Le coordonnateur défensif des Eagles, Jim Schwartz, dispose de tout un arsenal de joueurs qui peuvent appliquer de la pression sur le quart-arrière adverse. Le plaqueur Fletcher Cox (91) et l’ailier défensif Derek Barnett sont du lot, et passeront la soirée à harceler Tom Brady.

Les Eagles ont tous les ingrédients

BLOOMINGTON, Minn. — La recette du succès contre les Patriots de la Nouvelle-Angleterre est de laisser Tom Brady sur les lignes de côté et de le déranger lorsqu’il est sur le terrain.

Ce n’est rien de nouveau. Mais la bonne nouvelle pour les partisans des Eagles de Philadelphie, c’est que l’équipe possède tous les ingrédients pour la réussir, dimanche, lors du 52e Super Bowl.

Les Eagles ont une offensive capable d’écouler plusieurs minutes, forçant le légendaire quart des Patriots à être spectateur des prouesses de ses adversaires.

Jay Ajayi, l’ancien porteur de ballon des Patriots LeGarrette Blount et Corey Clement ont formé la troisième meilleure attaque au sol de la NFL, alors que les Eagles ont été premiers au chapitre du temps de possession.

«Tu dois être patient et efficace, a mentionné l’entraîneur-chef des Eagles, Doug Pederson. C’est ce que nous avons été capables de faire tout au long de la saison.»

Il ne s’agit pas non plus d’une attaque axée seulement sur la puissance au sol.

Plusieurs cibles

Les Eagles sont polyvalents par la passe grâce à plusieurs receveurs capables de créer des problèmes de couverture. Carson Wentz a lancé 33 passes de touché et il a amassé 3296 verges par la passe avant de se déchirer le ligament croisé antérieur lors de la 14e semaine d’activités. En relève, Nick Foles a pour sa part lancé huit passes de touché, ce qui inclut aussi les séries.

Lors de la finale de la Conférence nationale, Foles a prouvé qu’il pouvait effectuer de rapides jeux aériens, réussissant trois passes de plus de 40 verges contre la meilleure défensive de la NFL. Il en a lancé une à Alshon Jeffery pour un touché de 53 verges et une autre de 41 verges à Torrey Smith.

Le demi inséré Zach Ertz et le receveur Nelson Agholor sont d’autres options. Tout comme le demi inséré Trey Burton, qui s’installe comme centre arrière dans les situations de court gain.

«Tu ne peux pas simplement stopper un joueur, a fait valoir le demi de sûreté des Patriots Devin McCourty. Tu ne peux pas arriver sur le terrain et dire que c’est suffisant de limiter des gars comme Jeffery ou Ertz. Ils ont plusieurs joueurs qui peuvent te battre.»

Agressifs en défense

Dans l’autre aspect du jeu, le coordonnateur défensif Jim Schwartz possède un groupe agressif. Personne ne court contre la défensive des Eagles. Elle occupait le premier rang de la NFL contre la course et elle n’a permis à aucun porteur de ballon d’atteindre le plateau des 100 verges en un match avant la 17e semaine, quand Ezekiel Elliott en a obtenu 103 contre des remplaçants.

Les Patriots se fient beaucoup au bras de Brady, même si Dion Lewis a récolté 896 verges au sol et que James White a été le héros du dernier Super Bowl. Brady ne pourra toutefois pas décocher de passe s’il n’a pas le temps de le faire et les Eagles possèdent quatre joueurs de ligne dominants, dont Fletcher Cox et Brandon Graham.

La ligne défensive génère assez de pression, faisant en sorte que Schwartz n’a pratiquement pas besoin d’appeler des blitz. Il y a également assez de profondeur, grâce à Chris Long, Vinny Curry, Derek Barnett, Tim Jernigan et Beau Allen, pour que les joueurs de ligne ne soient pas fatigués au quatrième quart.

Le demi de sûreté Malcolm Jenkins est très physique lorsqu’il est inséré comme secondeur et les demis de coin Ronald Darby et Jalen Mills sont excellents en couverture.

«Ils ont une très bonne défensive, a avoué Brady. Elle est aussi bonne que celles que nous avons affrontées cette saison. Ils ont un très bon schéma tactique qui se mélange bien avec leurs couvertures défensives.»

Les Eagles ne devraient pas être crispés et ils ne sont aucunement intimidés par les Patriots et leur impressionnant historique. Les joueurs ont accepté leur rôle de négligés pendant les séries et ils ont surmonté plusieurs blessures à des joueurs clés.

«C’est le meilleur quart de l’histoire, mais ça ne veut pas dire qu’il est imbattable, a déclaré Jenkins à propos de Brady. Nous ne sommes pas inquiets.»

