Jean-Serge Lafleur, deuxième à partir de la gauche, est entouré de ses compagnons de pickleball Gilles Gadbois, Bruno Lortie, Pierre St-Jacques et Roch Racine. À la fin d’août, il se rendra sur le Vieux Continent pour participer aux tout premiers Internationaux de France de pickelball.

Les maîtres du pickleball

Il a déjà été l’un des piliers du racquetball, à Québec. Quelques années se sont ajoutées au compteur de la vie depuis, mais Jean-Serge Lafleur reste aussi passionné par le sport. À la fin du mois d’août, il s’envolera pour l’Europe afin de participer à la première présentation des Internationaux de France de pickleball.

Ou encore, comme le disent si bien les cousins, pour prendre part au «French Open». Il s’est inscrit à l’épreuve de double chez les 60-65 ans avec son bon ami Joël Gilles, ancien professionnel de racquetball, au Québec, qui est retourné vivre dans son pays d’origine il y a plus de 15 ans. Le sport permet aussi ce genre de retrouvailles amicales!

«On n’avait pas fait notre tournoi de racquetball en double à 35 ans, alors on se reprend. Ça ne m’intéressait pas de jouer en simple, mais quand j’ai vu qu’il y avait la catégorie en double, j’ai pensé à Joël. Je vais me rendre là-bas deux semaines avant le tournoi, on va pratiquer ensemble, on a même réquisitionné un pro de tennis pour nous donner des conseils», raconte le sportif de Beaupré.

La compétition disputée à Fayence, dans le Var (un département français dans la région de Provence-Alpes-Côte d’Azur) était un prétexte pour parler de pickleball, sport qui prend de l’essor. Le jeune Club de pickleball Côte-de-Beaupré compte déjà 65 membres, qui profitent d’installations à l’extérieur comme à l’intérieur.

Le journaliste et le photographe du Soleil ont d’ailleurs eu droit à une leçon, dans les deux sens du terme, avec Jean-Serge Lafleur et ses complices du jour, Roch Racine, Pierre St-Jacques, Bruno Fortin et Rolland Gadbois, l’administrateur du club en question.

«On fait ça pour s’amuser. Je ne connaissais pas ça, mais je l’ai essayé et je l’ai adopté. Moi, avant, je faisais du vélo, c’est moins dangereux et ça me garde tout aussi en forme. Du sport où tu ne fais pas d’effort, ça n’existe pas», explique M. Racine, notre partenaire de jeu pour l’essai.

Le pickleball est un sport qui ne requiert pas de puissance ou de vitesse. Il est un dérivé des sports traditionnels de raquette, comme le tennis, le racquetball et le badminton, terrain sur lequel il est généralement pratiqué. Sa balle en plastique est trouée et ne rebondit pas jusqu’à vous, il faut aller à sa rencontre.

«Il s’agit du sport le plus en effervescence aux États-Unis. Il se pratique à tous les âges, il est très populaire chez les personnes plus âgées. C’est facile de frapper la balle, de l’attraper. Il faut la laisser tomber au sol sur les deux premiers coups, c’est pour ça que le jeu est plus lent et pas trop dur sur les articulations. Ça prend une bonne technique, par contre», explique Jean-Serge Lafleur, qui a «importé» ce sport sur la Côte-de-Beaupré après l’avoir découvert en Floride, il y a une dizaine d’années.

Nouveaux terrains

La récente époque où les joueurs de pickleball de son coin pouvaient n’utiliser qu’un seul terrain à raison d’une heure et demie par semaine, à Saint-Ferréol-les-Neiges, est révolue. Ses compagnons et lui ont réussi à convaincre le conseil municipal de Beaupré d’offrir des terrains pour le pratiquer. Le parc des Goélands de Beaupré sera bientôt doté de quatre nouveaux terrains de pickleball.

«Il y a eu un boum dans le racquetball à la fin des années 80, il y avait plein de monde qui jouait. Je vois la même chose avec le pickleball, sauf qu’un terrain ne coûte pas 100 000 $ comme c’était le cas pour un court», mentionne celui qui a déjà affronté trois champions du monde de racquetball, à l’époque.

On avait l’impression de se mesurer à un champion, ce vendredi après-midi, au Centre multifonctionnel de Beaupré, qui a ouvert ses portes en 2016.

«On oublie souvent de parler des bienfaits de l’activité physique. Nous avons un membre de tous près de 70 ans qui a perdu 35 livres en jouant au pickleball. C’est un sport qui fait bouger les gens, qui peut être pratiqué pour le plaisir. Et les plus compétitifs peuvent aussi y trouver leur compte», dit celui qui préfère les matchs de double à ceux de simple. Encore plus lorsque le niveau de jeu l’amène à se dépasser.

«Pendant 18 ans, j’ai joué au racquetball tous les jours. J’ai retrouvé le même plaisir avec le pickleball. Quand tu marches, tu penses, quand tu remontes la gondole en ski, tu penses. Au pickleball, tu ne penses à rien d’autre que de frapper la balle», ajoute Jean-Serge Lafleur en riant.

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UN SPORT À DÉCOUVRIR

Le pickleball n’est pas seulement un jeu, car pour Jean-Serge Lafleur et ses compagnons, il permet aussi de conserver et de développer des liens d’amitié. «Il y a tellement de monde qui ont joué au racquetball en même temps que moi, ils vont dire : il est encore actif, lui… Ils vont aussi peut-être avoir l’idée d’essayer le pickleball», dit-il entre deux coups de raquette.

Via la page Facebook Pickleball Chez Vous, il s’offre même pour faire découvrir à la maison ce sport aussi baptisé «tennis léger», en France. «Le pickleball est un sport accessible, qui n’est pas violent, où l’on sert par en dessous avec un bond. Tout le monde peut jouer à ça», précise celui dont l’unique but derrière son initiative est de voir le monde bouger tout en faisant connaître ce sport.