Les joueurs de la LNH sont habitués aux rugissements de la foule, aux huées, à l'intensité, à l'énergie, aux changements de dynamique soudains qui sont habituellement associés aux amphithéâtres remplis à capacité.
Les joueurs de la LNH sont habitués aux rugissements de la foule, aux huées, à l'intensité, à l'énergie, aux changements de dynamique soudains qui sont habituellement associés aux amphithéâtres remplis à capacité.

Les joueurs de la LNH se font à l'idée de jouer à huis clos

Comme la plupart des amateurs de sport à la recherche de quelque chose, n'importe quoi, à se mettre sous la dent depuis le début des mesures de confinement et de distanciation sociale ce printemps, Darnell Nurse s'est laissé tenter par le documentaire Netflix The Last Dance.

Ce documentaire offrait un accès inédit aux coulisses de la dernière campagne de la dynastie des Bulls de Chicago, qui ont dominé la NBA pendant la majeure partie des années 90.

Ce qui a frappé Nurse, c'est la manière dont Michael Jordan parvenait à se convaincre lui-même des failles - réelles ou imaginaires - de ses adversaires comme source de motivation pour hausser son niveau de jeu d'un cran supplémentaire.

Et puisque la LNH espère relancer ses activités dans des amphithéâtres vides cet été, le défenseur des Oilers d'Edmonton s'est mis à réfléchir.

«On voit la philosophie (de Jordan)... il crée son propre environnement, sa propre fougue, a dit Nurse. Je crois que nous serons tous confrontés à ce genre de situation (cet été).

«Il faudra qu'on crée notre propre source de motivation», a-t-il ajouté.

Les joueurs de la LNH sont habitués aux rugissements de la foule, aux huées, à l'intensité, à l'énergie, aux changements de dynamique soudains qui sont habituellement associés aux amphithéâtres remplis à capacité.

La pandémie de la COVID-19 effacera tout ceci, du moins à court terme.


« Il faudra qu'on crée notre propre source de motivation »
Darnell Nurse

Si la ligue, qui doit encore surmonter plusieurs obstacles avant d'espérer compléter la saison 2019-20, est en mesure de présenter un tournoi à 24 équipes et éventuellement une série finale de la Coupe Stanley, alors elle le fera devant des milliers de bancs vides.

Les enjeux seront aussi élevés, mais les joueurs pourraient devoir miser sur leur créativité pour se motiver.

«Ce sera une situation unique, a admis le capitaine des Maple Leafs de Toronto John Tavares. Il faudra être ouvert d'esprit et être conscient que tout ce que nous connaissions jusqu'ici sera très différent. Il faudra éviter d'être distraits par ça, garder notre esprit concentré sur les choses que nous pouvons contrôler.

«Ce qui se produira sur la patinoire, ce sera comme à l'habitude», a-t-il poursuivi.

«Villes-bulles»

Le circuit Bettman, qui a interrompu ses activités à cause du coronavirus en mars, espère pouvoir entamer ses camps d'entraînement à compter du 10 juillet. Si les choses se déroulent normalement et de manière sécuritaire - et que la ligue obtient le feu vert des instances sanitaires et gouvernementales -, alors l'objectif sera de présenter un tournoi à 12 équipes dans deux «villes-bulles» différentes.

«Ce ne sera jamais plus pareil, ça ne fait aucun doute, a confié le capitaine des Oilers d'Edmonton Connor McDavid. C'est triste, honnêtement, mais nous devons l'accepter pour recommencer à jouer au hockey. Je suis certain que les partisans hurleront dans leur salon.

«C'est triste, mais il faut qu'on fasse ce qu'on a à faire», a-t-il poursuivi.

Nurse a rappelé que même si la situation est inédite, il ne devrait pas être nécessaire de développer une obsession similaire à celle de Michael Jordan pour avoir hâte de prendre part aux matchs.

«Tu joues pour la conquête de la coupe Stanley, a-t-il martelé. Il y a d'énormes défis. Certes, beaucoup de choses ne sont pas idéales... mais nous vivons dans ce monde-ci. Et le monde traverse une crise présentement.

«Tu peux toujours considérer tout ce processus comme un autre défi à relever», a-t-il conclu.