Après avoir connu des Jeux catastrophiques à Sotchi en 2014 (il n’avait pas réussi à terminer le 15 km), Alex Harvey ne vise rien de moins qu’un podium le mois prochain à PyeongChang.

Dernier blitz avant les Jeux pour Harvey

Quatre ans, c’est le temps qu’il faut pour passer de la déception à l’espoir. Autant l’équipe canadienne de ski de fond avait-elle hâte de partir de Sotchi, en février 2014, autant est-elle excitée à l’idée de mettre le cap sur PyeongChang, vendredi prochain. «Athlètes, entraîneurs, farteurs, on a tous hâte d’y aller», indique Alex Harvey, qui sera le point de mire du groupe aux Jeux olympiques.

Avant de s’envoler pour la Corée, Harvey et ses coéquipiers ont un dernier mandat à remplir, samedi et dimanche, en Autriche. La Coupe du monde de Seefeld se veut la dernière étape d’un long camp d’entraînement en altitude tenu dans les Alpes italiennes, à Livigno. Un sprint (samedi) et une épreuve de 15 km (dimanche) qui n’auront aucune incidence sur les attentes coréennes.

Justement, parlons-en, de ces fameuses attentes! Harvey ne le cache pas : un podium olympique est dans sa mire. Il deviendrait ainsi le premier fondeur canadien à obtenir une médaille aux Jeux. Avant le désastre russe, il avait flirté avec la tribune d’honneur à ceux de Vancouver (2010), où il avait terminé quatrième au sprint par équipe.

«Il s’agit du gros objectif de la saison. Je l’ai dit, c’est un rêve depuis que je suis tout jeune. J’aimerais être le premier Canadien à faire un podium aux Jeux olympiques en ski de fond. J’en vise un, peu importe la couleur de la médaille, la hauteur de la marche. Ce serait exceptionnel de le faire», souligne l’athlète de 29 ans de Saint-Ferréol-les-Neiges.

Carburer à la pression

En santé et bien entraîné, Harvey sera en «mode repos» à compter de lundi, jour de l’annonce «officielle» de la composition de l’équipe canadienne de ski de fond. Il s’agira d’une troisième présence aux Jeux pour celui qui est à l’aise avec les regards posés sur lui et avec la pression qui accompagne ses résultats qui en font l’un des prétendants.

Depuis Sotchi, où son meilleur résultat fut une 11e place au sprint par équipe, Harvey compte un titre mondial au 50 km, à Lahti (Finlande), en 2017, ainsi que des médailles d’argent (sprint) et de bronze (skiathlon) aux Mondiaux de Falun, en Suède, en 2015.

«Il y a un peu de stress et de pression, c’est certain, mais je vis et carbure bien avec ça, même que j’aime en avoir. Pour un Nord-Américain, rien n’accote les Jeux, mais je ne les aborde pas d’une façon différente que les Mondiaux. On essaie de traiter cela comme on approche tous les autres championnats, car en bout de ligne, ça reste une course de ski de fond, il y a les mêmes gars à battre. Ça ne sera pas plus dur qu’aux Mondiaux, ni plus facile. Ce qui compte, c’est que toutes les cases sont remplies au niveau de la préparation et la progression, j’ai toutes les cartes en main. Si je ne réussissais à livrer les courses pour grimper sur le podium, ça ne serait pas la fin du monde, mais je serais déçu.»

Depuis quatre ans, plusieurs changements ont été apportés pour atteindre l’objectif, tant au niveau physique que technique.

«Dès la fin de la saison, en 2014, on a fait un plan avec Louis [Bouchard] en prévision de PyeongChang. Je me suis fait opérer, on a ajouté de nouveaux farteurs et d’outils à l’équipe technique, j’ai changé de fournisseur de skis, etc. Il s’agit de la période où il y a eu le plus de changements dans ma carrière, et cela a été fait pour n’avoir aucun regret en partant pour la Corée. Là, ça approche, ça s’en vient. Ça fait quatre ans qu’on planifie cela, et dans l’équipe, personne n’a peur de s’écrouler sous la pression!»

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LA MACHINE À FOND

Alex Harvey vient de terminer un bloc d’entraînement en intensité, en Italie. Les deux courses de la Coupe du monde de Seefeld, samedi et dimanche, lui permettent de pousser la machine à fond une dernière fois avant le départ pour PyeongChang le 2 février, à partir de l’Autriche. Sa dernière présence sur le circuit remonte au début du mois, à l’occasion du Tour de ski, où il a terminé au troisième rang. Il avait été le premier fondeur non-européen à grimper sur le podium du cumulatif de cette course à étapes.

«Je suis ici pour l’effort. Historiquement, mes courses ne sont jamais super bonnes avant les grands championnats. En neuf ou 10 ans, je pense que ç’a bien été deux fois… Mais tu ne pousses jamais autant qu’avec un dossard sur le dos et c’est pour cela que je fais les deux [sprint et 15 km]. Je vais tout donner, ça pourrait bien aller, mais il n’y a pas d’indication à aller chercher. Ça me permet de bien boucler le camp d’entraînement qu’on vient de faire.»