La compétition de ski cross a été marquée par de spectaculaires chutes, dont celle du Montréalais d’adoption Christopher Del Bosco, en huitièmes de finale.

Revanche dorée pour Brady Leman

PYEONGCHANG — Quatrième homme à Sotchi il y a quatre ans, le Canadien Brady Leman s’est offert une revanche éclatante en décrochant l’or olympique en ski cross, une épreuve émaillée de plusieurs chutes spectaculaires et violentes, mercredi aux Jeux de PyeongChang.

Aux JO de 2014, le skieur de 31 ans avait été le seul finaliste à ne pas monter sur le podium, monopolisé par les Français Jean-Frédéric Chapuis, Arnaud Bovolenta et Jonathan Midol.

«Quatrième aux JO, c’est un grand accomplissement, mais, en même temps, vous êtes le premier qui n’a pas de médaille... C’est difficile à avaler», a reconnu le skieur de Calgary, qui n’en était pas à son premier malheur avec les Jeux, lui qui s’était cassé la jambe à la veille de la compétition aux JO de Vancouver en 2010.

Leman a admis avoir pensé à 2014 avant la finale. «Quand ça arrivait, je me répétais : ‘‘Sois ici, en Corée, parce que Sotchi ne veut plus rien dire.” Je ne peux rien changer au résultat de Sotchi, mais je peux m’assurer de me concentrer sur ma course et de ne pas finir encore quatrième.»

«Ça a été le gros déçu des Jeux de Sotchi», se souvient Bovolenta, éliminé en demi-finales sur la piste sud-coréenne. «Là, il l’emporte, tant mieux pour lui, il le mérite parce qu’il est là depuis cinq, six ans parmi les tout meilleurs.»

«C’était un peu tendu après les Jeux de Sotchi pendant un an», a raconté Boloventa. «Ça va très bien maintenant. Je lui ai même souhaité bonne chance avant sa finale.» «Ça lui fait une belle revanche», a salué un autre skieur français, François Place, sorti en quarts de finale.

Leman s’est imposé devant le Suisse Marc Bischofberger et le Russe sous bannière olympique Sergey Ridzik. 

Blessures et collision

Mais outre les médaillés du jour, ce sont deux chutes spectaculaires et violentes en huitièmes de finale qui ont marqué les esprits.

Celle du Français Terence Tchiknavorian d’abord, qui souffre d’une fracture du tibia et va être opéré. Ensuite celle du Canadien Christopher Del Bosco, encore plus impressionnante et inquiétante. Resté au sol sans bouger,il a été placé dans une civière et évacué.

Tous les deux se sont envolés au passage d’une bosse et ont perdu l’équilibre, Tchiknavorian en haut de parcours, le Montréalais d’adoption dans la dernière portion, avant de retomber lourdement. Il souffrirait d’une blessure au bassin.

Entre ces deux chutes, l’Autrichien Christoph Wahrstoetter et le Suédois Erik Mobaerg se sont eux percutés et ont terminé leur course dans les filets de sécurité, obligeant là encore les services de secours à intervenir pour le premier.

Pas de quoi remettre en cause le parcours, selon François Place. «C’est un parcours difficile où on prenait vraiment beaucoup de vitesse. Mais on peut dire tout ce qu’on veut, que c’est dangereux, aujourd’hui, il y a un champion olympique et une course qui s’est disputée. Il a eu le courage. Il fallait l’avoir», a tranché le skieur.