Au volant de sa Mercedes, le Britannique Lewis Hamilton a remporté le championnat de la saison au Texas, en 2015, et à Mexico, en 2017 et en 2018.

Les GP des États-Unis et du Mexique menacés

AUSTIN — Deux des trois épreuves de Formule 1 présentées en Amérique du Nord font face à des problèmes financiers qui sèment de l'inquiétude quant à leur avenir.

Les organisateurs du Grand Prix des États-Unis ne se feront pas rembourser au moins 20 millions $ US de l'État du Texas pour la course tenue en 2018, après avoir omis de fournir des documents à l'intérieur du délai prescrit par une loi de l'État.

Par ailleurs, des doutes viennent d'être soulevés au sujet du Grand Prix du Mexique après que le nouveau président du pays eut laissé planer la possibilité que le gouvernement n'investisse pas dans la course comme il l'a fait lors des quatre dernières années.

Les deux courses sont très appréciées des pilotes et des amateurs, et sont présentées à des moments cruciaux du calendrier de la F1. Au volant de sa Mercedes, le Britannique Lewis Hamilton a remporté le championnat de la saison au Texas, en 2015, et à Mexico, en 2017 et en 2018.

Les deux événements bénéficient d'importantes contributions gouvernementales.

Traite des êtres humains

Depuis 2012, le Grand Prix des États-Unis a reçu environ 150 millions $ US du Programme de remboursement des événements majeurs du Texas, qui est contrôlé par le bureau du gouverneur de l'État, Greg Abbott.

Cette somme d'argent est considérée comme extrêmement importante, car elle aide à payer les droits annuels pour tenir la course. En 2015, le président de la piste, Bobby Epstein, avait déclaré qu'une réduction de 5 millions $ cette année-là aurait pu compromettre l'avenir de l'événement, mais il a survécu.

Les dirigeants du Circuit des Amériques à Austin savent depuis plusieurs mois que l'argent lié à la course de 2018 ne leur sera pas versé. Des responsables de la piste ont été informés dans une lettre datée du 8 octobre - 11 jours avant la tenue du Grand Prix des États-Unis - que les organisateurs de la course ne toucheraient pas l'argent du programme parce qu'ils n'avaient pas fourni, 30 jours avant l'événement comme l'exige l'État du Texas, un plan pour contrer la traite des êtres humains. Le plan n'a pas été livré avant le 3 octobre et une lettre précédente d'approbation temporaire a été annulée.

Deux mois plus tard, Bobby Epstein a fourni un don financier de 50 000 $ au gouverneur Abbott, qui venait tout juste d'être réélu.

L'État exige des événements majeurs qui soumettent des demandes à ce programme de fournir des plans de traite des êtres humains afin de contrer la recrudescence de la prostitution.

John Wittman, un porte-parole du gouverneur Abbott, a déclaré que l'État n'avait pas le choix de retenir l'argent.

Il est encore difficile de savoir s'il en découlera des conséquences négatives pour le Grand Prix des États-Unis, et si c'est le cas, elles peuvent encore être atténuées. Wittman a fait savoir que l'État a déjà commencé à travailler en collaboration avec les organisateurs de la course pour planifier l'édition de 2019. La course doit avoir lieu le 3 novembre et rien n'indique qu'elle pourrait être effacée. Le calendrier de 21 épreuves s'amorcera le 17 mars avec le Grand Prix de l'Australie.

Quant au Grand Prix du Mexique, l'édition de 2019 sera la dernière prévue au contrat de cinq ans, dans le cadre duquel le gouvernement mexicain a fourni environ 213 millions $.

La Formule 1 a effectué un retour à Mexico après une absence de 23 ans et la course a attiré d'imposantes foules lors des quatre dernières années.

Le «train Maya»

Toutefois, le président du Mexique, Andres Manuel Lopez Obrador, a déclaré cette semaine que le soutien financier du gouvernement pour la course pourrait être réduit ou disparaître pour être consacré à d'autres projets, notamment celui de «train Maya», qui mènera à la construction d'un chemin de fer d'une longueur d'environ 1600 kilomètres.

«Si ça n'implique pas de l'argent, je vais l'appuyer. Mais dans ces cas, je suis un peu pingre. Je ne sais pas comment sont les contrats de Formule 1, mais s'ils n'ont pas déjà été signés, nous ne pourrons pas le faire. Dans bien des cas, ils ont été payés par le fonds consacré au tourisme et cet argent servira maintenant au train Maya.»

Sergio Perez, le coéquipier du Québécois Lance Stroll chez la nouvelle écurie Racing Point et seul pilote mexicain en F1, a déclaré ne pas vouloir perdre une course qui peut mettre son pays en valeur. L'épreuve doit avoir lieu le 27 octobre.

«Ça n'augure pas bien, mais j'espère que nous aurons de bonnes nouvelles plus tard. Je pense que c'est important pour notre pays de la garder», a déclaré Perez à Motorsport, s'attardant entre autres sur les imposantes foules des quatre dernières années.

«Beaucoup de pays veulent accueillir un Grand Prix, et une fois que vous avez perdu votre place, c'est très difficile d'y retourner. Ça nous a coûté tellement pour l'avoir, et si nous le perdons maintenant, ce sera possiblement la fin et nous pourrions devoir attendre 30 ou 50 ans avant de le ravoir. Ce serait dommage de le perdre.»