Laurent Dubreuil n’aspire pas qu’à participer aux Olympiques, il entend bien remporter l’or.

Dubreuil et St-Jean à une compétition du rêve olympique

Leurs billets pour PyeongChang en jeu, Laurent Dubreuil et Alexandre St-Jean s’apprêtent à livrer parmi les courses les plus importantes de leur carrière, cette semaine, lors des sélections nationales à Calgary. Les deux patineurs sont toutefois bien décidés à aborder la compétition comme n’importe quelle autre du calendrier.

Arrivés à Calgary le jour de Noël après quelques semaines de repos auprès de leurs proches, Dubreuil, 25 ans, de Saint-Étienne-de-Lauzon, et St-Jean, 24 ans, de Québec, se retrouvent dans des situations similaires à l’aube des sélections nationales.

Pour mériter sa place dans la délégation canadienne en Corée du Sud, Laurent Dubreuil, 10e au classement mondial sur 500 m, devra être l’un des deux patineurs les plus rapides sur cette distance le 5 janvier, excluant Alex Boisvert-Lacroix. Ce dernier possède déjà une des trois places disponibles en vertu de son troisième rang mondial cette saison.

Quant à St-Jean, il devra terminer sur le podium de la course de 1000 m, le 8 janvier, pour s’envoler pour PyeongChang. Le patineur longue piste est le deuxième meilleur Canadien sur cette distance, cette année, derrière l’Ontarien Vincent De Haître, et les trois places pour les Jeux sont encore à gagner.

En théorie, donc, Dubreuil et St-Jean devraient aller aux Jeux olympiques. Mais la théorie ne voudra plus rien dire lorsqu’ils fouleront la glace de Calgary. «Je veux voir ça comme une course normale. J’ai fait du travail psychologique pour me préparer à cela. Rendu là, le travail a été fait cet été. Il me reste à exécuter. Si je fais les mêmes temps que j’ai faits toute la saison, ça devrait bien aller», lance St-Jean.  Même son de cloche du côté de Dubreuil. «J’ai vraiment hâte aux sélections. Souvent, à cause de l’attention médiatique lors des années olympiques, on a tendance à voir la course plus grosse qu’elle ne l’est. Mais c’est le même sport, les mêmes patins, la même glace et les mêmes compétiteurs que lors de la compétition nationale il y a un an.»

Un rhume difficile

Dubreuil avait démarré sa saison sur les chapeaux de roue, remportant la première médaille d’or en Coupe du monde de sa carrière, en novembre, aux Pays-Bas, mais deux rhumes coup sur coup sont ensuite venus l’affaiblir. «Ça a l’air niaiseux dans la vie de tous les jours, un rhume, mais ce ne l’est pas quand on se bat pour des centièmes de secondes. Il n’y a pas un patineur au monde qui peut bien performer avec un rhume. À Salt Lake City, début décembre, ça m’a vraiment cassé», explique l’athlète de la Rive-Sud de Québec.

Il se sent désormais en pleine forme, mais il s’agit tout de même d’un rappel que plusieurs facteurs hors du contrôle d’un patineur peuvent lui couter une course. Or, une course fait foi de tout lors de la sélection nationale. «C’est un sport crève-cœur pour ça», admet St-Jean.

Dubreuil précise toutefois que gagner sa place aux Olympiques est une étape, pas une finalité. «Même si je me qualifie, si je finis 15e aux Jeux, je n’aurai pas atteint mes objectifs. Certains athlètes rêvent peut-être de participer aux Olympiques, mais moi j’ai toujours rêvé de gagner l’or olympique.»

+

CRITIQUE DE LA MÉTHODE DE SÉLECTION

Laurent Dubreuil savait depuis longtemps que sa place à PyeongChang risquait de se jouer lors des sélections nationales. Cela ne l’empêche pas de se questionner sur la méthode utilisée afin de choisir les représentants canadiens aux JO. «Je ne suis pas amateur de cette méthode de sélection. On devrait se qualifier via un classement cumulatif. Si tu veux vraiment envoyer les meilleurs patineurs aux Olympiques, plus l’échantillon est large, mieux c’est. Sur une course, tout peut arriver. Je comprends que l’idée est de donner le plus de chances possible à tout le monde, mais je trouve ça un peu ridicule», explique l’athlète de 25 ans. Il assure que la plupart des patineurs canadiens partagent son avis. Représentant des athlètes auprès de Patinage Canada, il a d’ailleurs transmis le message à l’organisation nationale. «Mais bon, on fait avec ce qu’on a. Le patinage longue piste reste un sport qui laisse peu de place au hasard.»