Patineur de vitesse longue piste, Philippe Marois a renoué avec son sport en devenant officiel, un travail qui lui permettra peut-être de retourner aux Jeux Olympiques.

Les JO de nouveau dans la mire de Philippe Marois

Presque 15 ans après avoir accroché ses lames, Philippe Marois a remis les Jeux olympiques dans sa mire. Aujourd’hui à l’aube de la quarantaine ce n’est évidemment pas comme patineur de vitesse longue piste qu’il souhaite retourner au grand rendez-vous mondial. C’est en tant qu’officiel.

«Je suis aux portes de la scène internationale», confie le Québécois qui a pris part aux Jeux de Salt Lake City en 2002. «Actuellement, c’est possible d’être officiel au niveau international jusqu’à l’âge de 65 ans, j’ai donc 25 ans devant moi pour aller au moins une fois aux JO. Et c’est certain que j’adorerais y être. Ça me permettrait de vivre l’expérience olympique, mais de l’autre côté de celui d’athlète. Et je pourrais avoir plus de liberté pour me promener sur les différents sites. Je pourrais davantage vivre les Jeux.

«Une chose est sûre, retourner aux Jeux serait un bel accomplissement dans la seconde phase de ma vie, l’après-athlète. Et c’est certain que je vais profiter de l’ouverture de l’anneau à Sainte-Foy pour essayer de me placer dans le top 5 des officiels qui vont œuvrer lors des compétitions.»

C’est en 2010 que Marois s’est initié au travail d’officiel. Habitant à Calgary et ayant coupé tous les liens avec le patinage de vitesse afin de se consacrer à sa vie professionnelle et familiale au lendemain de sa retraite, il reçut en 2009 un courriel de Greg Planert qui avait besoin d’officiels pour une compétition. Planert lui disait aussi que ça faisait longtemps qu’il ne l’avait pas vu et il l’invitait à l’anneau de glace. Mais Marois ne répondit pas. Un an plus tard, il reçut un autre courriel de Planert.

«J’ai décidé d’y aller. Quand je suis arrivé à l’anneau, j’ai eu des frissons. J’ai revu Greg et plein de monde que je connaissais. Je retombais dans ce que j’avais toujours aimé. Je n’en revenais tout simplement pas que j’avais passé quatre années loin du patin.

«À ce moment-là, Dave Thompson, qui était officiel international de niveau 5, m’a pris sous son aile. Je suis vraiment tombé en amour avec le travail d’officiel. Pour moi, c’était une belle façon de redonner ce que j’avais reçu. Bien des gens me demandent pourquoi je n’ai pas fait comme la plupart des athlètes et que je ne suis pas devenu entraîneur. La raison est simple : j’ai le sentiment que je ne serais pas un bon coach. Je crois que je serais trop dur. Je m’attendrais toujours à ce que la personne se pousse autant et même plus que je me poussais dans le temps.»

Débuts remarqués

Membre de l’équipe nationale, Marois avait connu des débuts remarqués chez les juniors. En 2000, il établit un record au 1500 m. Un exploit que la bague qu’on lui a donnée et qu’il porte depuis au doigt lui rappelle tous les jours. Son passage chez les seniors a cependant été plus difficile. Malgré tout, il a pris part aux Jeux de Salt Lake City en 2002. C’est après avoir raté sa qualification pour les JO de Turin en 2006 qu’il a décidé de prendre sa retraite pour vivre à plein sa vie familiale et professionnelle.

«Bien que le bilan de ma carrière soit très positif, j’ai quand même des regrets. Je pense que tous les athlètes en ont à l’exception de ceux qui ont tout gagné lors des championnats et qui ont battu des records. J’aurais aimé aller à Turin. Par contre, je n’ai pas de regrets de ne pas avoir gagné de médailles à Salt Lake City. Je connaissais mes limites. J’avais un talent naturel, mais il n’était pas aussi développé que celui de certains patineurs. Aujourd’hui, je préfère regarder le positif de ma carrière. J’ai été capable de travailler assez fort pour me rendre où je me suis rendu. Et je suis allé aux Jeux. C’est d’ailleurs comme ça que je vis. Je veux toujours être positif, de bonne humeur et jovial.»

