Cette saison, Jonathan Marchessault (au centre) a donné raison aux Golden Knights d’avoir cru en lui, faisant au passage mal paraître les Panthers, qui ne l’avaient pas protégé au repêchage de l’expansion.

Les Knights ont touché le gros lot avec Marchessault

WINNIPEG — Jonathan Marchessault a été laissé sans protection par les Panthers de la Floride, qui pensaient que la saison qu’il venait de connaître était de la frime. Quelle erreur!

Les Golden Knights de Vegas ont profité du fait que le natif de Cap-Rouge était libre comme l’air pour l’ajouter à leur formation, et ce dernier a bien répondu : en saison, il a récolté 75 points, dont 27 buts, en 77 rencontres et il mène l’équipe en séries avec 6 buts et 15 points. 

Le petit attaquant de 5’9’’ a été le moteur de l’attaque des Knights, lundi, en inscrivant deux buts pour permettre à l’équipe d’expansion de l’emporter 3-1 pour créer l’égalité 1-1 dans la série finale de l’Ouest, qui se poursuivra à Las Vegas mercredi (21h). 

«Oui, je suis vraiment satisfait de mon jeu», a déclaré Marchessault. Visiblement, les décideurs en Floride ne l’étaient pas, eux qui ont d’une certaine façon renoncé à un joueur qui venait de marquer 30 buts et dont le contrat encore valide pour une saison leur aurait coûté 750 000 $, une aubaine.

«J’ai été surpris de leur décision», a admis Marchessault. «Je venais de connaître une très bonne saison. Je crois que j’étais un des quatre meilleurs attaquants de l’équipe, mais ils voyaient les choses autrement. Dans mon cas, ç’a été comme ça pendant toute ma carrière. 

«Après avoir appris que je serais laissé sans protection, j’ai vraiment souhaité que Vegas me choisisse. Tant mieux, ils l’ont fait.»

Décision facile

La surprenante formation du Nevada, elle, n’a pas perdu de temps pour reconnaître que les succès de Marchessault n’étaient pas le fruit du hasard. Lorsque ce dernier menait la colonne des pointeurs du club, début janvier, les dirigeants ont choisi de lui offrir une prolongation de contrat de six ans d’une valeur de 30 millions $. L’attaquant aurait pu refuser et attendre le 1er juillet pour tester le marché des joueurs autonomes, où il aurait été convoité, mais il a choisi de demeurer avec l’équipe qui a cru en lui. 

«Ça n’a pas été une décision difficile», lance l’ex-Remparts. «Quand ils m’ont dit qu’ils voulaient me garder à long terme, j’étais heureux, car je recherchais la stabilité. Je me suis beaucoup promené depuis le début de ma carrière chez les pros. J’en avais assez, je voulais juste m’acheter une maison et m’installer.»

Le déclic

En effet, la carrière de Marchessault a été ponctuée de voyages, lui qui, ignoré au repêchage, a ensuite trimbalé son baluchon dans les organisations des Blue Jackets, du Lightning et des Panthers. Avant 2016-2017, sa première saison complète dans la LNH, il n’avait disputé que 49 matchs dans le circuit Bettman.

Puis, tout a débloqué pour le joueur de 27 ans. Son entraîneur semble savoir pourquoi. 

«La première fois que j’avais vu joué ‘‘Marchy’’, c’était un joueur habile, mais qui demeurait en périphérie. Il ne se battait pas pour la rondelle», explique l’entraîneur des Golden Knights, Gerard Gallant, qui a dirigé Marchessault en Floride avant d’être congédié le 27 novembre 2016. «S’il est devenu le joueur qu’il est maintenant, c’est qu’il s’implique davantage, qu’il est vraiment plus compétitif. Il n’a pas peur d’aller dans le trafic pour marquer. Il est petit, mais ça n’a pas d’importance.»

Après la défaite des Golden Knights dans le premier match, Marchessault n’avait pas hésité à dire que l’équipe devait rebondir pour gagner à tout prix le match numéro 2. En plus de parler, il a pris les choses en mains avec ses deux buts. 

«Quand tu déclares devant les médias que tu te dois d’être meilleur, je crois que tu dois ensuite agir et prêcher par l’exemple. J’ai juste tenté de respecter ma parole.»