La sélection de Greg Joly, qui n'a récolté que 97 points en 365 matchs dans la LNH, avec le tout premier choix du repêchage de 1974 annonçait la catastrophe qu'allait être la première saison des Capitals.

Les débuts des Capitals, une catastrophe

WASHINGTON — La finale de la Coupe Stanley 2018 offre un contraste historique bien particulier. Si les Golden Knights de Vegas ont vécu une saison de rêve à leur première année d’existence dans la LNH, les Capitals de Washington ont plutôt connu une naissance cauchemardesque.

Le 28 janvier 1975, les Capitals montraient une piètre fiche de 0-37-0 à l’étranger lorsqu’ils se sont rendus à Oakland pour y affronter les Golden Seals. Quelque chose de miraculeux s’est produit : ils ont gagné.

«Nous avons pris la poubelle et nous l’avons signée», a mentionné l’ancien défenseur Jack Lynch. «C’était comme notre Coupe Stanley. Aussi triste que ça puisse paraître, c’était vraiment un moment amusant.» Un des rares de la saison 1974-1975 des Capitals.

Contrairement aux Golden Knights, les Capitals étaient destinés à échouer dès le début. Abe Pollin n’avait payé que 6 millions $US (environ 30 millions en dollars d’aujourd’hui) pour amener une équipe de la LNH dans la capitale américaine, alors que Bill Foley a dû débourser 500 millions $ pour bâtir une équipe dans la ville du vice.

Les 30 autres formations de la LNH ne pouvaient que protéger sept attaquants, trois défenseurs et un gardien ou huit joueurs et un gardien en vue du repêchage d’expansion pour créer les Golden Knights. Les Capitals et les Scouts de Kansas City, qui ont aussi joint la LNH en 1974, n’ont pas du tout eu la même chance : les autres équipes pouvaient protéger 15 joueurs et deux gardiens.

«Tommy Williams, un de nos bons joueurs, disait souvent que nous avions une bonne équipe, mais qu’elle aurait dû être dans les mineures», a noté l’ancien attaquant Ron Lalonde. «Il n’avait pas tort si on se fie aux bassins de joueurs disponibles.»

Lynch s’est ajouté à la formation tard lors de sa saison inaugurale, passant des Red Wings de Detroit aux Capitals en février. Il savait que les choses n’iraient pas bien, mais il ne s’attendait pas ça.

«J’étais sous le choc. Perdre faisait partie de nos racines. Les joueurs comptaient combien de parties, d’entraînements et de périodes il restait à la saison.»

Joueurs de hockey... sur table

On ne peut vraiment pas les blâmer. Les Capitals de 1974-1975 restent à ce jour la pire équipe de l’histoire de la LNH, concluant la campagne avec une fiche de 8-67-5 et seulement 21 points. Ils ont perdu des matchs 12-1 (deux fois), 11-1, 10-0, 10-2 et 10-3 et ont connu trois entraîneurs-chefs : Jim Anderson, George «Red» Sullivan et Milt Schmidt, qui était dg de l’équipe. 

Le développement du hockey était nouveau à Washington, une région qui possédait très peu de patinoires. Maintenant âgé de 66 ans, Lynch se rappelle son passage dans plusieurs événements afin de promouvoir les Capitals, dont un qui a testé l’humilité de certains joueurs.

«Des enfants croyaient que nous étions des joueurs de hockey sur table», a-t-il indiqué en riant. «Ça nous a fait un peu mal à l’ego.»

Même si les conditions dans lesquelles les Golden Knights sont entrés dans la LNH ont été complètement différentes, Lalonde a pu apprécier à quel point cette équipe tissée serrée a bien fait les choses, contrairement aux débuts difficiles des Capitals. «C’est la chose la plus difficile pour une équipe d’expansion. Nous avions des joueurs de chacune des organisations et certains étaient mécontents de la façon dont ils avaient été traités par le passé. D’avoir 20 joueurs qui jouent en équipe de la sorte, comme une famille, c’est ça l’histoire à mon avis.»

Les premiers joueurs des Capitals ont trimé dur, comme l’ont fait ceux des Golden Knights, mais ils n’étaient tout simplement pas assez talentueux. Ça ne veut toutefois pas dire qu’ils n’ont pas apprécié chaque seconde de leur passage dans la LNH.

«Plusieurs enfants qui jouent au hockey au Canada n’ont jamais eu l’occasion de jouer dans la LNH. C’est ce qui nous incitait à continuer, peu importe à quel point les choses étaient mauvaises. Il y avait 100 000 enfants qui auraient voulu être à notre place», a conclu Lalonde.