Outre le fait qu'il voulait absolument ne pas terminer dernière, Anne-Marie n'attachait pas vraiment d'importance au résultat de sa première course olympique en carrière.

Comeau 48e pour son baptême olympique

PYEONGCHANG — Il y a un mois, Anne-Marie Comeau ne devait même pas participer aux Jeux olympiques. Son 48e rang à l’épreuve de skiathlon, samedi en fin après-midi au Centre de ski de fond d’Alpensia, n’avait pas vraiment d’importance.

«C’est fait, la glace est brisée», disait-elle après avoir franchi la ligne avec un peu moins de cinq minutes de retard sur la médaillée d’or. En fait, Anne-Marie a amélioré sa position entre le départ et l’arrivée. Dotée du dossard 61 sur 62 participantes, la fondeuse de 21 ans de Saint-Ferréol-les-Neiges voulait éviter de finir dernière de cette course remportée par la Suédoise Charlotte Kalla.

La dame de fer Marit Boergen (Norvège) et la Finlandaise Krista Parmakoski ont grimpé sur les deux autres marches du podium. Boergen devenait ainsi la fondeuse la plus médaillée de l’histoire des Jeux, celle-ci étant sa 11e en carrière.

Lorsque toutes les participantes étaient regroupées au centre du terrain de jeu blanc, sous les regards des spectateurs, Anne-Marie a pris un instant de réflexion pour savourer le moment et se dire de se calmer un peu dans ce qui était son baptême olympique.

«Je ne le réalisais pas parce que ce n’était pas prévu, mais je me trouvais chanceuse d’être ici. J’ai pris deux secondes pour y penser quand j’étais sur la ligne de départ. Habituellement, je regarde les courses à la télé et je suis impressionnée. Là, j’en ai profité et j’ai eu du fun au boutte.»

Le stress était aussi de la partie, surtout dans les fractions de seconde avant le signal du départ. À go, le peloton fait généralement flèche de tout bois.

«J’étais un peu stressée de voir comment ça allait partir, et quand j’ai vu que c’était aussi vite, je me suis dit de garder mon calme, d’essayer de rattraper au fur et à mesure. Ç’a marché, et je me sentais de mieux en mieux. Maintenant, j’ai juste hâte à la suite», racontait-elle, sourire aux lèvres, pendant qu’au loin, on tenait la cérémonie protocolaire avec les trois médaillées.

La seule et unique participation d’Anne-Marie Comeau à une Coupe du monde remontait en 2012, à Canmore (Alberta). Elle a bifurqué ensuite vers le cross-country, où elle est devenue l’une des plus performantes athlètes du Rouge et Or. Du jour au lendemain, elle s’est retrouvée dans une autre ligue.

«Je prévoyais être à temps plein à l’université et faire des courses universitaires. Mais il y a eu un petit changement! Là, j’ai deux cours et en ferai d’autres cet été.

«Je n’avais pas fait de compétition [à ce niveau] depuis longtemps, c’est un ajustement. C’était la première fois que je fais une course de ce calibre-là, que j’affrontais les meilleures au monde, car elles n’étaient pas toutes présentes à ma seule Coupe du monde. Le premier tour a été difficile, je voulais juste me remettre dans le coup un peu, et après, je me suis bien sentie, surtout en patin», disait celle qui a ramené un temps de 45 minutes et 48,8 secondes.

Anne-Marie n’avait pas d’attente pour ce qui est du résultat. Elle a quand même entendu son nom au passage dans le stade, quand l’annonceur l’a présentée de sa voix québécoise comme étant la jeune prodige du Rouge et Or. Une bonne publicité pour l’Université Laval.

Anne-Marie Comeau sera de nouveau en action le jeudi 15 février pour l’épreuve de 10 km style libre.

Elle ne savait pas encore si elle serait du sprint individuel, mardi. D’autres courses sont aussi à son programme olympique, dont le 30 km en clôture des Jeux.

Brown fière de l'étiquettte d'«olympienne»

Membre du Centre national d’entraînement Pierre Harvey, au Mont-Sainte-Anne, Cendrine Brown a pour sa part pris le 33e rang. Mieux encore, son statut a changé. «Je suis vraiment excitée, je suis une olympienne, maintenant», disait-elle, souriante.

Au-delà de ce nouveau titre, elle tirait du positif de sa première course olympique. «J’ai eu de belles sensations, ça augure bien pour le reste des Jeux. J’aurais aimé percer le top 30, c’est mon objectif pour les courses de distance, mais c’est mon meilleur résultat de la saison, alors je suis vraiment contente.»

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RESPIRE!

Le retour au calme devrait permettre à Anne-Marie Comeau de pleinement réaliser l’ampleur du chemin parcouru depuis le début de janvier, où elle a brillé aux sélections canadiennes et confirmé sa présence aux Jeux olympiques. «Des fois, je suis dans mon lit, et je me dis : ‘‘Respire!’’ Quand je vais me coucher, je vais avoir des papillons juste à y penser», disait la fondeuse de Saint-Ferréol-les-Neiges à propos de cette journée spéciale dans sa vie.

Elle admet avoir vécu un rêve en s’alignant sur la ligne de départ d’une course olympique. «C’est le fun de participer à une compétition que toutes les sportives veulent vivre, c’était mon rêve aussi. Je commence à le réaliser, je vais en profiter au maximum. Je suis super heureuse, j’ai juste hâte de faire les prochaines courses», ajoutait celle qui devrait participer aux cérémonies de clôture du 25 février, tout juste après sa course de 30 km. En raison du skiathlon, le lendemain, elle a raté la fête d’ouverture, la regardant à la télévision.