Les Coyotes pourraient avoir à plier bagages. Selon le journaliste Darrell Jackson, des rumeurs courent à l'effet qu'il y aurait eu des rencontres entre les dirigeants de l'équipe et des hommes d'affaires de Portland, en Oregon et Seattle, dans l'État de Washington.

Les jours des Coyotes sont comptés, dit un journaliste de Glendale

Les Coyotes de l'Arizona quitteront le désert d'ici quatre ans pour le nord-ouest des États-Unis ou le Canada. C'est l'avis du journaliste sportif Darrell Jackson, qui a mis au jour lundi le dernier scandale entourant l'équipe moribonde qui n'en finit plus de faire la manchette.
Deux mille cinq cents courriels. C'est la masse d'informations que le journaliste sportif Darrell Jackson, du Glendale Star, a dû passer au peigne fin pour mettre la main sur le message qui a mis le feu aux poudres lundi dernier. Un courriel qui a mené le maire de Glendale, Jerry Weiers, à porter plainte au procureur général de l'Arizona, puisqu'il contient selon lui la preuve que des discussions illégales entourant la conclusion de l'entente pour garder les Coyotes en Arizona ont eu lieu quelques jours avant le vote. Si sa requête est entendue, le vote pourrait être invalidé.
Jeudi, on attendait toujours des nouvelles du bureau du procureur général qui n'a pas encore statué sur le cas. Mais le tout pourrait bien aussi se jouer sur le front politique, selon lui, parce que deux conseillers sur sept partent à la retraite en août: Yvonne Knaack et Manny Martinez. Tous les deux avaient voté pour l'entente. S'ils sont remplacés par au moins un conseiller qui s'y oppose, «les élus qui étaient contre vont rouvrir l'entente, ils vont rouvrir les négociations avec IceArizona. Ils pensent que c'est mieux pour la Ville financièrement d'essayer de négocier une nouvelle entente ou de laisser partir les Coyotes», a confié Darrell Jackson au Soleil, lors d'un entretien téléphonique.
Situation financière difficile
La situation financière de la Ville est effectivement très précaire. «Le budget ici est un désastre. On m'a dit à l'interne qu'on envisageait de déclarer faillite. D'ici cinq ans, la municipalité aura un déficit accumulé de 80 millions $», rapporte le journaliste sportif, qui croit que les Coyotes n'en ont pas pour très longtemps dans le désert de l'Arizona.
D'autant qu'il existe une clause dans l'entente signée entre Glendale et IceArizona, qui permet à cette dernière de mettre fin à l'entente après cinq ans si son déficit accumulé atteint 50 millions $ ou plus. L'an dernier, l'équipe a perdu de 15 à 18 millions $. Et les propriétaires prévoient que la saison 2014-2015 ne sera guère mieux.
«Selon moi, ils seront partis dans quatre ans. Même s'ils avaient gagné cinq coupes Stanley, j'ai le sentiment qu'ils auraient quand même dit qu'ils perdaient de l'argent. Je pense qu'à long terme, ils veulent aller soit dans le nord-ouest du pays, soit au Canada», lance-t-il sans détour.
Le journaliste a d'ailleurs été informé de rumeurs entourant des rencontres entre les dirigeants des Coyotes et des hommes d'affaires de Portland et de Seattle. «Au cours des six à huit derniers mois, ils ont regardé du côté du Rose Garden de Portland [Moda Center] et du côté de Chris Hansen, à Seattle. La rumeur veut qu'ils aient abordé la proposition de déménager l'équipe.»
Chris Hansen est un homme d'affaires de Seattle qui détient une entente avec la Ville pour financer en partie un amphithéâtre qui pourrait accueillir à la fois la NBA et la Ligue nationale de hockey (LNH). Mais il a répété à maintes reprises qu'il souhaitait d'abord faire l'acquisition d'un club de basketball. En mai, le commissaire de la Ligue nationale de hockey, Gary Bettman, et son adjoint, Bill Daly, avaient causé tout un émoi en se présentant en personne à Seattle pour y rencontrer les autorités de la Ville. Selon plusieurs observateurs, ce geste lourd de sens démontre que la LNH est très déterminée à implanter une équipe de hockey dans la ville de la côte ouest américaine.