Morgan Reilly met en échec Andrew Shaw en première période du match de samedi entre Toronto et Montréal. Le défenseur et ses coéquipiers des Maple Leafs ont encore espoir de participer aux séries, ce qui est inhabituel pour eux à ce temps-ci de la saison.

Les Leafs encore dans le coup

Seulement cinq joueurs des Maple Leafs étaient là la dernière fois que Toronto avait vaincu le Canadien, le 18 janvier 2014. Le jeune défenseur Morgan Rielly est de ceux-là. Le dernier match significatif entre les deux équipes remonte toutefois à plus loin encore.
«Depuis que je suis ici, c'est le match le plus significatif qui se soit joué entre Toronto et Montréal», estimait d'ailleurs Rielly avant l'affrontement contre le Canadien. C'est dire à quel point les choses ont changé pour le mieux à Toronto. C'est la fin février et les Leafs sont encore dans le coup.
«Ça fait changement», convenait le vétéran Leo Komarov en matinée. «Tous les matchs sont importants en ce moment. Nous n'avons pas à nous soucier de qui se fera échanger ou de quoi la formation aura l'air. Nous avons une chance de faire les séries et c'est beaucoup plus plaisant.
«On est moins investi quand on n'est plus dans la course et qu'on joue les matchs pour se rendre à la fin», a ajouté le Finlandais de 30 ans. «Des rencontres comme celle-ci sont plus fatigantes et plus difficiles parce que chaque défaite rend la victoire au match suivant plus importante. Ça aide d'avoir de jeunes joueurs, car ils nous apportent beaucoup d'énergie.» 
À Toronto, les noms d'Auston Matthews, Mitch Marner - blessé à l'épaule, il ratait samedi un cinquième match consécutif - et William Nylander sont sur toutes les lèvres. Avec raison : ce sont les nouveaux visages des Leafs et ceux qui font rêver les amateurs.
«Leur présence et le genre de saison qu'ils connaissent ont réénergisé notre équipe», a reconnu Nazem Kadri, vendredi. «C'est assez épeurant d'imaginer ce que ce sera lorsque tout le monde contribuera en même temps. On sera une équipe difficile à battre.»
Quelques «déraillements»
Le plan de relance des Leafs fonctionne à merveille et leurs assises semblent solides. Tout récemment, l'équipe n'a récolté qu'une seule victoire en cinq matchs, mais sa confiance n'a pas vacillé pour autant. «Dans le passé, une séquence comme celle-là aurait pu être suffisante pour nous faire dérailler», a admis Kadri. «Maintenant, nous avons une structure et nous avons tous nos coéquipiers pour nous replacer sur la bonne voie.»
Les cinq dernières années des Leafs ont en effet été marquées par quelques «déraillements». Cela a commencé en mars 2012 avec «un 18 roues tombé dans le ravin». Assis dans la salle de conférence de presse du Centre Bell, c'est ainsi que Brian Burke - le dg de l'époque - avait illustré l'effondrement des Leafs en annonçant le renvoi de l'entraîneur-chef Ron Wilson et l'arrivée de Randy Carlyle.
Puis il y a eu le mirage du succès : une présence en séries l'année suivante, la seule des Leafs en 11 ans. Ça s'est terminé de cruelle façon lorsqu'en avance 4-1 dans le septième match de leur série de premier tour, ils ont vu les Bruins de Boston combler le déficit en fin de troisième période et arracher la victoire en prolongation.
En 2014, la glace a de nouveau cédé sous leurs pieds. Les Leafs s'étaient maintenus au troisième rang de l'Est jusqu'à la mi-mars et étaient en train de confondre les détracteurs de Carlyle... jusqu'à ce qu'ils perdent 12 de leurs 14 derniers matchs. C'est après cette saison-là que Brendan Shanahan a pris la présidence de l'équipe et annoncé une reconstruction complète.
Kadri a vécu tout ça. Depuis le «18 roues» jusqu'à l'embellie d'aujourd'hui. «Ça a été beaucoup d'adversité à traverser», a reconnu l'attaquant de 26 ans. «On a dû persévérer, mais je pense que ça a fait de nous de meilleurs joueurs et de meilleures personnes. À un certain moment, les choses n'auraient pu être pires qu'elles l'étaient...»