Même si elle avait renoncé à sa carrière de ski de fond, Anne-Marie Comeau a été en mesure de se qualifier pour les Jeux, un exploit qui ne surprend pas l’entraîneur-chef de l’équipe canadienne.

Anne-Marie Comeau peut partir son moteur

PYEONGCHANG — «La présence d’Anne-Marie aux Jeux olympiques est une belle histoire. Ça prouve qu’en ski de fond, ça prend un bon moteur. Tu ne fais pas de la Formule 1 avec un Ford Escort», illustre Côme Desrochers, directeur général d’Excellence Sportive Québec Lévis à propos de la fondeuse de 21 ans qui dispute sa première course, samedi.

Anne-Marie Comeau prendra le départ de l’épreuve de skiathlon, qui consiste à 7,5 km en classique et 7,5 en style libre. Il s’agira de sa première course d’une série qui pourrait se rendre jusqu’à six. Elle en fera au minimum cinq, le sprint par équipe n’étant pas à son agenda pour l’instant.

La jeune femme de 21 ans s’est qualifiée pour les Jeux lors des essais nationaux, en janvier au Mont-Sainte-Anne. Elle avait renoncé à sa carrière en ski de fond voilà quelques années pour se concentrer sur le club d’athlétisme de l’Université Laval, où elle est l’une des vedettes de l’équipe de cross country.

«Pour le commun des mortels, ça peut sembler une surprise de la voir ici, mais dans le milieu du ski de fond, ce n’en est pas une. Personnellement, ça ne m’étonne pas du tout, elle a beaucoup de talent, on se doutait au début de l’été que c’était possible», raconte pour sa part Louis Bouchard, l’entraîneur-chef de l’équipe canadienne et du Centre national d’entraînement Pierre Harvey (CNEPH).

Presque qualifiée à 17 ans

La sportive de Saint-Ferréol-les-Neiges ne faisait plus partie du CNEPH depuis quelques années. Elle s’entraînait sous la gouverne de Frédéric Touchette et David Grégoire au club Nordique Mont-Sainte-Anne. Elle était déjà assurée d’aller au Mondial U-23, mais les plans ont changé après les essais nationaux.

«Je trouve fantastique ce qu’ils ont fait depuis le début de l’été en s’occupant d’Anne-Marie. Les astres étaient alignés pour qu’elle soit aux Jeux. Ça fait longtemps qu’on savait qu’elle était une athlète formidable et qu’elle avait un talent incroyable. Le contexte était aussi favorable pour elle. Maintenant, à ce niveau, toutes les filles ont un bon moteur, c’est la puissance qui fait la différence.»

Bouchard rappelait que Comeau avait pris la 18e place au skiathlon au Mondial junior, en 2012. Et en 2014, elle a raté sa sélection aux Jeux de Sotchi par une seule position, sa troisième place aux essais ne lui permettant pas d’aller aux Jeux. Elle n’avait alors que 17 ans.

«Anne-Marie avait des prédispositions physiques pour réussir ce qu’elle a fait, elle s’en est servie. Ça lance le message que si tu n’as pas la physiologie pour le faire, il est difficile de devenir un bon fondeur. Alex, par exemple, possède le mélange parfait : il a le moteur et l’approche mentale pour exceller, ce qui en fait l’un des meilleurs fondeurs au monde», enchaîne Desrochers.

À PyeongChang, Bouchard supervise autant l’équipe masculine que féminine. Il la dirigera donc encore, au cours des deux prochaines semaines, après l’avoir fait pendant son passage au CNEPH. «Tout le monde du ski de fond connaît son histoire depuis longtemps, c’est maintenant à monsieur et madame tout le monde de la découvrir.»

Jusqu’à maintenant, elle pourra rater seulement le sprint par équipe. Mais encore là, Bouchard laisse une porte entre-ouverte. «Autant chez les dames que les hommes, il n’y aura pas surprises, vous allez pouvoir deviner comme nous qui en fera partie en regardant les résultats des prochaines courses.»