Philippe Marquis a récolté 77,77 points pour sa prestation lors de la qualification pour l'épreuve des bosses, au Parc à neige Phoenix, à Bokwang, vendredi.

«Une sacrée victoire» pour Marquis

BOKWANG — Le genou de Philippe Marquis a tenu le coup! Le bosseur de Québec sera de la finale grâce à son 8e rang de la qualification de l'épreuve des bosses, vendredi matin (jeudi soir à notre heure), au Parc à neige Phoenix. «C’est une sacrée victoire. Je n’ai jamais été aussi heureux d’être aussi loin dans le classement. En temps normal, je serais dans un coin en train de pleurer», racontait l'auteur de 77,77 points pour son effort.

Les Jeux olympiques pourraient prendre fin immédiatement, ça ne dérangerait pas le bosseur de Québec qui reviendrait à la maison avec le sourire aux lèvres. Face à l’incertitude, le skieur de 29 ans a été convaincu de sa décision de s’amener en Corée du Sud malgré une récente rupture du ligament croisé antérieur du genou droit.

«Hier encore, je n’y croyais pas vraiment. J’ai eu des discussions avec plusieurs personnes et je leur ai dit que je ne savais pas comment j’allais me rendre du point A au point B. J’ai été capable, et c’était la première fois que je la faisais de haut en bas, car je ne voulais pas prendre de trop de risques, ni mettre trop de pression sur mon genou», expliquait-il, d’un ton réjoui et soulagé.

Marquis a fait confiance à ses repères et son expérience de 10 ans sur le circuit de la Coupe du monde. Mais il souvenait peu de sa descente. Pour se motiver, il avait inscrit des mots-clés sur ses gants blancs : comme «engage», «fire», «keep fighting» et «what ACL ?»

«Je n’avais pas doute dans mon esprit, je savais que j’allais me rendre jusqu’en bas, je ne savais juste pas dans quel état. J’étais calme, zen et serein, je me suis rappelé que j’étais aux Jeux, que c’était mon moment, que je n’avais personne à impressionner. Peu importe ce qui arrivait, être aux Jeux était le miracle, la victoire en tant que telle. La cerise sur le sundae, c’est de faire une belle descente comme ça. Peu importe le numéro au bout de mon nom, ce n’est pas important.»

De la finale lundi

Marquis participera donc à la finale, lundi. Il y sera accompagné par son ami et coéquipier, Mikaël Kingsbury, premier de la qualification. Marc-Antoine Gagnon, lui, devra passer par la seconde qualification, lundi, pour être de la partie. Il a fini 11e, alors qu’on prenait les 10 premiers.

«Les gars skient bien, ils sont en forme et je suis content pour eux. Je vais les suivre et j’espère qu’ils vont «torcher» ça et être sur le podium. Je sais qu’ils sont aussi contents pour moi, on va brailler ensemble, on est une équipe solide. Ça valait la peine de venir.»

Le bosseur a effectué un deuxième saut simple qu’il ne faisait plus depuis trois ans, sachant qu’il ne lui procurerait pas les points nécessaires pour viser les grosses notes. S’il avait fait son saut habituel, il aurait eu 75% des chances pour que son genou ne tienne pas.

«Il y avait un peu plus de neige dans la piste, cela a joué en ma faveur, mais on ne s’excite pas, ce n’est pas encore de la poudreuse, sauf que c’est un peu plus doux sur les articulations. Dans deux jours, je pourrais accélérer un peu, mais je ne pourrai pas skier en 23 secondes, sinon je me casserais les deux genoux… Physiquement, je dois être respectueux de ça et connaître mes limites. On dit souvent que ces dans les plus grands moments qu’on arrive à sortir le meilleur de nous. Depuis trois semaines, j’avais des doutes, j’ai fait de la visualisation, j’ai essayé d’être le plus positif possible et de ne pas penser à mon genou, mais comme tout le monde m’en parle, ça revient vite dans le sujet…»

Marquis l’admet, il joue gros, à PyeongChang.

«Oui, je roule les dés, mais je suis prêt à 100% à le faire, c’est pour ça que je suis ici.»

En saluant les journalistes, Kingsbury s’est pointé. «Je vous laisse avec le champion», a lancé Marquis.

«On n’a pas eu le temps de se voir, ç’a bien été? T’es combien?», lui a démandé Kingsbury. 

«Je suis deuxième derrière toi… Je ne sais pas, mais je suis bien heureux !»

Le grand favori était aussi satisfait de sa descente, qui lui a procuré le premier rang.

«Je suis content d’avoir brisé la glace. Pour commencer les Jeux olympiques de même, je trouve que j’ai fait ma job. Ce n’est pas aujourd’hui que je vais gagner une médaille, je passe à la prochaine ronde, et je vais «focusser» sur le travail à faire et être prêt pour lundi.»