Francis Vallée dispute une quatrième saison avec le Royal de Montréal. Il fait deux ou trois allers-retours depuis Québec chaque semaine pour pratiquer son sport de prédilection.

Les grands de l'Ultimate s'amènent à Québec

La meilleure ligue de Ultimate (Frisbee) en Amérique du Nord fera son premier arrêt à Québec, samedi, sur le terrain de football du Cégep Garneau. Un match entre le Royal de Montréal et le Rush de Toronto qui permettra de célébrer ce sport à la fois méconnu et en pleine croissance.

La journée aura des allures de grande fête du Ultimate. Les finales des ligues scolaires RSEQ se dérouleront avant la rencontre des pros (17h). Les jeunes joueurs pourront ensuite apprécier le spectacle donné par le Royal et le Rush, deux équipes de l’American Ultimate Disc League (AUDL).

Québec est bien représenté chez le Royal de Montréal, qui attire entre 750 et 2500 spectateurs à ses matchs locaux, disputés au Centre Claude-Robillard. Quatre joueurs viennent de la région : Miguel Goderre, Francis Breton, Vincent Gamache et Francis Vallée.

Il faut être passionné pour évoluer dans ce circuit semi-professionnel de Ultimate. Vallée habite Québec et fait deux ou trois allers-retours à Montréal par semaine. Tout ça en plus des voyages en autobus (ou en auto) vers Ottawa, Toronto, New York, Washington et Philadelphie, les autres équipes de la division Est de l’AUDL. «Ça me prend pas mal 100 % de mon temps. Et de mon argent aussi», lance en souriant l’étudiant de 23 ans.

Vallée est joueur de hockey, au début de l’adolescence, lorsqu’un ami l’invite à essayer ce sport. Sa première réaction : «“Oublie ça. Je ne vais pas lancer une assiette en plastique.” J’étais dans mon monde de joueur de hockey. Je trouvais ça un peu ridicule comme sport», relate-t-il.

Explosion de popularité

Mais en allant chercher son ami, un jour, Vallée se prend au jeu. «Ç’a pris 15 minutes, j’étais tombé en amour avec le sport. La semaine d’après, je suis retourné à la pratique. Et l’autre d’après, j’étais devenu le capitaine de l’équipe», raconte Vallée, qui a accroché ses patins l’année suivante.

Depuis les débuts de Vallée, il y a un peu plus de 10 ans, la popularité du sport a explosé. Il y a maintenant plus de 8000 joueurs sur la scène provinciale, sans compter tous les jeunes du Réseau du sport étudiant du Québec (RSEQ). Chez ceux-ci, l’affluence augmente de 20 % par année, calcule Antoine Turgeon, directeur général de Ultimate Québec.

Jadis pratiqué à temps perdu, le Ultimate devient plus que jamais le premier choix de beaucoup de jeunes. Et il plaît souvent à ceux qui ne se reconnaissent pas dans les sports traditionnels, soutient Turgeon : «C’est un sport de geeks.»

Le Ultimate fait aussi partie des sports ayant une reconnaissance olympique, ceux qui pourraient un jour s’ajouter à la programmation des Jeux.

Samedi, la tâche s’annonce ardue pour le Royal (3-3), car le Rush (7-0) est la seule équipe invaincue de l’AUDL. «C’est probablement la meilleure équipe au monde», la louange même Vallée. Et il semble exister une forte rivalité entre les deux clubs. La semaine dernière, les esprits se sont échauffés pendant leur dernier duel, chose très rare dans le monde du Ultimate, qui mise sur l’esprit sportif et l’intégrité. «Si t’es le pire méchant du monde, tu vas ultimement devenir gentil sur le terrain», illustre Vallée.

Pour plus de détails ou pour acheter des billets : royalultimate.com.

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L'ULTIMATE EN BREF

Pourquoi pas Frisbee?

Comme le mot kleenex est à proscrire pour parler de papier mouchoir, vaut mieux éviter le mot Frisbee lorsqu’il est question de Ultimate. Car Frisbee est une marque, comme Kleenex ou Frigidaire. Le mot appartient donc à l’entreprise en question. L’organisme international qui chapeaute le sport se nomme Fédération mondiale de disque volant.

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Le jeu

Le Ultimate se déroule sur un terrain de football, où deux équipes de sept joueurs se font face. Après le lancer de dégagement, l’objectif est d’amener par la voie des airs le disque jusque dans la zone des buts sans l’échapper ou se faire intercepter par la formation en défensive. Chaque réussite vaut un point. Les équipes marquent en moyenne de 20 à 25 points par rencontre.

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Égalité des sexes

Le sport mise aussi sur l’égalité et la mixité des sexes. Les femmes jouent avec les hommes, certaines font même partie de quelques équipes de l’AUDL. «Il y a vraiment beaucoup d’équipes mixtes à Québec», dit Paméla Champagne-Côté, attachée de presse pour le rendez-vous de samedi et joueuse de Ultimate. «C’est un sport qui permet aux filles de compétitionner vraiment fort avec des équipes de gars.»

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Une équipe à Québec?

Selon Antoine Turgeon, les villes de l’AUDL où le sport attire les plus grandes foules sont Montréal et les petites agglomérations du circuit, comme Madison (Wisconsin). Alors pourquoi pas une équipe à Québec? «À l’interne, on en discute un petit peu, dit Turgeon. C’est l’AUDL qui a le dernier mot sur l’expansion. Moi, j’en rêve, mais il n’y a rien de concret.»