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LES PATRIOTS N'ONT PAS QUE BRADY

Même si les chiffres mentent de temps en temps, plusieurs d’entre eux indiquent que les Patriots de la Nouvelle-Angleterre sont les favoris pour mettre la main sur le trophée Vince Lombardi pour la sixième fois de leur histoire.

L’une des raisons laissant croire que les Patriots ont une longueur d’avance sur leurs adversaires : Tom Brady. À 40 ans, il deviendrait le plus vieux quart-arrière à remporter le Super Bowl. Il détrônerait Peyton Manning, qui a gagné le championnat avec les Broncos de Denver en 2015 alors qu’il était âgé de 39 ans.

Aucun joueur dans l’histoire du Super Bowl n’est revenu de l’arrière aussi souvent au quatrième quart lors des éliminatoires que Brady, qui compte huit remontées à son actif. C’est probablement pourquoi il a ricané cette semaine lorsqu’un journaliste lui a demandé jusqu’à quel âge il allait jouer.

«Pourquoi tout le monde souhaite que je prenne ma retraite? Je ne comprends pas. J’ai du plaisir. L’équipe se porte bien. Je sais que je suis un peu plus vieux que la plupart des joueurs, mais j’aime vraiment ce que je fais... Je ne pense pas à la retraite. Je pense au Super Bowl et j’essaie de gagner le match le plus important de l’année.»

Même si le facteur Brady pèse lourd dans la balance, il n’est pas le seul as dans le jeu de cartes des Pats, eux qui ont perdu le receveur Julian Edelman avant la saison en raison d’une blessure au genou, ainsi que le secondeur Dont’a Hightower en raison d’une blessure à l’épaule. Acquis des Saints de La Nouvelle-Orléans lors de la saison morte, le receveur de passes Brandin Cooks a récolté plus de 1000 verges par la passe pour une troisième saison consécutive (1082), terminant au deuxième rang de l’équipe derrière Rob Gronkowski (1084).

Le demi offensif Dion Lewis a lui aussi explosé après avoir subi une importante blessure au genou il y a deux ans. Il a mené l’équipe avec 896 verges obtenues par la course et six touchés au sol. 

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LE SUPER BOWL EN CHIFFRES

- 0 : Philadelphie, qui participera pour la troisième fois au Super Bowl, n’a jamais remporté le titre suprême, comme 12 autres équipes de NFL. C’est aussi le nombre de points marqués au premier quart par le duo Brady-Belichick  en sept participations au Super Bowl!

- 5,4 : selon l’institut Ad Age Datacenter, c’est l’argent dépensé en publicité télé en milliards de dollars depuis le premier Super Bowl, en 1967. Cette année, le spot de publicité de 30 secondes à la télé s’est négocié à 5 millions $, soit 166 667 $ la seconde. Selon le même institut, les différents annonceurs vont dépenser 419 millions $ pour diffuser leurs pubs avant, pendant et après le match.

- 8 : le quart Tom Brady et son entraîneur Bill Belichick sont les premiers à disputer huit éditions du Super Bowl. C’est aussi le nombre de fois où une équipe a réussi à défendre son titre au Super Bowl. Les Patriots sont la dernière équipe à avoir réalisé l’exploit en 2005... contre les Eagles.

- 10 : les Patriots vont disputer le Super Bowl pour la dixième fois de leur histoire, un record de participations. Ils se sont imposés à cinq reprises et peuvent, en cas de succès, devenir l’équipe la plus titrée de l’histoire, à égalité avec les Steelers de Pittsburgh.

- 14 : il s’agira seulement du 14e affrontement depuis 1960 entre les Patriots et les Eagles. Philadelphie mène sept victoires à six.

- 20,5 : le salaire de Tom Brady en millions $. Selon le site spécialisé Spotrac, il est le 14e joueur le mieux payé de la NFL. Depuis ses débuts, il a empoché 197 millions $ en salaire. Selon le magazine Forbes, il touche aussi chaque année 8 millions $ grâce à ses contrats de partenariat et de publicité. Remplaçant en début de saison, son homologue de Philadelphie, Nick Foles, reçoit 5,5 millions $ en salaire. En comparaison, la prime versée aux vainqueurs fait pâle figure  : chaque joueur des Pats  a reçu 107 000 $ après leur sacre en 2017, les perdants, les Falcons, recevant 53 000 $.

- 27,6 : nombre de tweets en millions lors du Super Bowl de 2017. On a aussi évalué à 240 millions le nombre de commentaires et de «J’aime» sur Facebook.

- 150 000 : le traditionnel spectacle de la mi-temps est présenté comme le concert le plus suivi au monde. Les artistes — Justin Timberlake cette année — ne perçoivent pas de cachet, mais ils voient les ventes de leur musique exploser le soir même de leur prestation. Selon l’institut Nielsen Music, le show de la diva pop Lady Gaga (photo) en 2017 s’est traduit le jour même par la vente de 150 000 albums et singles sur les plateformes de téléchargement.  AFP