : «Demande à un cheval s’il veut de l’avoine!»

Le moment tendre de la soirée appartient à Éric Martel-Bahoéli, qui prenait sa retraite et n'a pu retenir quelques larmes en s'adressant aux spectateurs.
Martel-Bahoéli a vaincu le dodu Mexicain Hector Aguilar en 72 secondes.

Des adieux touchants

Le moment tendre de la soirée appartient à Éric Martel-Bahoéli (12-7-1, 8 K.O.), qui prenait sa retraite. Victorieux en 72 secondes aux dépens du dodu Mexicain Hector Aguilar (7-4, 5 K.O.), qu’un collègue journaliste soupçonne d’avoir suivi son camp d’entraînement au Buffet des Continents, le poids lourd barbu et tatoué de Québec n’a pu retenir quelques larmes en s’adressant du ring aux spectateurs, au micro.

La dernière année a été dure pour celui qui a subi une cuisante défaite en février 2017, avant de perdre son bon ami David Whittom, aussi boxeur. Whittom est décédé le 16 mars dernier des conséquences de son combat du 27 mai 2017, après lequel il avait été plongé dans le coma. Une minute de silence a d’ailleurs été observée en son honneur durant la soirée.

«J’ai perdu un frère, mais je sais que tu es avec nous ce soir. David, je t’aime! Je pense à sa mère, à sa sœur… Je veux vous dire un dernier salut et mon chum David aurait aussi aimé ça vous dire merci», a lancé le colosse, ému, après avoir été enlacé par son entraîneur de toujours et «deuxième père» François Duguay et avoir reçu une toile le représentant réalisée par l’un de ses élèves au gymnase, l’artiste-peintre Jean Gaudreau.

«L’année 2017 a été un cauchemar pour moi et plusieurs l’ont vu, je n’avais plus d’étoiles dans les yeux. Mais ce soir, je repars sur des bases solides pour le reste de ma vie», a-t-il indiqué, après ce qui constituait néanmoins sa première victoire en plus de trois ans.

Et si la piqûre du ring lui reprenait? «Ça vient de bien finir, il ne faut pas étirer la sauce. On ne la fera pas réchauffer au micro-ondes!» a illustré Martel-Bahoéli, toujours prompt à la rigolade malgré le moment solennel.

Arslanbek Makhmudov a mis 46 secondes pour l'emporter.
Mathieu Germain (à droite) a défait son adversaire au huitième round.
Nurzat Sabirov (à droite) l'a emporté au quatrième round.
Dave Leblond (à gauche) a été incapable de venger sa défaite d’octobre quand il s’est de nouveau incliné devant Whitney Baille, cette fois par décision unanime des juges.
Sébastien Roy (à gauche) a eu le dessus sur le Mexicain Rodolfo Lopez par décision unanime.
Kim Clavel a pris 43 secondes pour l’emporter.
Sadriddin Akhmedov a connu des débuts professionnels fracassants en 31 secondes et quatre coups de poing.

1 en 2 pour Thetford

Bon nombre de spectateurs venus de Thetford Mines pour voir deux de leurs concitoyens à l’œuvre ne sont pas repartis à moitié contents. Sébastien Roy (3-0, 1 K.O.) a eu le dessus sur le Mexicain Rodolfo Lopez (6-4, 4 K.O.) par décision unanime (40-36, 40-36 et 40-36).

Mais appelé à ouvrir le gala, son collègue du club de boxe de Robertsonville Dave Leblond (2-4) a toutefois été incapable de venger sa défaite d’octobre quand il s’est de nouveau incliné devant Whitney Baille (6-0, 2 K.O.), de Laval, cette fois par décision unanime des juges (60-54, 58-56 et 58-56).

La soirée de 11 combats qui s’annonçait longue a été raccourcie grâce à quelques victoires expéditives. Le nouveau Québécois d’adoption d’origine kazakhe Sadriddin Akhmedov (1-0, 1 K.O.) a entre autres connu des débuts professionnels fracassants en 31 secondes et quatre coups de poing.

Kim Clavel (3-0, 1 K.O.) a pour sa part pris 43 secondes pour l’emporter et le monstrueux Arslanbek Makhmudov (2-0, 2 K.O.), 46 secondes. Plus patients, Nurzat Sabirov (5-0, 5 K.O.), au quatrième round, et Mathieu Germain (14-0, 8 K.O.), l’heure G a sonné au huitième, sont parvenus au même résultat.

Un 12e combat était prévu avec la Longueuilloise Ariane Goyette, mais les tests médicaux de sa rivale ne se sont pas révélés assez concluants pour la Régie. Les débuts professionnels de Goyette devront donc attendre.