Le recruteur Martin Madden Jr était de passage au Championnat mondial junior à Montréal.

Les Ducks sous le charme suédois

Les Ducks d'Anaheim doivent beaucoup à leur filière suédoise.
Le premier choix de l'équipe en 2011 (30e au total), Rickard Rakell, est désormais l'ailier gauche du premier trio avec Ryan Getzlaf et Corey Perry et il a amassé 21 points en 24 matchs cette saison.
Sixième choix au total en 2012, Hampus Lindholm est devenu un défenseur indispensable et il vient de signer un contrat de six ans pour 31 millions $.
Le premier choix de 2015 (27e au total), le défenseur Jacob Larsson, a surpris une majorité d'observateurs en entamant la saison à Anaheim malgré ses 19 ans.
Malgré la présence à Toronto des puissances comme le Canada, les États-Unis et la Russie, faut-il s'étonner que le grand manitou du recrutement chez les Ducks, Martin Madden Jr, ait choisi Montréal pour entamer sa tournée de recrutement au Championnat mondial junior?
Madden était un spectateur attentif, lundi après-midi, dans un Centre Bell parsemé de quelques centaines d'amateurs de hockey pour les matchs de la Suède contre le Danemark et de la Finlande contre la République tchèque. «Les joueurs les plus intéressants en prévision du repêchage de juin se produisent à Montréal», lance-t-il.
Opposée au Danemark en début de journée, la Suède compte justement deux beaux espoirs à l'attaque, Lias Andersson et Elias Pettersson. Malgré ses 18 ans, Pettersson a déjà 27 points en autant de matchs à Timra, en ligue professionnelle suédoise. Andersson a neuf points en 24 matchs avec HV71, en Ligue d'élite suédoise, et il a survolé le Championnat mondial des moins de 18 ans le printemps dernier. Ils jouaient au sein du même trio contre le Danemark, mais ils ont été blanchis.
Le plus jeune défenseur
Le plus prometteur du groupe est sans doute le phénomène de 16 ans, Rasmus Dahlin, le plus jeune défenseur de l'histoire de la Suède à participer à ce Championnat, et un jeune homme que l'on compare déjà à Erik Karlsson.
Dahlin, peut-être le premier choix au total de la LNH en 2018, a effectué quelques présences hier avec Jacob Larsson, des Ducks, au sein de la première paire de défenseurs de la Suède et il a marqué son premier but du tournoi.
Martin Madden Jr ne cache pas son affection pour les joueurs de hockey suédois. «Notre recruteur en Suède, Jan-Åke Danielson, fait un très bon travail, dit-il. Il a beaucoup d'expérience, il travaille avec les Ducks depuis 25 ans. Il est proche de la Fédération, il a ses entrées partout et il a un bon oeil.»
Mais le hasard y est pour beaucoup. En 2015, par exemple, Madden et son équipe aimaient beaucoup Noah Juulsen. Mais celui-ci a été repêché par le Canadien au 26e rang, sous le nez des Ducks. Ceux-ci se sont rabattus sur Larsson au 27e rang.
«Dans un monde idéal, on préférait un attaquant parce que notre banque était bien remplie en défense, mais ceux qu'on aimait avaient déjà été repêchés. On aimait Larsson et Juulsen pour différentes raisons. Jacob a un peu plus de potentiel offensif, je crois, alors qu'on voyait en Juulsen un complément à nos jeunes défenseurs déjà repêchés. Il aurait pu faire un bon partenaire pour Shea Theodore, par exemple, en raison de sa robustesse et de sa stabilité en défense. Si les deux n'avaient pas été disponibles au 27e rang, on aurait échangé notre choix pour reculer en deuxième ronde.»
La perle rare
Il faut parfois des yeux de lynx pour dénicher la perle rare à ce Championnat du monde junior. Rickard Rakell, par exemple, jouait un rôle effacé au sein du quatrième trio de l'équipe suédoise à son année de repêchage.
«Il fallait le connaître depuis un plus jeune âge pour reconnaître son potentiel offensif, explique le directeur du recrutement des Ducks. Il jouait au sein d'un troisième trio à Plymouth, dans la Ligue junior de l'Ouest, et du quatrième trio de la Suède. Mais on savait ce qu'il pouvait amener en termes de créativité. Il vivait simplement une grande période d'adaptation.»
Madden a su convaincre le directeur général Bob Murray de repêcher le garçon malgré son utilisation limitée. «On voulait que Bob puisse se familiariser avec lui. Cette année-là, il l'a vu jouer assez en infériorité numérique pour réaliser qu'il avait une bonne compréhension du jeu même s'il n'avait pas un rôle offensif. J'aimais son sang-froid. Il n'y avait aucune panique. Quand il avait la rondelle, il n'essayait pas de s'en débarrasser.»
Hampus Lindholm, lui, n'avait même pas été sélectionné au sein de l'équipe nationale junior tandis que Larsson jouait un rôle plus effacé l'an dernier, comparativement à cette année. «Il a vraiment progressé de façon fulgurante à compter de février, quelques mois avant le repêchage. Même si plusieurs observateurs extérieurs ont été surpris de voir qu'on le repêche au sixième rang, ça l'était moins pour les décideurs des équipes de la LNH.»