Transportés par la frénésie des séries, plusieurs partisans des Jets de Winnipeg ont fait le voyage à Las Vegas pour supporter leurs favoris et n’hésitent pas à montrer leurs couleurs devant le T-Mobile Arena malgré la présence de redoutables chevaliers.

Les frénétiques fans des Jets envahissent Vegas

LAS VEGAS — Les partisans des Jets de Winnipeg sont arrivés à Las Vegas et entendent bien encourager leur équipe au cours de la série de troisième ronde, même à Sin City.

«Nous avons attendu toute notre vie pour que notre équipe se rende aussi loin en séries éliminatoires et là, vous ajoutez Las Vegas dans l’équation, c’est complètement fou», a révélé Chris Kirkwood à l’ombre du T-Mobile Arena.

Les Jets tirent de l’arrière 2-1 sur les Golden Knights de Las Vegas en finale de l’Ouest. Les deux équipes seront de retour au T-Mobile Arena vendredi (20h) pour y disputer le quatrième match de la série. Les Jets retrouveront par la suite l’avantage de la patinoire, dimanche, à l’occasion du cinquième duel.

«Je suis allé au match des Jets la veille, j’ai dormi trois heures, et j’ai sauté dans l’avion. Je suis passé par Vancouver et San Francisco», a raconté Mark Kuriata. «Je suis parti à 6h30 du matin, je suis arrivé à Vegas à sept heures le soir et j’étais au lit à neuf heures.»

Détenteur de billets de saison depuis que les Jets sont revenus s’installer à Winnipeg en 2011, Kuriata croit sincèrement que son équipe est devenue l’équipe des Canadiens. «Absolument, comment ne pas aimer les Jets. C’est le rêve d’une vie de pouvoir se rendre aussi loin en séries et d’avoir une chance de remporter la Coupe Stanley.»

WestJet s’ajuste

Habituellement, il n’y a pas des vols directs entre Winnipeg et Las Vegas tous les jours, mais la compagnie aérienne WestJet a ajouté un vol sans escale jeudi et dimanche, en plus de leurs horaires réguliers, en prévision du sixième match qui aurait lieu à Vegas si la série se poursuivait.

Vêtus de blanc, les supporters des Jets se sont mêlés à ceux des Knights devant l’amphithéâtre de Las Vegas avant le match numéro trois, mercredi. Pam Herda, qui est originaire de Winnipeg et qui vit maintenant en Californie, a mis le paquet en portant une perruque blanche, de grosses lunettes blanches et une robe blanche.

Malgré la bulle qui entoure l’équipe, l’entraîneur-chef des Jets, Paul Maurice, savait tout de même que la «Jets Nation» débarquait en ville. «Tout le monde y tire son plaisir. Sa petite histoire et ses petites soirées de bonheur.

«Et ceux qui sont assez chanceux pour pouvoir s’offrir un billet d’avion pour venir voir un match à Vegas, ils veulent que l’aventure se prolonge. Ils sont investis. Ils dépensent de l’argent et du capital émotionnel et s’ils peuvent s’offrir un petit séjour à l’extérieur pour encourager leur équipe, ils le font.»

Ronny Shubaty, son frère Bradon et Kim Carnaham sont arrivés à Sin City à l’avance en prévision du troisième match et ont passé quelques jours à se «prélasser aux abords de la piscine en prenant un verre», a raconté Ronny. «Tout ce que nous ne pouvons pas faire à Winnipeg», a admis Carnahan.

Bon pour la LNH

Shubaty a révélé avoir payé 270 US$ pour son billet pour le match no 3. Il croit que les succès de l’équipe à sa première année sur le circuit Bettman aideront certainement d’autres villes à s’investir dans le projet pour avoir une équipe de la LNH.

«Je ne pensais pas que Vegas se rendrait aussi loin. J’aime ça. Ce sont de bonnes personnes. Ils sont très drôles», a avoué Ronny. «Je crois que c’est bon pour la LNH. Seattle, Québec et quelques autres rumeurs, Kansas City. Ça pourrait certainement bien fonctionner pour eux.»

Le trio ne n’assistera toutefois pas au quatrième match et sera de retour à Winnipeg. «J’aime de la façon dont les Jets ont réussi à rassembler toute la population de Winnipeg», a souligné Brandon. «Vous voyez le logo de l’équipe partout, vous voyez des drapeaux sur les voitures partout. J’aime simplement la sensation. Nous sommes comme une grande famille.»

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FLEUR LE CHATOUILLEUR, WHEELER L'IMPERTURBABLE

Marc-André Fleury a fait découvrir un autre aspect de sa personnalité à Blake Wheeler. Au cours d’une mêlée derrière le filet des Golden Knights en fin de deuxième, mercredi, le gardien québécois a étiré la main gauche pour chatouiller l’oreille gauche de l’attaquant des Jets. «J’ai vraiment fait ça?» a demandé Fleury à la blague, feignant ne pas se souvenir de son geste. «Les caméras voient vraiment tout.»

Oui, elles sont partout, et les images du geste du gardien des Knights sont devenues virales sur les réseaux sociaux. «Je voyais les gars qui se battaient, j’ai juste voulu détendre l’atmosphère», a ajouté le souriant vétéran. Wheeler, qui avait perdu son casque et qui était dos à Fleury, n’a toutefois pas semblé du tout dérangé par cette petite «caresse».

L’attaquant des Jets, adossé et emprisonné à l’arrière du but des Golden Knights, ne s’est même pas retourné pour voir qui le chatouillait de la sorte, lui qui a continué à adresser des invectives à ses adversaires jusqu’à ce qu’il puisse se dégager de son inconfortable posture.