Laurent Dubreuil et Alexandre St-Jean avaient toutes les raisons de sourire lorsqu’ils ont rencontré les médias à l’anneau de glace Gaétan-Boucher, mercredi, eux qui avaient appris mardi soir qu’ils vivraient leur première expérience olympique le mois prochain, à PyeongChang.

Direction Corée pour Dubreuil et St-Jean

Une grande angoisse s’est envolée. Les patineurs longue piste Laurent Dubreuil, de Lévis, et Alexandre St-Jean, de Québec, iront aux Jeux olympiques. Sûr. Et certain. Ne leur reste plus qu’à se rendre en Corée... et à s’amuser!

«Je vais arriver là-bas au top de ma forme avec un stress beaucoup plus léger sur mes épaules! Une fois rendu aux Jeux olympiques, c’est comme si tu avais déjà atteint quelque chose. J’y vais pour m’amuser et je vais tout donner», a expliqué St-Jean, mercredi après-midi.

Pendant que Patinage de vitesse Canada procédait de Calgary à l’annonce officielle de ses 19 athlètes qui concourront en longue piste sur l’anneau de Gangneung, dans un mois, Dubreuil et St-Jean rencontraient les médias à l’anneau de glace Gaétan-Boucher de Sainte-Foy.

Après un processus de sélection compliqué où performance rivalisait avec patience, ils ont reçu tard mardi la fameuse confirmation. Les deux résidents de la capitale en seront à leur première expérience olympique.

Fort de son 25e anniversaire célébré le 25 juillet dernier, Dubreuil en sera-t-il à son année chanceuse? Rappelons qu’il y a quatre ans, il ne s’était pas qualifié pour Sotchi, à la surprise générale.

«C’est un grand moment! J’ai réussi le premier objectif de ma saison et il en reste un autre gros dans quelques semaines», indique ce fils de patineurs longue piste olympiens.

«J’y pensais, mais je ne peux pas dire que c’était tant un poids. On est quatre patineurs de calibre international sur 500 mètres au Canada et il y en a juste trois qui pouvaient y aller. Je n’aurais pas été moins stressé même si j’y étais allé il y a quatre ans.»

Pour le coup de circuit

Auteur de sa première victoire en Coupe du monde le 11 novembre dernier, la fierté du secteur Saint-Étienne-de-Lauzon admet s’élancer pour le coup de circuit. «Quand je suis en forme, je suis capable de rivaliser et de gagner des médailles, mais c’est vrai pour tous les patineurs de 500 mètres au niveau mondial en ce moment. On alterne des victoires et des 15es places», fait-il valoir, sans pour autant minimiser les attentes.

Entre 15 et 20 candidats peuvent aspirer au podium sur 500 m, la spécialité de Dubreuil, bien qu’il soit aussi qualifié sur 1000. Canadiens, Néerlandais, Russes, Coréens, Japonais espèrent tous. Sur les sept épreuves de 500 tenues en Coupe du monde avant Noël, on a cinq gagnants et 14 médaillés différents. Deux de ces victoires appartiennent au Sherbrookois Alex Boisvert-Lacroix, donc trois pour le Québec avec celle de Dubreuil.

St-Jean, 23 ans, de Sainte-Foy, vise mieux que sa meilleure performance en carrière sur 1000 m, soit une sixième place au Championnat du monde par distance de 2016. Outre St-Jean, Dubreuil et Boisvert-Lacroix, Olivier Jean s’avère le quatrième as fleurdelisé au sein de cette sélection.

Ces quatre patineurs constituent la plus importante délégation québécoise olympique sur longue piste en 30 ans, soit depuis les 13 qualifiés de 1988. La construction d’un toit sur l’anneau de Calgary en 1987 s’est ensuite fait sentir, avec jamais plus de trois Québécois depuis 1992.

Comme tout est dans tout, il devrait s’agir de la dernière génération olympique à s’être entraînée au grand air, puisqu’un complexe couvert devrait être inauguré à Sainte-Foy en 2020.

Si les parents de Dubreuil comptaient parmi les patineurs québécois aux JO de Calgary, on y retrouvait aussi Gregor Jelonek, l’un des quatre entraîneurs de l’équipe canadienne qui se rendra à PyeongChang. Il habite Saint-Antoine-de-Tilly et dirige le centre d’entraînement de l’anneau Gaétan-Boucher. Le Montréalais Marcel Lacroix, basé à Calgary, fait aussi partie du personnel d’entraîneurs pour la Corée.

Le groupe de Québec arrive justement de l’Alberta et repart dès vendredi. Ils poseront d’abord leurs lames en Allemagne, pour l’étape de Coupe du monde d’Erfurt, du 19 au 21 janvier, puis la tenue d’un camp d’entraînement à Inzell, avant de prendre la direction de la Corée du Sud.

En 2014, Denny Morrison avait gagné les deux seules médailles canadiennes en longue piste.

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LES PATINEURS CANADIENS LONGUE PISTE À PYEONGCHANG

- Jordan Belchos (Toronto, Ont.), 10 000 m, poursuite par équipe

- Ted-Jan Bloemen (Calgary, Alb.), 5000 m, 10 000 m, poursuite par équipe

- Ivanie Blondin (Ottawa, Ont.), 3000 m, 5000 m, départ groupé, poursuite par équipe

- Alex Boisvert-Lacroix (Sherbrooke, Qc), 500 m

- Kali Christ (Regina, Sask.), 1500 m, poursuite par équipe

- Vincent De Haître (Cumberland, Ont.), 1000 m, 1500 m, poursuite par équipe

- Ben Donnelly (Oshawa, Ont.), 1500 m, poursuite par équipe

- Laurent Dubreuil (Lévis, Qc), 500 m, 1000 m

- Marsha Hudey (White City, Sask.), 500 m

- Kaylin Irvine (Calgary, Alb.), 1000 m

- Olivier Jean (Lachenaie, Qc), Départ groupé

- Gilmore Junio (Calgary, Alb.), 500 m

- Heather McLean (Winnipeg , Man.), 500 m, 1000 m

- Denny Morrison (Fort St. John, C.-B.), 1500 m, poursuite par équipe

- Keri Morrison (Burlington, Ont.), départ groupé, poursuite par équipe

- Josie Spence-Morrison (Kamloops, C.-B.), 1500 m, poursuite par équipe

- Alexandre St-Jean (Québec, Qc), 1000 m

- Brianne Tutt (Airdrie , Alb.), 1500 m, 3000 m

- Isabelle Weidemann (Ottawa, Ont.), 3000 m, 5000 m, poursuite par équipe