La famille d'Alexandre St-Jean, dont sa mère Luce Bourdages, sa soeur Florence, son père Frédéric, Lynne Bourdages et son frère Olivier, s’était réunie au restaurant Normandin de Saint-Nicolas, pour suivre l'épreuve du 1000 mètres.

Petit déjeuner et gros appui pour St-Jean

«Je pense qu’Alex ne s’est pas couché après 22h30 plus que cinq fois dans les deux dernières années.»

François Déry est le colocataire d’Alexandre St-Jean. Il a aussi été patineur de vitesse longue piste d’élite. Il a vu et connaît tous les sacrifices que son ami a faits pour se rendre aux Jeux olympiques.

Tout comme les 125 personnes qui s’étaient réunies avant le lever du soleil vendredi matin, au restaurant Normandin de Saint-Nicolas, pour suivre sur grand écran les exploits sur 1000 mètres du patineur de 24 ans de Cap-Rouge, en direct de PyeongChang. Certains arrivés la veille d’aussi loin que Saint-Siméon de Bonaventure et de l’Isle-aux-Coudres, d’autres venus de Rimouski et de Sherbrooke.

«C’est une fierté de voir mon fils aux Olympiques. Ça n’arrive pas tous les jours. Et ça s’est passé ce matin!» a souri Luce Bourdages, la maman d’Alexandre, placée au cœur du groupe pour ces quelque 70 secondes d’action sur deux tours et demi de l’ovale de Gangneung.

Tout le monde aurait bien sûr souhaité mieux qu’une 11e position sur 36. Même si le temps de St-Jean, 1:09,24, s’avère 32 centièmes plus rapide que sa performance des Championnats du monde sur la même glace, l’an dernier.

St-Jean a patiné en compagnie du médaillé de bronze, le Coréen Kim Tae-Yun (1:08,22), pendant que le Néerlandais Kjeld Nuis (1:07,95) réussissait un doublé en or, après son triomphe au 1500 m plus tôt cette semaine.

«J’ai hâte de revoir sa course, je n’ai pas l’impression d’avoir bien vu», a ensuite admis la maman, quand porte-voix, trompette et cloche à vache se sont tus. «C’était son rêve, d’aller aux Olympiques. Il a fait ces sacrifices-là, mais il avait un but et il l’a fait. En fait, tous les athlètes le font. Il y en a plusieurs ici qui font la même chose», indique-t-elle, à propos des nombreux jeunes patineurs attablés autour.

Le papa, Frédéric St-Jean, rendait aussi un hommage aux autres familles de patineurs, «tous des parents qui ont vécu la même chose que nous dans les arénas avec leur fils ou leur fille» et qui étaient encore là, vendredi, pour encourager Alexandre.

Le paternel aurait «souhaité une médaille pour lui, pour Alex, mais être aux Olympiques, c’est déjà une médaille. On est fiers de lui et... c’est fait! C’est fait».

Merci à la gardienne

Alexandre St-Jean est l’aîné de trois enfants. Olivier et Florence étaient aussi du rassemblement. Ils ont tous les trois été initiés au patinage de vitesse par leur gardienne de l’époque, Andréanne Blackburn.

«Alex n’a pas toujours été super bon en patin», révèle son frère, qui se définit davantage comme l’artiste de la famille. «Quand il a commencé, il n’était pas le meilleur. Mais c’est la persévérance qui l’a amené jusque-là et c’est vraiment impressionnant. Ça fait quelque chose au cœur de voir ça», affirme Olivier.

Étudiant en médecine dentaire, St-Jean aura un peu de rattrapage scolaire à faire dans les prochains mois. Mais rien qui l’empêchera de tenter à nouveau sa chance pour les Jeux olympiques de Pékin, en 2022, selon son père.

«Avec le nouvel anneau couvert à Québec», dont l’ouverture est prévue pour 2020, «j’ai l’impression qu’il va être encore là dans quatre ans. Il va convaincre sa blonde que ça vaut la peine de moins sortir... Mais le patinage est ancré en lui et là, il l’a vécu. Et ce que je vois des autres athlètes, une fois que tu as goûté à ça, tu veux retourner», conclut Frédéric St-Jean.