En l’absence de Bill Peters, dont l’avenir est incertain à la suite d’allégations voulant qu’il ait tenu des propos racistes, l’entraîneur-associé Geoff Ward (photo) a dirigé l’entraînement des Flames à Buffalo et il était derrière le banc de l’équipe mercredi.

Les Flames tentent de se concentrer malgré les allégations contre Bill Peters

BUFFALO — Les Flames de Calgary font de leur mieux pour se concentrer sur le hockey, tandis que l’avenir de l’entraîneur-chef Bill Peters est toujours incertain en vertu des allégations de propos racistes tenus à l’endroit d’un de ses joueurs il y a 10 ans.

Peters est toujours à l’emploi de l’équipe, mais il n’était pas derrière le banc mercredi soir, quand les Flames ont affronté les Sabres à Buffalo. L’entraîneur associé Geoff Ward, qui dirigera la rencontre, a dit ne pas savoir si Peters se trouvait toujours à Buffalo.

«Ce n’est pas ce qui nous préoccupe, a dit l’attaquant Mikael Backlund après l’entraînement de mercredi. Nous sommes préoccupés par le match de ce soir [mercredi]. C’est là-dessus que nous nous concentrons.»

L’ailier des Flames Matthew Tkachuk a amorcé sa mêlée de presse, mercredi matin, en précisant qu’il n’allait répondre qu’aux questions traitant de hockey.

«Notre travail, c’est de sauter sur la patinoire et de jouer, a-t-il martelé. C’est tout ce qui nous préoccupe.»

Akim Aliu, qui a disputé sept rencontres avec les Flames en 2011-12 et 2012-13, a mis en ligne ces allégations concernant Peters, lundi.

Aliu, qui est Noir, n’a jamais nommé Peters, mais a fait référence au code aéroportuaire de Calgary, YYC, en parlant de l’entraîneur qui aurait été impliqué dans l’incident.

Il prétend que pendant la saison 2009-10, alors qu’il évoluait au sein des IceHogs de Rockford, de la Ligue américaine de hockey, Peters a utilisé le mot qui commence par «n» plusieurs fois dans le vestiaire à son endroit lors de sa première saison professionnelle, «parce qu’il n’aimait pas mon choix de musique».

Aliu n’a pas répondu aux demandes d’entrevue de La Presse canadienne.

Mardi, l’ex-défenseur de la LNH Michal Jordan a allégué que Peters lui avait asséné des coups de pied alors que les deux faisaient partie de l’organisation des Hurricanes de la Caroline. Jordan, qui évolue maintenant en Europe, a apporté son grain de sel sur Twitter, mardi.

«On ne souhaite jamais de mal à personne, mais tu as ce que tu mérites, Bill, a écrit Jordan. Me donner des coups de pied et frapper d’autres joueurs à la tête pendant le match, puis faire semblant de rien... je ne pouvais en croire mes yeux.»

Des réactions partout dans la LNH

Les nombreuses allégations à l’endroit de Peters ont trouvé écho aux quatre coins de la LNH, et ç’a évidemment été le cas chez le Canadien de Montréal.

L’attaquant Tomas Tatar jouait pour les Red Wings de Detroit entre 2012 et 2014, alors que Peters était entraîneur-adjoint au sein du personnel de Mike Babcock. Il jure ne pas avoir été témoin de gestes dégradants pendant son séjour avec l’équipe.

«Vous savez quoi, je n’ai jamais eu un problème avec lui. Il était l’un des entraîneurs, il faisait ce qu’il avait à faire. Je n’ai jamais rien remarqué, a confié Tatar mercredi dans le vestiaire du CH. C’est une nouvelle que tu ne veux pas voir. Mais je ne faisais pas partie des équipes en question. Je ne sais pas ce qui se passait. J’ai joué pour lui pendant seulement une courte période de temps.»

Le Slovaque croit cependant qu’on ne peut tolérer un tel comportement dans le circuit Bettman, si les faits allégués sont véridiques.

«Tu ne veux pas voir ça dans un vestiaire. Nous devons servir de modèle pour les gens. Je ne sais pas si c’est vrai, mais tu ne veux pas voir ça», a-t-il répété.

Quant à l’entraîneur-chef du Canadien, qui fut adjoint avec Peters derrière le banc d’Équipe Canada à la Coupe du monde en 2016 sous Babcock, il a refusé de lui jeter la première pierre, en attendant les conclusions de l’enquête.

«Premièrement, tout ce que je peux dire, c’est qu’on regarde la situation de Bill Peters. On n’a pas encore une preuve concrète. Je ne peux pas commenter ça. Mais on peut dire que nous ne voulons pas de telles choses dans le sport ou la vie de tous les jours», a-t-il mentionné.

«Encore une fois, je ne peux pas spéculer. Jusqu’à présent, il n’y a rien. Je peux simplement dire qu’il n’y a aucune place pour ça. Que ce soit dans le sport ou la vie de tous les jours», a-t-il ajouté.

D’autres intervenants se sont trempés davantage.

Ç’a été le cas de l’actuel entraîneur-chef des Hurricanes, Rod Brind’Amour. Celui qui a déjà servi à titre d’adjoint sous Peters en Caroline a confirmé les allégations de Jordan mercredi.

«Si on discute de l’incident avec Bill, ça s’est bel et bien produit; les deux histoires au centre de cette affaire», a-t-il confié aux journalistes à New York, quelques heures avant un match contre les Rangers.

«Mais, personnellement, je suis très fier de la façon dont nous avons réagi. La façon dont les joueurs se sont comportés, et la manière dont le personnel s’est comporté — l’histoire a été rapportée à la direction, et la direction a agi correctement afin que nous n’en parlions plus ensuite. Je n’ai plus jamais entendu quoi que ce soit par la suite. Cet enjeu a de toute évidence été géré correctement. Nous n’en discutons pas, parce que ce n’est plus notre problème. Nous avons tourné la page.»

Peters s’excuse

En fin de soirée, Bill Peters a présenté ses excuses à l’organisation des Flames de Calgary et au dg Brad Treliving pour «un langage offensant que j’ai utilisé dans un contexte professionnel il y a une décennie».

Dans une lettre adressée directement à Treliving mercredi, et publiée par plusieurs médias, Peters a déclaré qu’il s’agissait d’un «incident isolé et aussitôt regrettable».

«La déclaration a été faite dans un moment de frustration et ne correspond pas à mes valeurs personnelles», a ajouté Peters.

«Après l’incident, j’ai été pertinemment confronté au sujet du langage que j’ai utilisé, et je suis immédiatement retourné dans le vestiaire pour m’excuser auprès de l’équipe. J’ai regretté l’incident depuis qu’il est arrivé, et maintenant j’offre aussi mes excuses à tous ceux qui ont été touchés de façon négative par mes mots.»  Avec Alexis Bélanger-Champagne