Le champ intérieur des Blue Jays de Toronto pourrait bientôt comporter des noms familiers, alors que Vladimir Guerrero Jr et Bo Bichette (deux premiers à partir de la gauche) cognent à la porte des grandes ligues.

Les losanges envahis par des noms familiers

DUNEDIN, Flo. — Le match de samedi entre l’équipe divisée des Blue Jays de Toronto et l’équipe canadienne junior aurait pu être surnommé le «Match des héritiers».

Dans l’alignement partant des Jays, on retrouvait des dénommés Clemens, Biggio, Bichette, Guerrero, Grudzielanek et Smith.

Mais leurs prénoms n’étaient pas Roger, Craig, Dante, Vladimir, Mark et Dwight, mais bien Kacy, Cavan, Bo, Vladimir Jr, Brandon et Dwight Jr.

Du lot, seul Brandon Grudzielanek n’est pas le fils d’un ancien des majeures, mais il est quand même le neveu de l’ancien arrêt-court des Expos.

Du côté de l’équipe canadienne, un certain Braden Halladay, le fils de Roy Halladay, a lancé la huitième manche. 

«Nous avons tous grandi avec la pression qui accompagne notre nom de famille», avoue Kacy Clemens. «Et nous pensons tous de la même façon, c’est-à-dire que nous tentons de tracer notre propre chemin vers les grandes ligues.»

«C’est quand même cool de constater que notre champ intérieur est formé de fils de légendes du baseball», souligne de son côté Cavan Biggio, qui, comme son père Craig, gobe des roulants au deuxième-but.

Clemens, Biggio, l’arrêt-court Bo Bichette et le troisième-but Vladimir Guerrero Jr ont bouclé la rencontre avec une fiche combinée de 8 en 14, avec sept points produits et sept points marqués dans le gain facile de 11-3 des Blue Jays.

«C’était quand même surréaliste d’assister à ça», s’émerveille le jeune Halladay, 17 ans, dont le célèbre père est décédé le 7 novembre dernier dans l’écrasement de son avion. «Je suis arrivé ici dans le but de profiter pleinement du moment», ajoute celui qui a reçu une ovation de la foule après avoir lancé une manche parfaite.

Pas de pression

Contrairement à Kacy Clemens, Cavan Biggio dit ne pas ressentir le poids de porter le nom de son père dans le dos de sa chemise. 

«C’est très utile de pouvoir faire appel à ses conseils. Quand j’étais petit, je ne voulais pas jouer au deuxième-but, mais le sort a voulu que je me retrouve à cette position», constate celui qui célébrera son 23e anniversaire le 11 avril. 

Clemens, lui, a suivi le chemin inverse. Après avoir été repêché comme lanceur — la position à laquelle son père a remporté 354 victoires —, il a dû se transformer en joueur de premier-but en raison de maux de bras. Interrogé sur la situation inusitée de samedi, le jeune homme de 23 ans se prend à rêver que tous ces fils de vedettes forment un jour le champ intérieur régulier à Toronto.

«Ce serait incroyable qu’une telle chose se produise», dit-il. 

Et ce jour n’est pas peut-être pas si lointain, si l’on se fie aux paroles élogieuses qu’a prononcées l’as de la rotation des Blue Jays, Marcus Stroman. Il croit en effet que Guerrero et Bichette sont prêts à faire le saut dans les grandes ligues dans un avenir très rapproché. 

«Honnêtement, je me sentirais confortable immédiatement de lancer avec Bo [Bichette] et Vladdy [Guerrero] derrière moi», a déclaré Stroman. «Je crois qu’ils peuvent déjà nous aider. Ces jeunes ont un talent vraiment spécial.»