À la retraite, Marois a travaillé pour l’Agence de revenu du Canada à Calgary pendant quelques années. Il avait aussi appliqué pour un poste de chauffeur au Calgary Transit. En 2010 il est revenu au Québec afin d’y rejoindre son amoureuse qu’il avait rencontrée au lendemain de son divorce. Travaillant avec lui à l’Agence du revenu du Canada à Calgary, elle avait demandé à être transférée dans la Vieille capitale. Marois a aussi demandé son transfert, mais après quelques mois, il a réorienté sa carrière et il a appliqué au RTC.

«J’ai toujours tripé sur les voitures, les moteurs et j’ai toujours eu une attirance pour la conduite des véhicules lourds. J’aurais aimé faire une formation complète pour conduire des camions. Mais j’aimais mieux travailler dans la région et avoir des horaires fixes. Et j’aime être avec le monde, jaser, etc. Au volant d’un bus, je suis donc dans ma zone de confort.

«À bord de mon autobus, j’ai toujours ma musique et je fredonne. Et chaque personne qui monte à bord a son bonjour. J’adore ma job

C’est avec impatience que Marois attend l’ouverture de l’anneau de glace de Sainte-Foy. Et non seulement parce qu’il compte y travailler comme officiel lors de compétitions ou parce qu’il y retrouvera des amis patineurs. Il devrait aussi recommencer à patiner.

«Ça fait 14 ans que je ne me suis pas entraîné. J’aimerais ça recommencer à le faire. J’ai adoré patiner à l’anneau de Sainte-Foy. Mais ça ne me tentait pas de retourner dehors. Là, je vais pouvoir patiner au chaud. Et comme je suis capable d’avoir des horaires coupés, je vais pouvoir aller patiner après mon shift du matin.»

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QUESTIONS/RÉPONSES

Q  Faits marquants

Je n’ai pas vraiment le choix que de dire les Olympiques. J’ajouterais en deuxième place le record du monde que j’ai fait en mars 2000 à Calgary et ma participation aux championnats du monde toutes distances à Moscou. Autant pour le dépaysement, que le fait de vivre un championnat du monde, c’est vraiment très différent d’une Coupe du monde parce que c’est vraiment très spécifique. 

Q  Plus grande déception

R  C’est au mondial junior en 2000 à Seinajoki, en Finlande. J’allais gagner la médaille d’or au 1500 m et je me suis enfargé dans mes lames en toute fin d’épreuve. Je me vois encore frapper dans les poubelles après ma course. Ça m’a mis cinquième. 

Q  Ce qui te manque le plus

R  Tout le côté social, de gang. D’être ensemble, un groupe spécial, à un certain moment donné dans des éléments donnés. Mais si j’y vais purement au niveau égocentrique : d’être capable d’aller aussi vite qu’avant. Ça me manque  beaucoup.

Q  Personnalités marquantes

R  Gregor (Jelonek). Il qui a joué un rôle marquant, durant toute ma carrière, du début à presque la toute fin. Et c’est sûr, mon père. Il s’est occupé de moi. Il a été la figure positive dans ma vie. C’est lui qui m’a appris qu’il faut toujours avoir du plaisir dans ce que l’on fait.

Q  Dans 10 ans

R  J’aurai mes fins de semaine au RTC (rires). J’aimerais ça être au niveau international comme officiel. Et je souhaiterais être le meilleur des pères pour mes enfants. J’ai eu une belle enfance. J’essaie de transposer ça chez mes enfants. Ma fille est bien bonne en patin (rires). Et comme moi, elle est compétitive et elle n’abandonne jamais. Je ne dis pas que je la vois déjà aux Olympiques. Alors on verra. Mais qu’elle fasse du patin, du ski, de la natation, je vais toujours l’encourager. Dans 10 ans, j’aimerais que mes enfants soient bien préparés à faire partie intégrante de la société.