L’Autrichien Marcel Hirscher, sextuple vainqueur de la Coupe du monde de ski alpin et médaillé d’argent en slalom aux Jeux de Sotchi, a pu célébrer sa première médaille d’or olympique, mardi, au combiné.

Hirscher commence sa moisson

PYEONGCHANG — Marcel Hirscher a commencé sa moisson attendue aux Jeux de PyeongChang en décrochant la première médaille d’or olympique de sa carrière, mardi, sur le combiné, précédant les Français Alexis Pinturault (argent) et Victor Muffat-Jeandet (bronze) de 0,23 seconde et de 1,02 seconde.

«C’est un rêve qui se concrétise», a dit Hirscher, qui a longtemps hésité avant de participer à cette épreuve qu’il n’apprécie guère. «Tout le monde s’attendait à ce que je gagne une médaille d’or, notamment en Autriche, mon pays, où le ski est un sport majeur. La descente a été incroyable, je pense que ça a été la meilleure descente de ma vie. Sur le slalom, j’ai réussi à trouver la bonne ligne, donc je suis super heureux du résultat.»

Le sextuple vainqueur de la Coupe du monde de ski alpin, médaillé d’argent en slalom aux Jeux de Sotchi en 2014, ne regrettera pas cette épreuve, olympique depuis 1936, contrairement aux Français qui en avaient fait leur chasse gardée ces dernières années en Coupe du monde de ski alpin. Les Bleus avaient ainsi remporté les deux combinés au programme du circuit majeur cette saison, Pinturault à Bormio (Italie) fin décembre et Muffat-Jeandet, deux semaines plus tard à Wengen (Suisse). Mardi, revenant de blessure, Thomas Mermillod Blondin a terminé sixième, à 0,48 seconde du podium.

Trop occupé aux slalom et slalom géant qu’il domine outrageusement, Hirscher n’avait plus disputé de combiné depuis sa médaille d’argent aux Mondiaux 2017 à St. Moritz. «Si je pense que ma carrière était parfaite sans titre aux Jeux... cette question stupide n’existera plus! Maintenant, on ne reparlera plus de ça!» a-t-il poursuivi.

Les techniciens favorisés

Le combiné a donné lieu au festival des slalomeurs, l’Autrichien Marco Schwarz, autre spécialiste des piquets serrés, terminant au pied du podium (+ 1,35).

Les favoris ont confirmé leur statut mais, et c’est une des limites d’une épreuve condamnée par la Fédération internationale de ski (FIS) et qui doit disparaître du programme de la Coupe du monde pour la saison 2019-2020, elle favorise trop les techniciens.

Cela a été flagrant à Jeongseon, un avantage accentué encore par les conditions météo. En effet, à cause du vent, le départ de la descente a été donné depuis celui du super-G, plus bas, et les sauts gommés ou atténués. Soit une vingtaine de secondes de descente en moins qu’initialement prévu.

Dans ce contexte, Hirscher a seulement concédé 1,32 seconde dans l’épreuve de vitesse, gagnée en 1:19,24 par le jeune Allemand Thomas Dressen, déjà lauréat de la descente phare de Kitzbühel en janvier.

«Les descendeurs n’ont pas été avantagés, c’était court et sans les sauts», a regretté l’Italien Dominik Paris, huitième le matin de la descente, avant de sortir dans la manche de slalom comme la plupart de ses collègues descendeurs.

Slalom raccourci

La manche du slalom, pas facile pour les non-spécialistes sur un revêtement injecté et verglacé, avait été certes raccourcie d’une dizaine de portes par équité, avaient indiqué les organisateurs. En fait, c’est la dernière portion, la plus plate et donc la plus favorable aux poids lourds de la vitesse, qui avait été retirée. Un nouveau cadeau fait aux slalomeurs.

C’est le paradoxe de Hirscher, le skieur aux 55 succès en Coupe du monde, que de gagner son premier or des Jeux en combiné.

Le Salzbourgeois a d’autant plus mérité son succès que le vent a chassé la neige lors de son passage en slalom, au point de ne plus voir ses spatules.

Hirscher a lancé idéalement sa campagne, avant les géant et slalom qu’il abordera en grand favori.