Raphaël Gladu aura joué une quinzaine de matchs avec les Aigles, avant que les Mets ne reviennent à la charge avec une offre que le Trifluvien ne pouvait refuser.

Les Mets rapatrient Raphaël Gladu

Trois-Rivières — Coup de théâtre chez les Aigles, samedi à Ottawa, alors que Raphaël Gladu a reçu un appel de l’organisation des Mets de New York. L’équipe qui a repêché le Trifluvien en 2017 lui offrait de revenir dans les rangs affiliés, une proposition que Gladu a acceptée avec joie.

Lundi matin, l’athlète qui fêtera ses 24 ans dans quelques semaines prendra l’avion en direction de la Floride, où il rejoindra les Mets de St. Lucie, un club de réserve du niveau A fort pour lequel il avait joué le temps d’une vingtaine de matchs, en 2018.

Son bon début de saison avec les Aigles de Trois-Rivières dans la Ligue Can-Am a incité les New-Yorkais à lui passer un coup de fil. Le voilà donc de retour dans l’entourage des jeunes Mets, ceux qui aspirent un jour, comme Gladu, à évoluer dans le Baseball majeur. Là-bas, il devrait pouvoir jouer tous les jours.

«Je ne pouvais pas dire non, c’est une occasion rêvée pour moi», s’emballe le frappeur gaucher, rejoint par Le Nouvelliste dimanche soir, alors que les Aigles revenaient d’un voyage de trois jours à Ottawa.

On se souviendra qu’à la fin de l’hiver, Gladu avait pris la décision de quitter les Mets, insatisfait du plan de match établi par l’organisation pour lui. «Ils souhaitaient que j’intègre leur équipe de pratique pendant au moins deux mois. Moi, ça ne m’intéressait pas, j’aurais presque haï ma vie si j’avais opté pour ça! Ce que je veux, c’est jouer au baseball et à ce moment, les Aigles m’offraient quelque chose de super intéressant.»

Avec une moyenne au bâton de ,291 et six claques de plus d’un but en 14 parties, Gladu s’imposait comme l’un des meilleurs joueurs de l’équipe jusqu’ici.

C’est-à-dire de devenir un professionnel du baseball dans sa ville natale, devant ses parents et ses amis. Or, il n’a pas déçu. Malgré la pression engendrée par son arrivée à Trois-Rivières, Gladu s’est imposé comme l’un des meilleurs frappeurs des Aigles en ce début de campagne.

En 14 parties, il a maintenu une moyenne au bâton de ,291. Il a marqué 14 points, claqué six coups sûrs de plus d’un but et a présenté une bonne moyenne de présence plus puissance de ,786. De plus, Gladu a été constant au bâton autant dans les matchs présentés à domicile que sur la route. Il était l’un des rares frappeurs de son équipe à connaître un certain succès face aux lanceurs gauchers. Comme premier frappeur, il a montré une moyenne au bâton de ,333. Dans les derniers jours, il a parfois joué de malchance en voyant plusieurs de ses balles, frappées avec autorité, terminer dans le gant des voltigeurs.

Bref, le gérant T.J. Stanton perd un joueur clé et les Aigles, un ambassadeur en devenir.

«J’ai été très bien traité chez les Aigles, je ne regrette pas d’avoir dit oui à leur offre au printemps. T.J. est heureux pour moi, les coéquipiers également. C’est certain que je continuerai à suivre l’équipe, même quand je serai avec les Mets à St. Lucie. J’ai bon espoir que les gars retrouvent leur confiance, qu’ils auront du succès. C’est une bonne équipe.»

Sous le choc, mais fiers

Les Aigles ont évidemment des sentiments partagés face à cette nouvelle. S’ils sont heureux de voir le favori local retourner dans les rangs affiliés, ils perdent aussi un important atout dans un moment critique, au cours d’une séquence très difficile.

«Raphaël s’est rapidement adapté au calibre de la Ligue Can-Am, pas mal plus vite que je l’anticipais», affirme le directeur général René Martin. «On comprend maintenant qu’il a toujours eu la même passion pour le baseball, il était simplement déçu face à l’absence de garantie des Mets à la fin du camp d’entraînement. Il faut croire qu’il a réussi à les séduire avec ses statistiques. C’est bien mérité. Sauf que pour nous, ça fait très mal.»